Ligue Magnus

PRESENTATION DE LA SAISON 2019-2020 : ANGLET, LA CONTINUITÉ ET LES FINLANDAIS

Avant le début de la saison 2019-20 de Ligue Magnus, Plan de match vous présente l’ensemble des effectifs du championnat de France. Dans ce troisième article, place à l’équipe basque de l’Hormadi d’Anglet qui a misé sur la continuité tout en attirant quelques recrues de marque, essentiellement finlandaise.

Si l’effectif a été construit dans la continuité, il y a tout de même eu un changement de marque au cours de l’été basque, il se situe derrière le banc. En effet, Olivier Dimet, qui dirigeait l’équipe depuis la saison 2012-2013, s’en est allé coacher le rival bordelais. A sa place, c’est Heikki Leime, ancien coach de l’équipe de France, d’Angers, d’Amiens, et, plus récemment, de Chamonix, qui arrive. L’an passé Heikki Leime a construit une équipe et un plan de jeu basé sur les transitions et les contre rapides. En arrivant ici à Anglet il devra se baser sur deux philosophies du club : la volonté d’avoir une continuité et la volonté de bâtir une défense plus intense physiquement.

En effet, Xavier Daramy, manager du club, nous confie : « la continuité c’est l’ADN du club. On s’engage avec des joueurs qui veulent s’inscrire dans le temps. C’est quelque chose qu’on essaie de faire perdurer dans le temps pour conserver des valeurs et une histoire« . Dans ce contexte, l’arrivée de Leime est une nouvelle expérience pour le club : « Dimet était chez lui à Anglet donc, au niveau du club, ça fait très bizarre d’avoir une personne qui vient de l’extérieur pour prendre les rênes de l’équipe première. Heikki Leime est reconnu dans le hockey sur glace mondial et ça ne peut apporter que du plus à un club comme Anglet« .

Néanmoins, pour le club, pas question de prendre saison comme une nouvelle saison de transition, selon Daramy : « l’an passé on était en rodage, mais cette année le minimum que l’on va demander aux joueurs c’est d’atteindre les playoffs« .
Pour viser ces playoffs, Anglet a donc misé sur la continuité, une progression en interne de certains joueurs, et, l’apport de quelques joueurs de haut calibre.

Attaque : emmenée par la première ligne ?

La force de l’attaque d’Anglet cette année, ça devrait être sa première ligne. Celle-ci est classée 6e de la ligue, seulement derrière les deux premières de Grenoble, et les premières de Rouen, Amiens et Gap. Composée de deux renforts et du meilleur pointeur basque de la saison précédente, cette ligne est très séduisante sur le papier.
Tout d’abord, Jussi Nättinen représente la recrue phare du mercato angloy. Daramy nous le présente ainsi : « malheureusement l’an passé Luc-Olivier Blain a fait une saison blanche, on voulait se rassurer dans son remplacement en allant chercher un joueur complet dans les deux sens de la patinoire, aussi bien offensivement que défensivement. Le profil de Jussi nous a bien plus dès le départ car il correspondait aux attentes que nous avons dans un centre complet. C’était une priorité« . Ce finlandais est vu comme un joueur Elite selon le modèle de Magnus Corsi avec une prédiction de plus d’un point par match. L’an passé, en Mestis, Nätinnen a inscrit 39 points en 40 matchs faisant de lui le 3e meilleur pointeur de son équipe malgré quelques matchs manqués. Nättinen paraît donc bien armé pour porter l’équipe basque, mais, notons tout de même que ce joueur est déjà passé en France, en D1, à Reims, et qu’il n’avait alors inscrit « que » 21 points en 18 matchs en finissant 5e meilleur pointeur de l’équipe derrière des joueurs comme les frères Sabatier (qui avait joué plus de match que lui). Alors, Nättinen devra prouver qu’il est capable d’être un élément moteur sur une première ligne de Ligue Magnus.
Pour l’accompagner sur cette potentielle première ligne on retrouve le droitier canadien, Yannick Riendeau. Meilleur pointeur angloy la saison passée avec 39 points en 42 matchs (égalité avec Loik Poudrier), Riendeau est un pur joueur offensif sur la glace. Créateur en zone offensive, son profil en transition était plutôt moyen la saison passée mais Anglet voyait ses chiffres de possession augmenter avec lui sur la glace. Par ailleurs, Anglet défendait également beaucoup mieux avec lui sur la glace. S’il n’est pas forcément le joueur le plus à même de driver une ligne en transition, Riendeau est un très bon joueur en zone offensive et en défense. Daramy en dit le plus grand bien :  » c’est un joueur extrêmement talentueux qui est capable de changer à lui tout seul le cours d’un match« .

