Après une saison tiraillée entre des résultats historiques en Europe et des moments plus compliqués en Magnus, les Brûleurs de Loups de Grenoble ont procédé à de nombreux changements. Avec un budget de 7,2 millions d’euros et après une saison blanche, l’obligation de résultat est totale en Isère. Le nouveau technicien finlandais s’est retrouvé placé à la tête d’un effectif qu’il n’a pas choisi, parviendra-t-il à ramener la coupe aux pieds des Alpes ?
La saison 2025-2026 des Brûleurs de Loups fut intense, tantôt joyeuse et motivante, tantôt triste et frustrante. D’un côté, le public de Polesud, systématiquement au rendez-vous, a vibré au rythme d’une campagne de CHL rarement vue en Magnus. En venant à bout des Pingouins de Bremerhaven, des Ours de l’Eisbären Berlin et de Lausanne, les Isérois ont atteint les huitièmes de finale, réalisant même l’exploit d’aller s’imposer en Suède face à Frölunda (2-1), futur champion. En saison régulière, les BDL sont loin d’avoir fait de la figuration : deuxième place de la saison régulière avec 96 points, meilleure attaque du championnat et un Power Play absolument dévastateur avec 28% de réussite.
Pourtant, leur saison reste en demi-teinte. Usés physiquement et mentalement par l’intensité de leur exercice, affaiblis par les blessures et les suspensions à répétition, les Grenoblois ont connu quelques bas. Le premier fut sans doute la défaite en finale de Coupe de France face à Rouen (6-1), qui a d’ailleurs provoqué le licenciement de Per Hanberg, remplacé au pied levé par Edo Terglav. Le deuxième fut les playoffs, le parcours des Grenoblois s’étant achevé sur une nouvelle défaite en finale de Ligue Magnus face à Bordeaux (4-1). Premier budget de France, zéro titre, l’échec est cuisant.
La page devait donc être tournée, et pour y parvenir, Edo Terglav et Jérôme Perez se sont mis en mouvement rapidement, remodelant l’effectif avant même d’avoir trouvé leur nouveau coach. C’est finalement Juha Juujärvi, Finlandais de 51 ans et ex-assistant au Tappara Tampere qui a pris la direction du vestiaire. Expérimenté et exigeant, il fait tout de même lui aussi face à un défi : s’adapter à un nouveau pays, une nouvelle culture, un nouveau championnat et diriger une équipe bâtie pour le titre dont il n’a pas choisi les éléments.
A l’arrière, Nolan Zajac, Andrius Kulbis-Marino, Juho Rautanen et Pontus Englund n’ont soit pas été reconduits, soit ont choisi de partir. Devant le filet, la page se tourne pour Jakub Štěpánek. En attaque, Air Canada perd Alexandre Mallet, tandis que Fredric Weigel, Martin Karlsson, Théo Gueurif, Rudy Matima et Adel Koudri quittent également le navire, tout comme les jeunes Sacha De Smitt et Hugo Nogaretto.
EN ISERE, ENCORE ET TOUJOURS
Sacha TREILLE (A, capitaine)
À 38 ans, le capitaine sort d’une saison très solide. Ayant acté sa retraite internationale après plus de 300 matchs à porter le bleu, il se consacre désormais à 100 % à Grenoble. Projection : 35 points, 1,8 WS.
Guillaume LECLERC (A)
De retour à son meilleur niveau l’an dernier, l’international français est devenu une pièce maîtresse de l’attaque iséroise. Projection : 38 points, 1,82 WS.
Matias BACHELET (A)
Élu meilleur espoir de la ligue, le jeune international a encore progressé l’an dernier, et son absence en playoffs s’est sentie. L’idéal pour lui serait de s’imposer définitivement en Magnus avant de partir pour l’étranger, comme a pu le faire Dylan Fabre. Projection : 37 points, 2,03 WS.
Nicolas DESCHAMPS (A)
Sa saison dernière fut marquée par une baisse de production et une blessure. Rien de bien méchant puisqu’il a tout de même titillé le point par match, mais le vétéran est quand même attendu. Son intelligence de jeu et son profil two-way seront de précieux atout. Projection : 40 points, 1,71 WS.
Aurélien DAIR (A)
L’international français a connu quelques difficultés en fin de saison dernière, mais ses qualités de tir restent bien présentes. Projection : 29 points, 1,58 WS.
