Ligue Magnus

PRÉSENTATION DE LA SAISON 2019-2020 : ANGERS, LA STABILITÉ

Avant le début de la saison 2019-20 de Ligue Magnus, Plan de match vous présente l’ensemble des effectifs du championnat de France. Aujourd’hui, place aux Ducs d’Angers qui intègrent leur nouvelle patinoire cette saison. Une nouvelle enceinte pour une équipe maître dans la stabilité.

Le Haras, c’est fini. Les Angevins ont quitté leur enceinte historique mais confidentielle pour rejoindre l’Iceparc, une aréna de 3 500 places. De quoi rassembler bon nombre de supporters d’autant que l’équipe alignée devrait une fois de plus être séduisante. Emmenée par Brennan Sonne, le coach Canadien, l’équipe de l’ouest de la France voudra faire mieux que l’an passé.

Pour cela, l’équipe pourra compter sur une ossature stable depuis l’an passé. De quoi s’attendre à une équipe qui pratique le même style de jeu agréable ? C’est possible. La saison dernière, les Ducs avaient misé sur l’attaque et le pressing haut les plaçant parmi les équipes les plus agréables à suivre de la ligue. Si ce plan de match leur avait permis de se classer 4 ième de la saison régulière malgré de nombreuses blessures, les Ducs avaient finalement dû s’incliner en quart de finale face aux Rapaces de Gap. Cela fait désormais trois ans que le club n’a pas connu de demi-finale en championnat. Une anomalie que les Angevins chercheront à corriger cette année.

Pour cela, les Ducs ont misés, comme souvent, sur la stabilité. Les hommes forts du club seront, en grande majorité, les mêmes que l’an passé en attaque et devant le filet. Seule la défense a dû être renouvelée à cause des départ de Justin Hamonic, Mathieu Gagnon ou Marc-André Lévesque. Avec cet effectif, Angers se classe 4 ième, juste devant Bordeaux et Gap (qui est remonté très fort avec l’arrivée de Correia) mais un peu plus en retrait par rapport à Amiens.

Attaque : on prend les mêmes et on améliore la profondeur

Matt Carter : voilà le seul joueur des Ducs qui a mis plus de 20 points l’an passé (39) et qui s’en est allé cet été. Pour le reste, l’équipe a conservé tous ses hommes clés en attaque, en renforçant également le centre avec deux arrivées à ce poste, et la profondeur avec des joueurs de D1 ou de Magnus. Si cela donne un top 9 très dangereux et une profondeur nouvelle par rapport aux années passées, on retrouve comme à Bordeaux, l’absence de joueurs élites ou de premières lignes dans l’équipe. Plus globalement, un parallèle peut-être fait entre l’attaque de Bordeaux et celle d’Angers : voici comment se classe les lignes de chacune des équipes selon le modèle de Magnus Corsi.

Ainsi, les deux équipes ont une première ligne, à égalité, en retrait par rapport aux autres grosses écuries du championnat. Les autres lignes sont parmi les meilleures de leur catégorie et Angers possède même la meilleure quatrième ligne du championnat.

S’il manque un joueur élite dans cette équipe, Angers a tout de même deux joueurs de première ligne, Danick Bouchard et Olivier Latendresse. Le second est la recrue phare de cette intersaison. Capable de jouer au centre ou à l’aile, Latendresse a inscrit l’an passé 30 points en 44 matchs à Grenoble où il évoluait essentiellement sur le 3e trio. Si les attentes sont plus élevés en lui, c’est car il a été capable d’inscrire 37 points en 48 matchs d’EBEL avec Fehervar il y a deux saisons. Alors, avec plus de temps de jeu, Latendresse pourra t-il atteindre les 36 points prévus par Magnus Corsi ? Au-delà de ça, Latendresse devra également améliorer son impact sur le jeu et son implication dans la transition. l’an passé, Latendresse n’a pas apporté grand-chose que ses points et son activité en zone offensive à Grenoble.

Pour accompagner cette nouvelle recrue, le club a conservé un noyau de joueur capable de marquer plus de 35 points au cours d’une saison : Danick Bouchard, Maxime Lacroix, Cody Campbell et Clément Masson. Meilleur pointeur l’an passé, Maxime Lacroix avait inscrit 44 points en 44 matchs. Son record date de la saison 2015-2016 quand il avait inscrit 47 points en… 26 matchs. Ainsi, après deux saisons à, « seulement », 33 et 31 points, Lacroix a réussi à atteindre de nouveau la barre du point par match. Malgré cela, Lacroix a été souvent dominé dans le jeu et ne s’est pas montré excellent dans les transitions. La richesse de ce joueur s’exprime avant tout dans sa création de danger en zone offensive notamment lors des supériorités numériques. Il est le deuxième centre de niveau top 6 de l’équipe avec Latendresse.