Pour compléter ce premier trio, Anglet a changé de frère. Loik Poudrier, auteur de 39 points en 40 matchs, s’en est allé, Pierre-Maxime Poudrier arrive pour le remplacer. Cantonné à un rôle de joueur de troisième trio à Amiens l’an passé, Poudrier a inscrit 17 points en 32 matchs mais il a montré des choses très intéressantes en zone offensives. Poudrier est capable de se procurer de nombreuses occasions et de décocher de nombreux tirs tout proche du gardien. Avec lui sur la glace, les Gothiques dominaient allègrement leurs adversaires et se montraient très dangereux devant le but adverse. Néanmoins, lui non plus n’était pas le plus à l’aise en transition l’an passé.

Malgré les quelques interrogations qui peut y avoir sur le jeu en transition de cette ligne, Anglet semble avoir composer un trio capable d’être très dangereux en zone offensive et très dominateur dans le jeu. Mais, le reste de l’alignement offensif est moins convainquant. La 2e et la 3e ligne sont respectivement 9e et 10e de la ligue selon le modèle de Magnus Corsi. Du côté de la direction, on compte sur une progression à l’interne : « on compte sur une progression à l’interne. Au niveau de la production on va en demander encore plus à des Arrossamena, des Riendeau, des Olsson ou des Decock« .
Dans le reste de l’effectif, un seul joueur est classé comme attaquant de top 6 par le modèle, il s’agit de Sébastien Gauthier. Au cours de ces deux saisons sous le format de 44 matchs en Magnus, Gauthier a inscrit à deux reprises 28 points. Alors, en passant à 40 matchs (le modèle prend en compte le retrait de Lyon), Magnus Corsi lui prédit 27 points. Au-delà de sa production, Gauthier est un vrai créateur capable de créer du danger pour lui même ou pour les autres. Il devrait être, comme l’an passé, le deuxième centre de cette équipe avec la charge de driver le 2e trio.

A ses côtés, Olsson, Arrossamena et Decock paraissent être les 3 candidats pour une place sur la deuxième ligne. les trois joueurs aux profils différents ont des prédictions très proches autour de 0.6 point par match. Si Decock a rélaisé une saison au-dessus des attentes du club selon Daramy, ce sont ces joueurs là qui vont devoir augmenter leur production si le club souhaite s’inviter aux playoffs. Thomas Decock est le joueur qui a la plus haute prédiction de ces 3 joueurs avec 26 points. Il sort d’une saison pleine, où il s’est à la fois affirmé en tant que capitaine mais également en tant qu’ailier important de l’effectif basque. Auteur de 30 points en 41 matchs, il fut également parmi les joueurs de l’Hormadi les plus convaincants dans la transition. Il sera très intéressant de voir s’il est capable de réaliser une deuxième saison consécutive de ce calibre.
Arrossamena et Olsson ont eux plutôt déçu en en franchissant pas la barre des 30 points. Olsson en a inscrit 27 et Arrossamena 21. Plus globalement, dans le jeu, ces deux joueurs ont réalisé une saison moyenne et Anglet devra davantage compter sur eux pour continuer de progresser.
Plus loin dans l’alignement, l’Hormadi a prolongé l’aventure avec Lamboley et Tarantino, deux joueurs qui devraient composer la troisième ligne avec l’ailier cité précédemment qui ne sera pas sur l’une des deux premières lignes. Enfin, la quatrième ligne devrait être intéressante avec des jeunes joueurs, Vitou et Berard, qui ne demandent qu’à progresser. Grands espoirs du club, leur progression sera à suivre avec attention. La progression de Florent Neyens qui a réalisé une saison correcte l’an passé pour sa première en Magnus sera également à suivre tandis que le club est également allé chercher de l’expérience avec Kenny Martin qui a connu beaucoup de club de Magnus et de D1 au cours de sa carrière.

