La glace a fondu début avril, la reprise n’est prévue qu’en septembre, et avec la canicule vous devez réserver trois ans à l’avance pour accéder à votre patinoire municipale. Cinq mois de sevrage, c’est long. Voici de quoi tenir : des séries, des films et des bouquins qui parlent de crosses, de vestiaires qui sentent la sueur et de villes entières suspendues au résultat d’une équipe junior. Du chef-d’œuvre à la grosse rigolade.

Heated Rivalry, le phénomène que vous avez peut-être raté cet hiver

Si vous avez passé l’hiver la tête dans les stats de la Magnus, vous êtes probablement passé à côté du carton télé de la saison. Heated Rivalry, créée par Jacob Tierney (déjà responsable de Letterkenny), raconte l’histoire d’amour clandestine entre Shane Hollander, prodige canadien, et Ilya Rozanov, phénomène russe, deux superstars que tout oppose sur la glace et qui se retrouvent, saison après saison, dans des chambres d’hôtel. Six épisodes, une romance queer frontale, et un regard assez juste sur le placard qu’impose encore un sport réputé conservateur.

Diffusée depuis fin novembre 2025 sur Crave et HBO Max, la série est arrivée en France le 6 février 2026 sur HBO Max. Elle est devenue l’une des séries originales les plus regardées de l’histoire de Crave au Canada et une obsession de TikTok.

Et pour ceux et celles qui préfèrent la plage : la série adapte le deuxième tome de la saga Game Changers de Rachel Reid, publié en français sous le titre Rivalité brûlante. C’est court, c’est chaud, ça se lit en deux transats.

Bonus : une saison 2 a été commandée dès décembre 2025 et se prépare actuellement, adaptée cette fois de The Long Game, la suite directe qui retrouve Shane et Ilya une décennie plus tard. Prendre de l’avance en librairie, c’est du renseignement stratégique.

Off Campus, la romance de campus qui a pris la glace d’assaut

Dans le sillage du précédent, Prime Video a sorti le 13 mai 2026 Off Campus, huit épisodes que la plateforme qualifie elle-même de « soap universitaire ». Il faut le dire clairement pour éviter les malentendus : si vous cliquez sur Off Campus en espérant du hockey, c’est un peu comme allumer un match pour la mi-temps. La glace est là, le bruit des lames aussi, mais la vraie action se passe dans les couloirs, les dortoirs et les groupes de discussion. C’est le style teen movie qui est assumé, patinoire en toile de fond, zéro tactique. Les puristes s’étrangleront, les autres enchaîneront les huit épisodes en une nuit et, nous l’espérons, ce sont eux qui, en octobre, chercheront où voir un match près de chez eux.

Alors pour ce qui est de l’intrigue : Hannah Wells, étudiante en musique qui déteste le hockey, passe un marché avec Garrett Graham, centre vedette de l’équipe de Briar University : elle lui remonte ses notes, il l’aide à séduire son crush. Faux couple, vrais sentiments, la mécanique est vieille comme le monde et fonctionne toujours. Signe que ça marche : la saison 2, adaptée de The Score, a été commandée avant même la diffusion de la première.

Et pour celles et ceux qui opteront pour la version papier : la série adapte The Deal, premier tome de la saga d’Elle Kennedy, publiée depuis 2015 et vendue à plus de trois millions d’exemplaires. Les cinq volumes sont traduits chez Hugo Roman, qui a conservé les titres anglais. L’autrice canadienne a depuis étendu son univers avec les séries Briar U et Campus Diaries, où l’on suit la génération suivante, de quoi tenir jusqu’à Noël si l’été vous paraît vraiment long.

Beartown, la meilleure série de hockey n’est pas américaine

Elle est suédoise, elle dure cinq épisodes, et elle vous laissera K.-O. Beartown (Björnstad en VO) adapte le roman de Fredrik Backman, également producteur exécutif. Peter Andersson, ancien joueur de LNH, revient dans sa ville natale moribonde pour entraîner l’équipe locale. Il repère un talent, Kevin, sur qui la commune entière projette ses derniers espoirs économiques. Puis un acte de violence fait tout exploser, et la ville doit choisir : croire une adolescente, ou sauver sa saison.

