Après une année 2023 financièrement délicate, la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) signe un redressement en 2024, avec un budget à l’équilibre. En parallèle d’un retour à la stabilité économique, la Fédération continue ses réformes structurelles, l’organisation des compétitions et la stratégie événementielle. Une dynamique nouvelle qui s’inscrit dans la perspective des grands rendez-vous à venir, comme les Jeux olympiques de 2026 et le Mondial 2028.
Un an après avoir traversé une période financièrement difficile, la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) affiche un redressement convaincant. Lors de son Assemblée Générale, elle a présenté un bilan 2024 équilibré, marqué par un bénéfice de 2 551 euros. Ce léger excédent est bien plus qu’un chiffre : il symbolise un retour à la stabilité après une année 2023 marquée par un déficit préoccupant.
Une gestion rigoureuse, récompensée par un retour à l’équilibre
Face aux membres de l’Assemblée Générale, la trésorière de la Fédération, Sophie Mauffrey, s’est félicitée de ce retour à l’équilibre. Elle a rappelé que la FFHG avait pris des engagements clairs pour l’exercice 2024, et qu’ils ont été tenus :
« Après un exercice 2023 déficitaire, nous avons su redresser les comptes et respecter l’engagement pris devant vous. »
Cette amélioration s’appuie notamment sur une augmentation significative des produits, qui atteignent 7,04 millions d’euros en 2024, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. Les principales sources de revenus demeurent les licences (2,6 M€), les subventions publiques (1,3 M€- relativement stable), les partenariats et événements (947 K€), ainsi que les cotisations versées par les clubs (853 K€, notamment pour les transferts nationaux et internationaux). A titre d’exemple un transfert entre deux clubs en France coûtera pour la saison à venir 397 €. Un transfert d’un club à l’étranger coûte 1480 € pour un club de Magnus.
La croissance continue du nombre de licenciés témoigne d’un intérêt renouvelé pour le hockey sur glace en France. Cette progression, enregistrée pour la troisième année consécutive, reflète les efforts de développement menés sur le terrain, ainsi qu’un engouement populaire visible lors de grands rendez-vous, comme la finale de la Coupe de France, jouée à guichets fermés à l’Accor Arena.
Ressources humaines : renforcement maîtrisé et montée en puissance
Du côté des ressources humaines, l’année 2024 a été marquée par une structuration plus affirmée de l’équipe fédérale. La FFHG comptait 39 collaborateurs : 15 salariés à temps plein, 9 à temps partiel, 3 alternants et 12 cadres techniques nationaux (ces derniers sont rémunérés en partie par l’Etat et le ministère des Sports, le ministère de tutelle). Cette organisation, pensée pour allier efficacité opérationnelle et souplesse, répond à l’augmentation des missions fédérales, notamment en lien avec les échéances internationales à venir. Une problématique la DTN, Jean-Patrick Thirion a été évincé suite aux mauvais résultats du printemps des équipes séniors. Il est remplacé par Antoine François, arrivé en février à la FFHG. Le départ de Thirion était une volonté de la fédération depuis de longs mois. Antoine François, lui intervient comme DTN intérimaire. Cette fragilité est le point faible des équipes de France à quelques mois des jeux olympiques. La Fédération devra stabiliser se poste prochainement.
La masse salariale s’est établie à 1,638 million d’euros, en hausse de 6 %. Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs : le remplacement de l’entraîneur national, des charges sociales accrues, un redressement URSSAF portant sur les années 2022–2023 (10 000 €), mais aussi l’anticipation de besoins futurs liés aux grands événements à venir, comme le Championnat du Monde 2028. Malgré ces éléments, les coûts ont été contenus, traduisant une volonté affirmée de maintenir une gestion responsable. Le coût d’un championnat du monde est estimé dans sa totalité aux alentours de 30 à 40 millions d’euros. Il s’agit du budget de la république Tchèque en 2024.
Un tournant structurel : la création d’un secteur arbitrage
Alors que la saison 2025/2026 se prépare les clubs de Synerglace Ligue Magnus et de Division 1 doivent composer avec un encadrement budgétaire plus strict. Le droit d’engagement en Magnus atteint désormais 34 300 €, prélevé automatiquement à la mi-août, tandis que la Division 1 s’établit à 10 300 €, encaissés fin août. Ces montants incluent l’affiliation fédérale et marquent la volonté de la Fédération d’imposer une gestion plus rigoureuse. Parmi les mesures structurantes adoptées en 2024 figure la création d’un secteur arbitrage au sein de la Fédération, officiellement lancé le 1er juillet. Cette évolution marque une étape importante dans la volonté de professionnaliser et de centraliser la gestion de l’arbitrage à l’échelle nationale.