Défense : du physique, mais pas que

En défense, l’Hormadi a perdu un des défenseurs les plus complets de la Ligue Magnus : Dominic Jalbert. Un départ prévu en amont par le club selon Daramy : « C’était dit dès le début de saison que ça serait sa dernière. Notre objectif numéro 1 en défense ça a donc immédiatement été d’aller chercher un gros joueur et c’est pour ça qu’on a été en discussion très tôt avec Tarkkanen qui a été l’un des meilleurs défenseurs du championnat l’an dernier« . Avant de parler du Finlandais qui arrive de Nice, revenons sur la philosophie globale du recrutement défensif de l’Hormadi : « Il y a un secteur que l’on a voulu privilégier, en y injectant du physique, c’est la défense, nous confie Daramy. Ainsi, on a été chercher des défenseurs aux gabarits imposants. On avait déjà connu ce genre de profil à Anglet mais moins ces dernières années. Je crois que notre petite glace peut-être une arme face aux autres équipes et qu’il fallait davantage s’en servir. Le fait d’avoir engagé des défenseurs robustes va dans ce sens« .  Néanmoins, au-delà des défenseurs physiques décrits par le manager, c’est également une défensive très à l’aise qui a été construite par l’Hormadi. De quoi permettre à Leime de mettre en place un style de jeu similaire à celui de Chamonix l’an passé ?
Le défenseur numéro 1 et le remplaçant de Jalbert devrait être Juha Tarkkanen qui présente lui aussi un profil très compliqué. Avec Tarkkanen sur la glace, Nice attaquait mieux et défendait mieux l’an passé. Le Finlandais est également excellent en transition et en zone offensive. C’est également un gros pointeur puisqu’il a inscrit 38 points en 44 matchs. Néanmoins, on notera qu’il était essentiellement utilisé avec le trio offensif des Finlandais l’an passé à Nice ce qui aide à avoir de bonnes statistiques. Son évolution dans un nouveau contexte sera donc à suivre cette saison.

Autre arrivé de l’intersaison, le solide gaillard tchèque Vojtech Kloz a suivi son coach de Chamonix à Anglet. Au-delà de son physique impressionnant, Kloz amène également ses qualités de relanceur puisque, l’an passé, il était très certainement le meilleur défenseur en transition en étant à la fois très impliqué et très propre dans ce secteur. En zone offensive, c’est également un bon passeur. Néanmoins, défensivement, Chamonix accordait beaucoup à l’adversaire lorsqu’il était sur la glace.

