Ligue Magnus

PRESENTATION DE LA SAISON 2019-2020 : AMIENS, LA TROISIÈME PUISSANCE

Alors que la saison 2019-20 de Ligue Magnus a déjà débuté, Plan de match vous présente l’ensemble des effectifs du championnat de France et aujourd’hui celui des Gothiques d’Amiens. Derrière Rouen et Grenoble, Amiens possède le plus bel effectif de France. De quoi jouer le titre ?

Pour la deuxième saison consécutive, Amiens a réussi à se hisser en demi-finale de la Ligue Magnus. Mais, après avoir cédé en six manches face aux Dragons de Rouen il y a deux ans, les Gothiques n’ont cette fois-ci pas fait le poids face aux Brûleurs de Loups, en étant éliminé en quatre manches.

Ainsi, en terminant troisième de la saison régulière, Amiens a confirmé son statut de principal outsider derrière les deux mastodontes du championnat de France. Néanmoins, l’an passé, cet outsider est resté à bonne distance. Au-delà du fait d’avoir perdu en quatre matchs en playoffs, Amiens a terminé la saison régulière à 30 points de Grenoble et à 45 points du rival historique, Rouen. Alors, l’intersaison aura t-il suffit à combler l’écart ?

A l’intersaison, Amiens a réussi à conserver la plupart des joueurs cadres de son effectif. Dès lors, dans les départs notables, on ne compte que Jonathan Narbonne, Ondrej Smach, Pierre-Maxime Poudrier, Bastien Maia et Mario-Valery Trabucco, en plus d’Holden Anderson, qui a quitté le championnat suite à son mauvais geste au dépend de Julien Desrosiers, parmi les dix meilleurs pointeurs de la saison passée, sept sont restés au club. Si on ajoute à cela les recrues intéressantes réalisées par les Gothiques, le modèle de Magnus Corsi les place, encore, 3ème, à bonne distance de Rouen mais bien devant Angers.

Attaque : un véritable top 9

Pour la première fois depuis le début de notre série, une équipe présente un véritable top 9 offensif avec les composantes que cela inclut : au moins sept ou huit joueurs de niveau top 9, trois ou quatre de niveau première ligne et un ou deux de niveau élite. Amiens possède tout cela et c’est sans surprise que l’équipe possède les deuxième meilleurs deuxième et troisième ligne de la ligue, preuve de l’existence de ce véritable top 9.

Mais, au-delà de ce top 9, Amiens possède surtout un des meilleurs attaquants de la Ligue Magnus en la personne de Tommy Giroux. L’ailier canadien est arrivé en Ligue Magnus il y a deux ans et s’est immédiatement placé parmi les attaquants vedettes du championnat. La première saison, il inscrit 51 points dont 24 buts ce qui fait de lui le 8ème pointeur et le 3ème buteur du championnat. L’an passé, il maintient son nombre de points à 43 dont 14 buts. Il était alors le 12ème pointeur et le 30ème buteur. Une saison un peu moins bonne, mais Giroux reste, largement, un joueur élite du championnat. Magnus Corsi lui prévoit 48 points, soit la 6ème meilleure prédiction derrière trois Grenoblois, un Rouennais et un Gapençais. Au-delà de la production, Amiens est bien plus dangereux lorsque Giroux est sur la glace et ce même si Amiens domine moins en terme de quantité de tir. Le Québécois excelle en zone offensive où il tire beaucoup mais fait également beaucoup de passe. Il est également bon dans le jeu de transition même si le système de jeu d’Amiens le contraint quelque peu en entrée de zone. Autrement dit, Giroux n’a pratiquement que des qualités, en dehors des quelques trous qu’il laisse en défense mais son rôle n’est pas là. Il amène le danger dans l’enclave adverse, et le fait (très) bien.