Valentin GROSSETETE (A)
Excellent en forecheck, énergique, explosif et qui ne recule devant rien, il a aussi montré qu’il savait marquer, notamment en infériorité numérique. J’aime beaucoup le joueur qui joue sur le fil, son grit, son côté teigneux, roublard… mais attention toutefois à canaliser cette fougue, il ratera d’ailleurs le début de saison à cause d’une suspension. Projection : 18 points, 0,73 WS.
Pierre CRINON (D)
Son impact physique pour nettoyer l’enclave est incontournable, cependant, sa saison a été lourdement entachée par des suspensions à répétition, et il débutera celle-ci avec huit matchs en tribune. Si ses nerfs sont maîtrisés, il devient un très solide défenseur défensif. Projection : 12 points, 0,91 WS.
Axel PRISSAINT (D)
Défenseur rugueux et défensif, il a connu quelques soucis de relance et de positionnement l’an dernier. Projection : 18 points, 1,69 WS.
Antoine FERTIN (D)
A la base signé en tant que 7e défenseur, les pépins de la saison dernière auront au moins eu le mérite de lui permettre de jouer l’intégralité de la saison, et de prouver par la même occasion qu’il pouvait être titulaire. Projection : 9 points, 0,79 WS.
Cebald DEBIAK (G)
Le jeune portier de 20 ans a montré de belles choses lors de ses apparitions. Il assumera le rôle de troisième gardien tout en poursuivant son développement à Chambéry pour accumuler du temps de jeu, en dépit de plusieurs propositions pour évoluer en Magnus. Projection : 2,49 WS.
Christophe BOIVIN (A)
Meilleur pointeur l’an dernier avec 62 points en saison régulière et élu meilleur attaquant du championnat, il est une machine à points. Buteur, passeur, la qualité de son duo avec Beauchemin n’est plus à prouver. Projection : 60 points, 3,09 WS.
François BEAUCHEMIN (A)
Avec 29 points en 17 matchs de playoffs, Beauchemin s’est encore une fois imposé comme l’un des meilleurs attaquants de Magnus. Solide dans les batailles, bon tireur, bon passeur, il devrait lui aussi continuer de faire des ravages sur les glaces de France, même s’il manquera plusieurs matchs pour des soucis personnels. Projection : 52 points, 2,57 WS.
Matija PINTARIČ (G)
À 37 ans, le cerbère slovène ne montre aucun signe de ralentissement. Avec 93,3 % d’arrêts l’an passé, il est tout simplement le mur isérois. Projection : 4,90 WS.
UN RECRUTEMENT XXL
Alexandre GRENIER (A)
Un CV monumental (9 matchs de NHL, plus de 400 en AHL et 200 en DEL) pour un power forward comme on en voit très rarement en France. Puissant, fort sur la rondelle et capable d’attirer les défenses à lui, il semble avoir fait tomber amoureux notre modèle. Projection : 81 points, 4,49 WS.
Yohann AUVITU (D)
Près de 18 ans après son départ, le défenseur aux 58 matchs de NHL (entre autres) fait son retour en France. Excellent patineur, doté d’une superbe relance et d’une vision de jeu hors norme, il sera l’un des éléments les plus importants de la défense grenobloise, même s’il devra être épaulé dans les combats physiques. Projection : 29 points, 2,50 WS.
David NOËL (D)
L’ancien choix de repêchage des St. Louis Blues arrive avec de sérieux atouts. Mobile, bonne vision de jeu, bonnes qualités de tir. S’il peut parfois laisser des espaces défensivement, les BDL se sont malgré tout dégoté un vrai quarterback pour leur PP. Projection : 36 points, 2,64 WS.
Filip WINDLERT (D)
Ce vétéran suédois est un défenseur défensif réputé pour son leadership et son efficacité en infériorité numérique. Capable de rester de longues minutes sur la glace, il apportera la stabilité nécessaire à l’arrière. Projection : 18 points, 1,75 WS.
Cody DONAGHEY (D)
Ce défenseur, qui est l’unique droitier de l’effectif et qui débarque d’Angers devait être l’un des principaux éléments de la bleue. Malheureusement, une grave blessure au genou cet été le tiendra éloigné des patinoires pour au moins six mois. Projection : 30 points, 2,88 WS.
Aleksi LAAKSO (D)
En contact avec Rouen il y a quelques mois avant de s’orienter sur une proposition ailleurs, il a finalement été recruté en urgence pour pallier l’absence de Donaghey. Le Finlandais aux 700 matchs de Liiga apporte une immense expérience. Défenseur défensif, il est plutôt mobile et est capable de jouer dans les deux sens de la patinoire. Projection : 17 points, 2,15 WS.