Le recrutement angloy en défense s’est complété par l’arrivée de Marek Pacalaj. Mesurant 1m86 pour 92kg, lui aussi vanté pour son physique par le manager du club : « Il voulait découvrir d’autres championnats européens. Il nous a été présenté comme quelqu’un de très travailleur, très physique et très intense. Dès les premiers matchs amicaux on a vu qu’on pourrait compter sur son jeu robuste ». Néanmoins, son CV promet lui aussi des qualités techniques chez ce joueur puisqu’il a inscrit 26 points en 43 matchs au HK Martin en deuxième division slovaque. Il est le seul droitier de cette défense, ce qui peut présenter un point d’inquiétude même si Anglet à l’habitude de jouer avec une défense exclusivement gauchère depuis quelques années maintenant.
En dehors de ces 3 recrues, Anglet a conservé son ossature en défense. Joona Kunnas est vu comme un joueur de 3e duo par le modèle de statistique mais il est tout sauf ça. Aligner avec Jalbert l’an passé, Kuunas a montré de très belles qualités dans la transition et il avait un impact très positif sur la possession de la rondelle de son équipe. Ne lui manque que la production pour être un défenseur élite de la Ligue Magnus, mais il est à coup sûr un défenseur de premier ou de deuxième duo dans une équipe qui vise les playoffs. Riku Silvennoinen a un peu le profil inverse. Le modèle de Magnus Corsi le voit comme un défenseur de top 4, mais au-delà de sa production, ce joueur n’apporte pas les garanties d’un défenseur top 4. Avec lui sur la glace Anglet était dominé et son jeu de transition est perfectible.

Enfin, la 6e place disponible à la défensive devrait être disputé entre Kevin Maso et Mathieu Pons.

Gardiens : un américain pour remplacer Ylonen

Perdre Sebastien Ylonen, même après une saison marquée par des blessures, n’est pas une chose aisée pour Anglet et Daramy le sait : « Quand on perd un Sébastien Ylonen on est rarement gagnant. C’est un des meilleurs gardiens français. On savait que si Sébastien nous quittait on allait devoir, malheureusement, se tourner vers un étranger. On a pris notre temps et on a été cherché un gardien américain qui sort de l’université et qui souhaite découvrir les ligues européennes. C’est un pari mais un pari mesuré étant donné qu’on a un Leo Bertein qui a fait ses preuves l’an passé. C’est certainement le meilleur backup du championnat ». Ce gardien américain, c’est Eric Schierhorn. Les 4 dernières saisons, Schierhorn évoluait en NCAA dans la grosse équipe de l’Université du Minnesota. Là-bas, il fut élu deux fois meilleur gardien de la Big Ten (une division très relevé) en affichant continuellement des statistiques légèrement au-dessus des 90% d’arrêt. Une bonne pioche pour Anglet ? Restera à le confirmer sur la glace. Il sera accompagné de Léo Bertein qui est effectivement un des meilleurs gardiens remplaçants en Magnus. Ensemble, ils permettent à Anglet de passer devant Mulhouse dans la projection de Magnus Corsi. Quentin Papillon est légèrement supérieur à Schierhorn, mais Bertein est jugé bien supérieur à Vazzaz. Parmi les backups de la ligue, seul Julian Junca et Severi Isokanagas ont une projection plus élevée que Léo Bertein.

Mathieu Brosseau
Mathieu Brosseau a pratiqué le hockey dans son enfance, depuis, il l’analyse. D’abord journaliste à Hockey en France, il fait ensuite une pige chez Hockey Archives lors des Jeux Olympiques et, plus régulièrement, sur Le Sport Dauphinois où il parle de hockey mais aussi d’autres sports. Entre temps, il se spécialise dans l’analyse statistiques et se lance dans le projet Magnus Corsi dès le départ avec Thibaud Chatel ce qui lui permettera également de passer de l’autre côté du rideau en devenant analyste statistique d’une équipe de D2. Par ailleurs, il monte également, avec Matthieu Davin, le podcast On Refait La Glace
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Mathieu Brosseau a pratiqué le hockey dans son enfance, depuis, il l’analyse. D’abord journaliste à Hockey en France, il fait ensuite une pige chez Hockey Archives lors des Jeux Olympiques et, plus régulièrement, sur Le Sport Dauphinois où il parle de hockey mais aussi d’autres sports. Entre temps, il se spécialise dans l’analyse statistiques et se lance dans le projet Magnus Corsi dès le départ avec Thibaud Chatel ce qui lui permettera également de passer de l’autre côté du rideau en devenant analyste statistique d’une équipe de D2. Par ailleurs, il monte également, avec Matthieu Davin, le podcast On Refait La Glace
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