Fraîchement sacré en Coupe de France avec Angers, Sami revient sur cette victoire marquante et son insatiable soif de succès. Compétiteur dans l’âme, il évoque son passage rapide de l’euphorie à la concentration pour les playoffs, son parcours international et son rôle au sein de l’équipe. Une interview sans filtre, où il partage ses objectifs et sa vision du hockey en France.
Sami, félicitations pour ce sacre en Coupe de France avec Angers ! C’était un moment fort pour toi et pour le club. Raconte-nous, qu’as-tu ressenti au coup de sifflet final ?
Pour moi, c’était mon premier titre en tant que professionnel. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était un soulagement, mais plutôt un sentiment totalement nouveau. En tout cas, c’était que du bonheur. Ça m’a donné encore plus envie de regagner, c’est certain. Et le fait de partager ce moment avec une équipe aussi soudée, avec des amis comme on en a ici, c’était vraiment un super feeling. C’était génial.
Dès la victoire en poche, tu as vite recentré ton énergie sur la Coupe Magnus. Beaucoup auraient savouré plus longtemps ce moment de gloire ! Comment fais-tu pour basculer aussi rapidement vers un nouvel objectif ?
J’ai toujours eu cet état d’esprit de vouloir gagner à tout prix. En tout cas, une chose est sûre, je déteste perdre. Je ne dirais pas que je me suis immédiatement concentré sur la Magnus après la Coupe de France, mais mon état d’esprit a toujours été comme ça. Quand j’ai signé à Angers, mon objectif était de gagner cette Magnus, c’était le but principal. La Coupe de France était importante, mais la Magnus restait la priorité. On l’a remportée, et on en a profité, mais je ne voulais pas me laisser emporter et penser qu’on avait atteint tous nos objectifs, car ce n’était pas le cas. Même si on doit profiter du moment présent, ce qu’on a fait, il faut aussi savoir tourner la page rapidement et se concentrer sur nos prochains objectifs.
Jonathan Paredes (coach des Ducs d’Angers) parle souvent de ton tempérament de compétiteur. Il dit que tu es né pour ça et que ta formation a renforcé cet état d’esprit. Tu dirais que ton parcours a façonné ton mental de gagnant ?
Je pense que chacun a son propre état d’esprit et sa propre personnalité. Je ne dirais pas que c’est l’école du hockey finlandais qui a développé cette facette de ma personnalité, car j’ai toujours eu cet état d’esprit mais sur le plan du développement, c’est certain que ça m’a beaucoup aidé. Avoir évolué dans le système finlandais, qui est sans doute le meilleur au monde, notamment en comparaison avec le nombre d’habitants, m’a permis d’apprendre les bases du hockey, d’acquérir un véritable sens du professionnalisme et de devenir responsable aussi bien offensivement que défensivement. En termes de personnalité, ça m’a sans doute forgé sur des aspects comme l’éthique de travail, mais mon désir de toujours gagner et de détester de la défaite, c’est quelque chose que j’ai toujours eu en moi.
Avec cette mentalité de vainqueur et ton expérience à l’étranger, te considères-tu comme un leader naturel au sein du groupe ?
Oui, je pense que ça fait partie de ma personnalité. Dans n’importe quel sport, j’ai toujours eu cet état d’esprit de vouloir gagner, et donc de montrer l’exemple par l’éthique de travail. Je ne dirais pas que je suis plus un leader qu’un autre, car nous avons tous ce rôle au sein de l’équipe. Cependant, c’est clair que cette mentalité fait partie de moi, et j’essaie aussi de partager mon expérience acquise à l’étranger avec mes coéquipiers, afin d’enrichir l’ambiance du vestiaire.
Avant le début de la saison, Simon Lacroix voyait en toi l’un des meilleurs joueurs français du championnat. Est-ce que briller individuellement fait partie de tes objectifs, ou le collectif passe avant tout ?