Désormais, les désignations et les indemnités des arbitres sont directement prises en charge par la FFHG, qui en assume la gouvernance. Le budget alloué à ce nouveau secteur s’élève à environ 100 000 €, pour une première saison. En parallèle, les clubs versent des forfaits pour chaque match (2 650 € en Synerglace Ligue Magnus, 1 750 € en Division 1), générant ainsi 292 000 € de produits.
Au-delà de la seule organisation, cette réforme vise à garantir une plus grande équité sportive, à fluidifier les désignations, et à renforcer la qualité de l’arbitrage. Elle s’inscrit également dans le cadre plus large d’une modernisation des compétitions et de la gouvernance du hockey français.
Communication et événementiel : recentrage budgétaire et rayonnement ciblé
L’année 2024 a également été celle d’un repositionnement stratégique sur le volet événementiel et communication. Le budget alloué à ce secteur s’élève à 996 000 €, soit une baisse de 246 000 € par rapport à 2023. Cette réduction s’explique par plusieurs facteurs : la fin du partenariat avec la marque DAIKIN, une moindre organisation d’événements sur le territoire, ainsi que des économies réalisées sur des opérations comme le Media Day ou la soirée des trophées (environ 42 000 €)/
Pour autant, cette rationalisation budgétaire n’a pas empêché la FFHG de remporter de francs succès médiatiques. La Coupe de France à l’Accor Arena, jouée à guichets fermés, reste l’un des grands moments de la saison. Par ailleurs, la signature d’un contrat de captation avec Sportway, valable de 2024 à 2029, permettra d’assurer une diffusion élargie et continue des compétitions sur l’ensemble du territoire. Sportway tente de structurer la médiatisation audiovisuelle du hockey en France. La première année est plutôt encourageante. Nous estimons le nombre d’abonnés en pleine saison de l’ordre de cinq à six milles abonnés. En 2025, la Fédération a recruté un Directeur marketing, afin d’accroître les revenus issus des partenariats et de renforcer la notoriété de la discipline.
Au-delà de l’aspect financier, que retenir des changements à venir pour la prochaine saison.
Un cadre réglementaire renforcé pour garantir l’équilibre des clubs
La saison 2025/2026 s’ouvrira sur de nouvelles règles financières, validées par la Commission Nationale de Suivi et de Contrôle de Gestion (CNSCG). Ces évolutions visent à renforcer la transparence et la viabilité des projets portés par les clubs. Parmi les mesures phares : l’interdiction des budgets équilibrés uniquement grâce à des abandons de créances ; l’impossibilité de valider une société sportive si son association support est refusée ; l’allongement du délai de sursis de 12 à 18 mois ; ou encore la réduction des délais de traitement pour les mutations de joueurs rémunérés (de 7 à 5 jours). Un club pourrait être particulièrement touché par cette mesure : les Jokers de Cergy-Pontoise.
Ce nouveau cadre réglementaire impose aux clubs un niveau de rigueur supérieur, avec un contrôle accru de leurs engagements financiers et un renforcement des obligations de transparence. Il vise à prévenir les déséquilibres chroniques qui ont pu fragiliser certaines structures par le passé.
Une Fédération tournée vers les grands rendez-vous
Malgré une trésorerie mise à l’épreuve en début de saison, les fonds propres de la FFHG atteignent aujourd’hui 333 390 €, soit près de 5 % du budget global. Cette marge reste modeste, mais suffisante pour envisager l’avenir avec confiance. Car l’ambition est bien là. Avec en ligne de mire les Jeux olympiques d’hiver de Milan en 2026, les Championnats du monde 2028, et une participation automatique aux JO 2030, la Fédération entend capitaliser sur sa stabilité retrouvée pour faire grandir le hockey sur glace français, tant sur la scène nationale qu’internationale. D’un point de vue financier, « être olympique » est une vraie opportunité. Nous travaillons sur ce sujet pour vous expliquer pourquoi aller à Milan en 2026 était primordial pour le hockey français.
« Je reste confiante dans les perspectives à venir, et je tiens à remercier l’ensemble des acteurs du hockey français », a conclu Sophie Mauffrey, soulignant une dynamique collective et responsable qui semble désormais solidement engagée. La fédération française se structure et se prépare aux grands évènements 2026, 2028 et 2030. La fenêtre d’opportunité ne doit pas être manquée, sinon le hockey restera un sport de niche et confidentiel dans notre pays. Le sport avance mais les éléments sont encore fragiles.