Pas satisfait d’avoir l’un des meilleurs attaquants du championnat, Amiens est allé chercher deux autres très bons attaquants sur le papier. Deux canadiens. Le plus prometteur est Jérôme Verrier, un ailier droit jugé « élite » par le modèle de Magnus Corsi. Verrier arrive du championnat universitaire canadien, comme Giroux avant lui. Au cours de sa dernière année à l’université McGill, Verrier a inscrit 24 points en 28 matchs. L’année d’avant c’est 41 points en 28 matchs. En quatre saisons, le Québécois a inscrit 86 points en 85 matchs. Giroux en avait inscrit 114 en 88 matchs. Si Verrier ne présente pas les mêmes statistiques que son compatriote, son profil reste très prometteur. Il n’est pas le seul joueur venu de l’universitaire canadien puisque Cain Franson sort lui de cinq années à l’université de Calgary. Là-bas, il a inscrit 98 points en 115 rencontres, soit encore un cran en-dessous de Verrier. Malgré cela, Franson est tout de même jugé comme un bon joueur de première ligne en Ligue Magnus, proche du point par match, par le modèle de prédiction.

En plus de ces deux joueurs, Amiens possèdent un quatrième ailier jugé comme un joueur de première ligne par le modèle : Jérémie Romand. Même si le Français a vu sa production chuté de 47 à 31 points entre la saison 2017-18 et la saison 2018-19, il reste un joueur capable d’inscrire 35 points selon le modèle de prédiction. Compère de Giroux depuis deux saisons, Romand a un profil assez particulier. S’il parvient à pointer autant c’est grâce à sa créativité en zone offensive. Mais, au-delà de ça et de son physique imposant, l’ailier n’a pas beaucoup d’atouts dans sa manche. En effet, avec lui sur la glace Amiens était dominé et il n’était pas beaucoup impliqué dans la transition. Malgré tout, au service de Giroux et sur le powerplay, il reste une arme offensive précieuse pour l’équipe picarde. 

Le troisième compère de ce trio d’attaque est le centre Philippe Halley. Jugé de très peu comme un deuxième ligne par le modèle, Halley est le centre numéro un de cette équipe. Arrivé à Amiens il y a deux saisons, Halley a inscrit 43 points la première année et 31 la seconde, connaissant une chute dans sa production comme ses deux compagnons de trio. Mais, au-delà de cette chute, Halley a excellé dans pratiquement tous les secteurs de jeu l’an passé, notamment dans la transition et l’impact positif sur la domination de son équipe. Halley a le profil parfait du centre numéro un, ne lui manque plus que l’apport offensif et un retour à la hausse de sa production.

En guise de deuxième centre, les Gothiques ont décidé de recruter Florian Sabatier à Nice. Âgé de 29 ans, Sabatier sort d’une excellente saison à Nice où il a inscrit 35 points en 44 matchs. Dans le jeu, Sabatier était dominé mais il faut rappeler qu’il était au centre de la première ligne niçoise avec des partenaires changeants et qui n’étaient pas les meilleurs de l’équipe. Ainsi, il affrontait les meilleurs trios adverses sans forcément avoir les bons soutiens pour le faire. Dans ce contexte, difficile d’évaluer Sabatier même si ses qualités en transition pouvaient se deviner. Depuis le début de saison, dans un contexte plus favorable, il apparaît très à l’aise au sein de l’effectif des Gothiques.

Pour compléter ce véritable top 9, Amiens possède deux ailiers classés comme des deuxièmes lignes et un centre parmi les meilleurs défensivement de la ligue. Ces trois hommes étaient déjà à Amiens l’an passé. A gauche, on retrouve Rudy Matima, meilleur espoir de la Ligue il y a deux ans. A 22 ans, Matima vient d’enchaîner deux saisons à 21 points. Dans le jeu Matima fait parti des profils les plus intéressants de l’équipe. Même s’il tire peu en zone offensive et que l’équipe peine à être dangereuse avec lui sur la glace, ses atouts sont nombreux. Tout d’abord, Matima est un des rares Amiénois à exceller en sortie de zone et en entrée de zone malgré un système de jeu conservateur mis en place par le staff. En entrée de zone, Matima fait parti des meilleurs de la ligue. En zone offensive, Matima est également un excellent passeur. Enfin, Amiens se portait également très bien défensivement avec lui sur la glace. Avec toutes ses qualités à seulement 22 ans, Matima pourrait bien devenir un joueur important dans les années à venir. Ne lui manque que la production.