Je ne me fixe pas vraiment ce genre d’objectifs. Mes objectifs sont plutôt centrés sur les titres, car pour moi, c’est ce qui compte avant tout. Une fois que tu as remporté des titres, c’est là que tu sais que tu es un bon joueur. Si tu n’arrives jamais à gagner, c’est que tu te concentres probablement trop sur tes propres stats. Gagner en équipe, c’est ce qui reflète vraiment le joueur que tu es. On vise toujours l’excellence, à être le meilleur possible, mais ce n’est pas un objectif en soi. J’essaie simplement de prendre du plaisir et de donner le meilleur de moi-même.
Tu évolues en Ligue Magnus cette saison. En quoi ton jeu a-t-il changé ou progressé depuis ton arrivée ?
J’ai retrouvé mon côté offensif que j’avais un peu perdu en Finlande, où j’avais un rôle différent, mais que j’avais à l’université aux États-Unis. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer de cette façon et je pense que j’ai évolué à la fois en tant qu’humain et en tant que joueur. Professionnellement, c’est ma première saison dans ce rôle, donc je pense avoir pas mal progressé, même si, sur quels points exactement, je ne saurais pas te dire.
Brady Shaw te décrit comme un joueur explosif, rapide et combatif. De ton côté, comment vois-tu Shaw et Wilkins ? Qu’est-ce qui rend votre trio si efficace cette saison ?
Ce sont deux joueurs complètement différents, mais qui se complètent très bien, et c’est probablement ce qui fait que notre trio fonctionne. Chacun apporte quelque chose de différent. Nous avons tous les trois de bonnes compétences techniques, nous sommes capables de faire des passes et de marquer, avec de bonnes mains et un bon instinct offensif. Mais chacun de nous apporte également quelque chose de unique, en partie grâce au style de jeu qu’on a développé dans d’autres championnats. . Brady fait une saison incroyable, c’est un joueur exceptionnel. Il sait protéger le palet, il est rapide et il sait vraiment tout faire. Wilkins, lui, est celui qui dirige le jeu en tant que centre. Il trouve toujours un moyen de nous mettre en bonne position sur les ailes, sa vision du jeu et sa capacité à passer sont ses principaux atouts. Quant à moi, j’essaye de me concentrer sur le forecheck, gratter quelques palets et compléter les deux autres. Notre succès ne repose pas seulement sur notre ligne, c’est une réussite collective, mais si l’on parle de notre trio, je pense que c’est parce qu’on arrive à se compléter, et qu’on met toujours la priorité sur l’équipe qu’on peut se considérer comme la meilleure ligne de la ligue. Tout ça, et notre envie de gagner.
Tu as brièvement porté les couleurs de Chamonix, un club proche de ta région natale. Retrouver cette équipe en playoffs, ça te fait quelque chose de spécial ?
Non (rires). C’était pendant la période du COVID. Après avoir terminé mon cursus universitaire et fait un essai en AHL, je cherchais toujours un club, d’abord aux États-Unis, puis en Finlande. Le COVID a un peu tout ralenti, et comme Chamonix n’était pas très loin de chez moi et qu’on avait des connexions là-bas, j’ai pu y jouer quelques matchs en attendant un autre contrat. Mais je n’ai pas de liens forts avec ce club, mon attache étant à Morzine. J’y garde de bonnes relations avec certains joueurs, mais c’est tout.
Les Jeux Olympiques 2030 font partie de tes ambitions à long terme. Où en es-tu dans ce projet et comment comptes-tu te préparer pour y parvenir ?
C’est quelque chose qui reste toujours dans un coin de ma tête, mais ce n’a jamais été la raison principale de ma venue en France. C’est un bonus, mais ma priorité était de me rapprocher de ma famille et de prendre plus de plaisir sur la glace. Ça reste néanmoins dans un coin de ma tête, et pour avoir cette opportunité, je dois rester quatre ans de suite en France. Je me plais bien à Angers donc pourquoi pas les faire ici ? Une fois cela accompli, intégrer les équipes nationales serait une belle opportunité. Je pense avoir le niveau, mais est-ce que je l’aurai encore dans quatre ans ? Ça reste un objectif, tout comme le Mondial 2028.
