En dépit des nombreux commentaires empreints de panique apparaissant ici et ailleurs, les Ducs d’Angers ont plutôt bien démarré leur saison à domicile face aux Rapaces de Gap, grâce notamment à un troisième tiers de haut vol, leur permettant de l’emporter sur le score de 5 buts à 2. L’analyse de cet après-match révèle une équipe lucide vis-à-vis de ses erreurs, mais heureuse pour sa confiance retrouvée.

LES DUCS ET LEUR FAMEUX TROISIEME TIERS

Sous l’ère Paredes, les Ducs ont toujours eu la réputation de rentrer fort dans le match, d’avoir une baisse de régime dans le deuxième tiers avant de sortir un très gros troisième. Cette saison risque de ne pas faire exception puisque les Angevins étaient menés à la fin de la deuxième période malgré une nette domination dans la possession, dû à un manque de tranchant autour de la cage. Jonathan Paredes analyse ce passage à vide avec pragmatisme :

« On a bien entamé le match les 5, 6 premières minutes. […] En deuxième période, on ne mettait pas assez de trafic devant le but. On s’expose à nos choix de ne pas aller devant la cage, tout simplement. »

 Sur la glace, ce manque de réalisme a failli coûter cher. Sami Tavernier reconnaît d’ailleurs que l’équipe s’est mise en difficulté toute seule :

« On a été la meilleure équipe ce soir. C’est juste qu’on les a trop laissés rester dans le match et c’est pour ça qu’on a eu un peu de mal à tuer le match plus rapidement. »

C’est dans le vestiaire que la bascule s’est opérée. Au lieu de céder à la panique face au score défavorable, l’entraîneur principal a préféré miser sur la confiance.

« Il faut surtout enlever la frustration dans les têtes des joueurs et leur dire qu’on a plein de temps à jouer. 20 minutes, c’est très, très long. Il faut juste jouer de la bonne manière », explique Jonathan Paredes.

Une stratégie validée par Tavernier, qui décrit l’atmosphère avant de remonter sur la glace :

« C’est parti du coach qui a été très positif entre le 2e et 3e tiers. […] Dans le vestiaire, ça s’est senti qu’il y avait vraiment une bonne vibe, un bon mood. Tout le monde était confiant qu’on allait revenir et gagner ce match. »

LE RETOUR EN FORCE DE SAMI TAVERNIER

Auteur d’un doublé crucial, l’attaquant angevin n’a pas caché un certain soulagement, lui qui n’avait pas joué en compétition officielle depuis environ un an. « Je dirais que ce sont mes partenaires qui ont fait tout le job pour les deux buts. » confie-t-il, refusant de s’attribuer le mérite de ses deux buts. Il confesse même une pointe de déception de ne pas avoir concrétisé une troisième opportunité offerte sur un plateau par son duo, Orrin Centazzo :

« J’en ai parlé avec Taz, je lui ai dit « je te dois un but là », parce que la passe a été magnifique et j’avais juste à la glisser. Mais j’ai un peu loupé mon tir donc j’étais un peu frustré. »

Au-delà des statistiques, ce match marque la fin d’une période d’impatience accumulée lors de son année quasi-blanche et de la pré-saison. Tavernier admet avoir dû canaliser ses émotions :

 « J’avais beaucoup d’énergie. Forcément ça s’est vu, mais pas forcément de la bonne manière. Il fallait passer cette énergie du bon côté et il fallait des matchs de prépa pour ça. […] J’étais déjà en confiance et puis aujourd’hui c’est enfin rentré. »

 

CONTINUER DE CONSTRUIRE L’IDENTITE

 

Si la victoire fait du bien au moral après un précédent match sans succès, Jonathan Paredes insiste sur le fait que son groupe est encore en plein apprentissage.

« Ça fait 3 ans que je le dis, les résultats donnent crédit à la façon de faire. Mais des fois, tu peux jouer de la bonne manière et perdre le match. […] Des fois on fait ces erreurs de jugement ou on essaie de trop en faire, et bien souvent le trop est l’ennemi du bien. »

Interrogé sur la volonté de bâtir une équipe « chiante à jouer », l’entraîneur nuance et rappelle que la rudesse ne se limite pas aux simples contacts physiques, mais englobe bien d’autres aspects :

« Être dur à jouer contre, c’est pas seulement dans les batailles physiques parce que souvent on confond un peu tout. C’est aussi comment on peut être dans notre patin, dans notre protection de palet, comment on peut être dur à prendre. […] Gérer les émotions aussi et ne pas se laisser faire. Un tir bloqué, ça peut être aussi un qualificatif pour dire qu’on est dur à jouer. »

Il retient d’ailleurs avec satisfaction le travail de son bloc en fin de match, citant « un travail de sape le long de la balustrade qui a duré à peu près 35-40 secondes » comme l’exemple parfait d’un des aspects d’une équipe « chiante à jouer ». Le prochain test pour valider cette identité de fer arrivera très vite. Comme le conclut Jonathan Paredes : « On va avoir un gros défi à Amiens mardi. […] C’est un bon challenge de jouer cette équipe à l’extérieur, où ce n’est jamais facile d’aller. Ils ont d’ailleurs déjà prouvé leur solidité lors de la préparation.. »