A droite, le Canado-britannique Spencer Edwards sort d’une saison en dents de scie qui l’a vu inscrire 26 points en 44 matchs, loin de sa saison précédente à Bordeaux (41 points). Dans le jeu, Edwards a eu du mal à peser dans tous les secteurs du jeu. On retiendra tout de même ses 11 points en 11 matchs de playoffs avec notamment une série de feu contre Bordeaux, son ancien club.

Enfin, Joey West est le seul joueur du top 9 a ne pas être classé top 6 par Magnus Corsi. Si la production n’est pas le fort du canadien, il demeure l’un des tous meilleurs centre défensif de la ligue et complète parfaitement le top 9. Grâce à ses qualités défensives pures et sa bonne attitude dans la relance, West permet à Amiens d’être parfaitement hermétique défensivement. Il est également très précieux car capable d’évoluer en infériorité et supériorité. Un centre très bon défensivement, un profil assez rare en Ligue Magnus.

Enfin l’attaque est complété par une quatrième ligne qui rentre parfaitement dans le moule de la quatrième ligne selon le Amiens de Mario Richer : une ligne de travailleur et de jeune. Michael Babcock (fils de Mike) est un travailleur venu de NCAA capable d’évoluer au centre. A ses côtés, Thomas Suire a également ce profil de travailleur même si la défense laissait quelques opportunités à l’adversaire l’an passé lorsqu’il était sur la glace. Enfin, Baptiste Bruche, Antonin Plagnat et Rayan Belharfi poursuivent leur formation après avoir montré de belles choses techniquement au cours de leurs quelques apparitions l’an dernier.

Défense : moins de profondeur mais Belisle

Amiens possède l’un des meilleurs défenseurs de la ligue en Louis Belisle. Arrivé il y a deux ans en France, à Nice, Belisle est immédiatement devenu le deuxième meilleur pointeur de son équipe avec pratiquement un point par match. Arrivé à mi-saison l’an passé, il n’a pas déçu les Gothiques. Voici ce qu’en disait Thibaud Chatel, fondateur de Magnus Corsi, au moment de décerner les prix de la saison sur le site Hockey Archives : « Le finaliste [du trophée de meilleur défenseur] se nomme Louis Belisle, le seul à présenter un profil aussi impressionnant. Il mérite mieux qu’une mention honorable tant ses performances ont été ahurissantes. Avec lui sur la glace, le pourcentage de tirs tentés d’Amiens grimpait de 14,6 points (64,6% avec lui, 50% sans lui), et le taux de buts anticipés grimpait de 25,6 points (74,5% avec lui, 48,9%, donc négatif, sans lui). Des chiffres astronomiques, mais Belisle se comparait à un effectif d’Amiens au rendement simplement moyen en général. Et avec seulement 22 matchs sous la ceinture, il n’avait pas eu l’occasion de prouver sa régularité sur la saison complète. » Tout est dit. Cette année, le modèle de Magnus Corsi prévoit 34 points pour l’un des défenseurs les plus complets du championnat.

Derrière lui, Amiens a subit le départ de Smach, Narbonne et Anderson. Pour les remplacer, les Gothiques ont fait appel à deux profils intéressants. Tout d’abord, le finlandais Kai Lehtninen a une prédiction de 23 points selon le modèle. Le finlandais a passé de nombreuses saisons en Mestis avant de connaître la CHL la saison passée, pour seulement 13 matchs. Au cours de sa saison complète, à Espoo, en Mestis, il a inscrit 28 points en 50 rencontres. 