Tu as joué dans plusieurs pays, des États-Unis à la Finlande. Quelles différences marquantes vois-tu entre ces ligues et le championnat français ?
Ce qui ressort le plus de mes années en Finlande, où j’ai passé près de 10 ans entre le junior et le professionnel, c’est l’éthique de travail et la manière dont ils s’entraînent. Si on posait la question à n’importe qui dans le monde du hockey, je suis sûr que tout le monde dirait que ce sont les Finlandais qui s’entraînent le plus. Ce n’est pas toujours la méthode idéale, mais ils ont prouvé, proportionnellement au nombre d’habitants, qu’ils sont le meilleur pays au monde pour le hockey. Je pense que cela vient du travail acharné et des nombreuses heures d’entraînement qu’ils offrent aux jeunes pour les faire progresser. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’éthique en France, mais d’après ce que j’ai compris du développement des joueurs, il semble y avoir une différence en termes de professionnalisme, surtout au niveau junior. C’est ce qui manque en France. Bien sûr, en France, il n’y a pas la même culture du hockey, ce qui joue aussi. Aux États-Unis, le style de jeu est différent, avec des patinoires plus petites. C’est moins axé sur le patinage et le cardio, et plus sur le physique, le forecheck, le stop-and-go. Je suis vraiment content d’avoir évolué dans ces deux mondes, nord-américain et finlandais, car ils m’ont permis de développer un jeu hybride. Cela me permet d’être à l’aise aussi bien sur un jeu allongé que sur le forecheck, et d’apporter un peu des deux.
Les playoffs arrivent et la pression monte. Comment te prépares-tu mentalement et physiquement pour ces matchs couperets ?
C’est clairement l’objectif principal à Angers, surtout que ce titre n’a jamais été remporté. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi ce club : l’ambition de gagner là où cela n’a jamais été fait. Cela m’a encore plus motivé à venir. L’idée de réaliser cet exploit dès la première année est un vrai défi, et on ne va pas se mentir, il faut que cela se fasse maintenant, pas dans dix ans. Bien sûr, il ne s’agit pas de se mettre trop de pression, mais c’est notre objectif. Personnellement, je pense qu’on est prêts. Notre victoire en Coupe de France montre qu’on peut rivaliser avec des équipes comme Grenoble, car pour gagner, il faut être capable de les battre. On a prouvé qu’on est capable de tout. Durant la saison, on a eu des obstacles, comme des blessures, des suspensions et des soucis dans notre composition d’équipe, mais cela ne nous a pas fait chuter. On a montré beaucoup de caractère, et cela en dit long sur notre groupe. Je suis convaincu que nous avons tous les moyens de réussir. Nos quatre lignes fonctionnent bien et sont capables d’apporter quelque chose de précieux.
Avec des équipes comme Grenoble, Rouen ou Bordeaux, la bataille pour le titre s’annonce rude. Selon toi, qu’est-ce qui fait la force d’Angers cette saison et pourrait faire la différence en playoffs ?
Rouen et Grenoble sont des équipes habituées à gagner, mais nous avons aussi des joueurs qui ont remporté des titres et qui apportent de l’expérience. Nous en avons parlé aujourd’hui lors d’une longue réunion, et notre véritable atout, c’est notre vestiaire, notre état d’esprit et notre vision. Nous sommes tous unis, on avance tous dans la même direction. Nous formons un groupe très soudé, presque une famille. Je ne peux pas me prononcer sur les autres équipes, mais je doute qu’il y ait un vestiaire plus fort que le nôtre. Quand je parle de vestiaire, je ne parle pas de talent, mais vraiment de l’état d’esprit et de l’esprit d’équipe. C’est ça notre plus grande force.
Un dernier message pour les supporters avant d’attaquer cette dernière ligne droite ?
Merci de nous avoir suivis jusqu’ici et pour tout le soutien que vous nous apportez. Un grand merci pour la Coupe de France, car c’est aussi grâce à vous que nous l’avons remportée. C’était formidable de vous avoir à Bercy, et nous espérons vous avoir à nos côtés pour les play-offs, pour nous soutenir jusqu’au bout.

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