Jānis ŠVANENBERGS (A)
Le centre letton au grand gabarit (1,90 m) arrive d’Amiens pour succéder à Fredric Weigel. S’il sort d’une saison frustrante en Picardie, il apporte une vraie dimension physique, une efficacité aux engagements et un bon one-timer. Projection : 27 points, 1,31 WS.
Téo SARLIÈVE (A)
Le JFL quitte Angers après six ans pour franchir un cap. Attaquant technique et créatif, il apportera de la vitesse et des qualités offensives, à condition de ne pas sacrifier ses replis défensifs. Projection : 24 points, 1,32 WS.
Dimitri THILLET (A)
Double vainqueur de la Magnus (avec Rouen et Gap), le vétéran est là pour apporter son leadership, son expérience et sa stabilité two-way. Fait intéressant : son adaptation rapide et sa grosse présaison laissent penser qu’il pourrait largement exploser la prédiction du modèle. Projection : 16 points, 0,46 WS.
Paul SIRAUDIN (A)
Le jeune JFL fait son retour chez lui après avoir obtenu du temps de glace ailleurs en Magnus. Projection : 10 points, 0,14 WS.
Stepan NEMTYREV (A)
Après avoir dominé la D1 avec Chambéry, l’attaquant russe mais néanmoins JFL est prêt pour le grand saut. Travailleur et énergique, il devrait apporter une bonne qualité de profondeur à l’alignement. Projection : 21 points, 0,96 WS.
Niklas TERGLAV (D)
Le jeune défenseur au profil défensif pourrait faire quelques apparitions, même s’il est fort probable qu’il passe un peu plus de temps en prêt du côté de Gap pour engranger de l’expérience et du temps de glace. Projection : 5 points, 0,50 WS.
Jordan KOOY (G)
Le gardien canadien arrive des ligues universitaires (USports) pour endosser le rôle de doublure de Matija Pintarič, comme avait pu le faire Stepanek ces deux dernières années. Un nouveau défi européen pour lui. Projection : 4,26 WS.
QUELLE SAISON POUR GRENOBLE ?
Avec une profondeur de banc exceptionnelle, des recrues à CV peu vus en Magnus, des cadres de qualité ou encore des joueurs internationaux, Grenoble semble n’avoir laissé aucune place au hasard cet été et a décidé de mettre la main au porte-monnaie pour empiler les stars. Débarrassés des fatigues d’une campagne européenne cette année, les Isérois ont un objectif pas si nouveau : tout rafler.
Le modèle Plan de Match / NLIce Data ne s’y trompe pas et penche en leur faveur, puisque l’algorithme projette les Brûleurs de Loups à la 1ʳᵉ place du classement général avec un total de 110 points, compilant 39 victoires pour seulement 5 défaites (temps réglementaire et prolongations confondus).
Une telle domination statistique met inévitablement une immense pression sur les épaules de Juha Juujärvi, lui qui a entre les mains un effectif abondant et bâti pour écraser tout le monde, un effectif où les possibilités d’assemblage sont multiples, où la lutte pour les places sur les deux premiers trios s’annonce féroce, un effectif, en somme, pour les gouverner tous. Mais avec de tels moyens à sa disposition, et encore plus à Grenoble, sa marge d’erreur est infime, voire inexistante. Si son système de jeu est rapidement assimilé et que l’équipe parvient à maîtriser ses nerfs lors des matchs couperets, alors l’équipe pourrait remplir tous ses objectifs.
BONUS : MA PROJECTION DE LIGNES
Christophe BOIVIN – François BEAUCHEMIN – Valentin GROSSETÊTE
Guillaume LECLERC – Matias BACHELET – Alexandre GRENIER
Nicolas DESCHAMPS – Jānis ŠVANENBERGS – Téo SARLIÈVE
Sacha TREILLE – Dimitri THILLET – Aurélien DAIR
+ Paul SIRAUDIN, Stepan NEMTYREV
David NOËL – Filip WINDLERT
Yohann AUVITU – Aleksi LAAKSO (en l’absence de Cody DONAGHEY)
Axel PRISSAINT – Pierre CRINON
+ Antoine FERTIN, Niklas TERGLAV
Matija PINTARIČ
Jordan KOOY
Cebald DEBIAK