Amiens a aussi recruté en Magnus avec le polyvalent et solide canadien venu de Gap, Dan Gibb. Si Gibb n’a inscrit que 14 points en 43 rencontres il s’est montré excellent dans d’autres domaines. Tout d’abord, la défense gapençaise était incroyablement hermétique avec lui sur la glace et les Rapaces étaient globalement plus dominants. Intégré dans le système de Basile et Blais, Gibb était aussi excellent en transition et très actif en zone offensive. Un profil très complet pour un joueur qui fait clairement office de défenseur top 4.

Par ailleurs, le club picard a été chercher Thomas Roussel à Lyon. Englué dans un système de jeu basé sur le « dump&chase », Roussel n’a pas de jolis chiffres dans la transition ou dans la zone offensive. Néanmoins, Lyon défendait extrêmement bien avec lui sur la glace et il a montré de belles qualités en entrée de zone. Un joueur à suivre dans ce nouveau contexte Amiénois.

Enfin, Prissaint et Bault complètent la défense. Même si les deux hommes n’ont de bons chiffres dans aucunes catégories ou presque, il sera intéressant d’étudier leurs progressions. Romain Bault a notamment semblé de plus en plus impliqué dans toutes les phases du jeu à 5 contre 5 en fin de saison dernière.

Gardiens : le meilleur français

C’est un avis tranché, qui a fait débat au cours des derniers championnats du monde, mais vu ses performances en Ligue Magnus, Henri-Corentin Buysse est, très certainement, le meilleur gardien français du moment. En Ligue Magnus, derrière l’Ovni Matija Pintaric, « HCB » est, le deuxième meilleur gardien. L’an passé, il a réalisé 92,5% des arrêts, l’année d’avant, 91.9%. Les deux fois, il est parmi le top 5 de la ligue. Seuls Pintaric et Horak peuvent en dire autant. Mais, Buysse n’a pas la même muraille qu’Horak devant lui. L’an passé, un gardien moyen de Ligue Magnus aurait encaissé 24,3 buts de plus que Buysse selon la difficulté des tirs auxquels il a fait face (statistique Magnus Corsi). Si Pintaric est loin devant (44,6) le reste de la meute, emmené par Horak, est comprise entre 7,7 et -20,2, preuve de la supériorité de Buysse par rapport à un très grand nombre de ses confrères. Cette année encore, Buysse devrait être la pierre angulaire de l’équipe. Derrière, Lucas Savoye devrait avoir quelques départs pour continuer de progresser et tenter de se rapprocher de la barre symbolique des 90% d’arrêts (il a terminé les deux précédentes saisons à 86,1 et 86,3%).

 

Mathieu Brosseau
Mathieu Brosseau a pratiqué le hockey dans son enfance, depuis, il l’analyse. D’abord journaliste à Hockey en France, il fait ensuite une pige chez Hockey Archives lors des Jeux Olympiques et, plus régulièrement, sur Le Sport Dauphinois où il parle de hockey mais aussi d’autres sports. Entre temps, il se spécialise dans l’analyse statistiques et se lance dans le projet Magnus Corsi dès le départ avec Thibaud Chatel ce qui lui permettera également de passer de l’autre côté du rideau en devenant analyste statistique d’une équipe de D2. Par ailleurs, il monte également, avec Matthieu Davin, le podcast On Refait La Glace
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Mathieu Brosseau a pratiqué le hockey dans son enfance, depuis, il l’analyse. D’abord journaliste à Hockey en France, il fait ensuite une pige chez Hockey Archives lors des Jeux Olympiques et, plus régulièrement, sur Le Sport Dauphinois où il parle de hockey mais aussi d’autres sports. Entre temps, il se spécialise dans l’analyse statistiques et se lance dans le projet Magnus Corsi dès le départ avec Thibaud Chatel ce qui lui permettera également de passer de l’autre côté du rideau en devenant analyste statistique d’une équipe de D2. Par ailleurs, il monte également, avec Matthieu Davin, le podcast On Refait La Glace

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