2e meilleur pointeur l’an passé : Danick Bouchard avec 40 points en 43 rencontres de saison régulière disputées. Le « tireur fou » de la Magnus a donc connu une deuxième saison consécutive au-dessus de la barre des 40 points après en avoir inscrit 52 l’année d’avant. Bouchard est parmi les joueurs qui tirent le plus sur la glace et ce de toutes les positions. Si on ajoute à cela ses qualités en entrée de zone et le fait que l’équipe était bien plus dominante, dangereuse offensivement et hermétique défensivement avec lui sur la glace, Bouchard risque d’être, une nouvelle fois, la principale arme offensive des Ducs.

Le 3e meilleur pointeur de la saison passée étant partie, place au 4e meilleur pointeur, Cody Campbell, auteur de 37 points en 41 matchs. Pouvant jouer au centre comme à l’aile, Campbell marque pratiquement tous les ans plus de 0,9 point par match. Après une saison 2016-17 compliquée, le canadien a enchaîné deux saisons au-dessus des 37 points. Au-delà de ça, Campbell est un véritable facteur de domination pour l’équipe qui possède une bonne relance et un super jeu de passe. De plus, Campbell est un des excellents attaquants défensivement parlant dans la ligue.

Et puisque 4 des 5 meilleurs pointeurs de la saison passée sont encore là, place à Clément Masson, l’homme au trois poumons, auteur de 35 points. Malgré un temps de jeu énorme et des partenaires de jeu tournants, Masson a réussi à conserver un impact offensif sur la possession de la rondelle notamment en accordant aucun tir à l’adversaire. Correct en transition, Masson possède également un très bon jeu de passe. Avec Campbell et Bouchard, Masson vient donc s’ajouter à la liste de joueurs complets dans cette attaque angevine très équilibrée.

Derrière tous ses joueurs de haut de top 6, Robin Gaborit et Alex Botten sont également considéré comme des joueurs top 6 par le modèle de Magnus Corsi. Le premier fait parti du noyau de Ducs resté au club. Marqueur régulier de 20 points ou plus, Gaborit a un profil plus modeste que les joueurs présentés précédemment. Correct dans tous les secteurs avec la rondelle, Gaborit impacté tout de même négativement la possession de son équipe, notamment à cause d’une défense permissive lorsqu’il était sur la glace. Un bon joueur de complément capable de porter la rondelle, mais pas un « driver » de ligne.

Le dernier joueur considéré comme un top 6 est Alex Botten, canadien arrivé de Cergy. Là-bas, il a inscrit 29 points en 23 matchs. Des chiffres intéressants qu’il devra confirmer à l’échelon d’au-dessus. Egalement arrivé de D1, Kevin Tassery a lui inscrit 19 points en 21 rencontres avec Mont-Blanc.

L’arrivée de ces deux joueurs s’inscrit dans le renforcement de la profondeur de l’attaque des Ducs, un secteur qui a souvent fait défaut ces dernières années. Cette année, selon le modèle de Magnus Corsi, les Ducs possèdent la 5e meilleur troisième ligne et la meilleure quatrième ligne de l’ensemble de la ligue. Pour cela, les Ducs ont attiré un joueur intéressant dans un bottom 6 en Ligue Magnus : Cédric Di Dio Balsamo. S’il a connu une saison plus difficile l’an passé dans un collectif en délicatesse, Di Dio Balsamo reste certainement un marqueur d’environ 20 points dans une saison de Ligue Magnus. Avec lui sur la glace, Lyon attaquait beaucoup mieux et défendait aussi beaucoup mieux. Et, s’il n’a pas briller dans les transitions, c’est aussi le système de jeu de Lyon qui voulait ça. Dans un nouveau contexte, ce sera un joueur à suivre.

En parlant de joueur à suivre, Loïc Farnier pourrait rapidement en devenir un aussi. Pour sa première saison complète en Ligue Magnus, Farnier est monter en puissance tout au long de l’année pour inscrire 19 points en 44 rencontres. Excellent tireur, il permettait à Angers d’être extrêmement dangereux en zone offensive. Il était aussi le joueur qui tentait le plus de tirs par 60 minutes selon Magnus Corsi. Ainsi, même si son jeu de passe et ses transitions sont largement perfectibles, Farnier sera un joueur à suivre cette saison.

Enfin, Marius Serer et Julien Albert complètent l’équipe. Deux joueurs expérimentés pour compléter une attaque qui, même si elle manque d’impact players, offre des garanties et des possibilités au staff de l’équipe.

Défense : c’est complet

Sur le papier, l’équipe a perdu gros avec les départs de Justin Hamonic et Mathieu Gagnon. De plus, aucun joueur ne fait figure de joueur élite selon Magnus Corsi. Pourtant, les Ducs ont réussi à conserver un joueur très important dans leur top 4 et à l’entourer avec des recrues intéressantes. Ainsi, même sans joueur « élite », Angers possède la troisième meilleure défense de la ligue.

Si Hamonic est parti, il reste un homme de la paire numéro un d’Angers, qui fut aussi l’une des toutes meilleures paires de la ligue. Cet homme c’est Patrick Coulombe. 6e meilleur pointeur de l’équipe avec 28 points l’an passé, Coulombe est avant tout un défenseur très complet qui fait partie des meilleurs de la ligue dans de nombreux domaines. Bon en transition, très bon en zone offensive et zone défensive et finalement excellent dans l’impact globale sur le jeu de l’équipe, Coulombe n’est peut-être pas un joueur « élite » en termes de points marqués, mais il en est définitivement un d’un point de vue global. Il sera forcément encore le défenseur numéro un d’Angers cette année.

Pour l’entourer, Angers a fait venir deux gauchers et deux droitiers. Les deux plus intéressants selon le modèle de Magnus Corsi sont Neil Manning et Riley Sweeney. Le premier est gaucher et a joué dans de nombreuses ligues outre-atlantique ou européenne. Il a notamment était capable de marquer 34 points en 38 matchs de CHL il y a trois ans. Le deuxième est droitier et arrive d’ECHL où il a inscrit 25 points en 70 matchs la saison dernière. Il a également rendu une fiche de +13 faisant de lui le deuxième meilleur défenseur de son équipe à ce chapitre.

Autre joueur de niveau top 4 recruté par les Ducs, le droitier Vincent Llorca. Après avoir inscrit 15 points pour son retour en France à Epinal, il en a inscrit 20 l’an passé à Lyon dans le contexte que l’on connaît. Vincent Llorca est un défenseur très complet avec un gabarit imposant.

Autre recrue de l’intersaison, Riley Guenther a un profil bien plus défensif. En USports, il n’a inscrit que 18 points en 107 matchs au cours des 107 dernières saisons. Enfin, Gary Lévèque, désormais historique du club, sera encore là à 38 ans.

Gardiens : rien ne bouge non plus

Entre les deux poteaux, Angers a également misé sur la stabilité en conservant son duo de gardien : Florian Hardy et Issac Charpentier. S’il ne fait pas partie des plus réguliers, Hardy demeurent parmi le top 5-6 des gardiens de la ligue. Avec 90,9 % d’arrêts, Hardy a terminé 6e parmi les gardiens titulaires dans cette statistique et 4e parmi les gardiens ayant joué plus de 30 matchs. Derrière Pintaric et Buysse, l’international français fait partie du groupe de gardien sûr de la ligue au même titre que Ylonen, Horak ou Fouquerel. En revanche, Charpentier sort d’une saison plus compliquée avec 83% d’arrêts. Il y a deux saisons, à Epinal, Charpentier avait réalisé 87,9% d’arrêts avec la même charge de travail. Derrière un gardien de la trempe d’Hardy, son rôle à jouer est moindre, mais pour soulager le gardien des Bleus au cours de quelques rencontres, le Vosgien de 20 ans devra passer un cap.

Mathieu Brosseau
Mathieu Brosseau a pratiqué le hockey dans son enfance, depuis, il l’analyse. D’abord journaliste à Hockey en France, il fait ensuite une pige chez Hockey Archives lors des Jeux Olympiques et, plus régulièrement, sur Le Sport Dauphinois où il parle de hockey mais aussi d’autres sports. Entre temps, il se spécialise dans l’analyse statistiques et se lance dans le projet Magnus Corsi dès le départ avec Thibaud Chatel ce qui lui permettera également de passer de l’autre côté du rideau en devenant analyste statistique d’une équipe de D2. Par ailleurs, il monte également, avec Matthieu Davin, le podcast On Refait La Glace
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Mathieu Brosseau a pratiqué le hockey dans son enfance, depuis, il l’analyse. D’abord journaliste à Hockey en France, il fait ensuite une pige chez Hockey Archives lors des Jeux Olympiques et, plus régulièrement, sur Le Sport Dauphinois où il parle de hockey mais aussi d’autres sports. Entre temps, il se spécialise dans l’analyse statistiques et se lance dans le projet Magnus Corsi dès le départ avec Thibaud Chatel ce qui lui permettera également de passer de l’autre côté du rideau en devenant analyste statistique d’une équipe de D2. Par ailleurs, il monte également, avec Matthieu Davin, le podcast On Refait La Glace

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