C’est la meilleure fiction jamais tournée sur ce que le sport fait à une communauté quand il en devient l’unique raison de tenir. Bonne nouvelle pour votre été : la série est disponible sur TF1+ depuis le 12 mars 2026, gratuitement. Le roman existe en français sous le titre La Petite Ville des grands rêves, traduit par Laurence Mennerich. Prévoir des mouchoirs, ou au minimum une bière.

La Castagne, le classique obligatoire

Vous ne pouvez pas prétendre aimer le hockey sans avoir vu La Castagne (Slap Shot, 1977). George Roy Hill derrière la caméra, Paul Newman en entraîneur-joueur vieillissant des Charlestown Chiefs, une équipe de bas de tableau dans une ville sidérurgique qui coule. Faute de talent, on mise sur la bagarre. Arrivent les frères Hanson, trois lunettes à monture noire et zéro sens moral, et la patinoire devient un ring.

C’est vulgaire, c’est désespéré, c’est un des grands films sur la fin de la classe ouvrière américaine déguisé en comédie sportive. Un demi-siècle plus tard, chaque vestiaire de la planète continue de citer ses répliques. Pour les puristes : c’est non négociable.

Les Petits Champions, la madeleine de toute une génération

Passons aux choses sérieuses, c’est-à-dire à l’enfance. La trilogie Les Petits Champions (The Mighty Ducks, 1992-1996) a fait plus pour la popularité du hockey chez les gamins que n’importe quelle campagne fédérale. Emilio Estevez en avocat alcoolisé condamné à entraîner une bande de bras cassés, la fameuse formation en V du « Flying V », et une morale par match. Disney y a tellement cru que la franchise a donné son nom à une vraie équipe de LNH : les Ducks d’Anaheim, fondés en 1993.

La saga a eu droit à une suite télé, The Mighty Ducks: Game Changers, deux saisons sur Disney+, où Estevez rempile face à une nouvelle génération de parents-hélicoptères. Moins mémorable que les films, mais parfait pour occuper des neveux un après-midi de canicule.

Goon, la bagarre, mais avec du cœur

Goon (2011), de Michael Dowse, coécrit par Jay Baruchel et Evan Goldberg, suit Doug Glatt (Seann William Scott), videur pas très malin mais très gentil, recruté par une équipe de ligue mineure pour une seule et unique compétence : distribuer des mandales. Inspiré des mémoires du vrai Doug Smith, le film est sanglant, bête, et beaucoup plus tendre qu’il n’en a l’air. C’est aussi le meilleur portrait existant du métier d’homme de main sur la glace, à l’heure où la LNH prétend l’avoir aboli. Un film Netflix qui, à « coup » sûr, se trouve dans la liste des favoris de Georges Laraque, Bob Probert ou Dave « The Hammer » Schultz…

Palé Hockey, le podcast qui ne se prend pas au sérieux

Pour la case comédie, direction YouTube et le Québec. Palé Hockey est un podcast humoristique lancé au printemps 2026, animé par le comédien Richardson Zéphir sous le pseudonyme de Michelin Étoile, entouré de panélistes aux noms improbables : Marcus Kenol, Kedji Milieu, Romulus Écoutume. Au menu, la LNH, les Canadiens de Montréal et le hockey en général, analysés avec un sérieux totalement feint et des punchlines à la place des statistiques avancées.

La vraie singularité, c’est la langue. Ça se joue en français québécois avec des incursions permanentes en créole haïtien, et le titre lui-même est un jeu de mots, « palé », parler, et le palet. Résultat : une émission de hockey comme il n’en existe nulle part ailleurs, où la culture haïtienne du Québec s’invite dans un sport qu’on imagine rarement métissé. Une douzaine d’épisodes sont déjà en ligne sur la chaîne YouTube de Studio Vingtun, avec reprise sur Spotify et Apple Podcasts. Gratuit, décalé, et parfait pour les trajets d’autoroute du mois d’août.

Histoire du hockey-sur-glace en France, la lecture plus sérieuse

Pour finir sur une note documentée, Histoire du hockey-sur-glace en France de Marc Branchu (Nouvelles Éditions Sutton) retrace plus d’un siècle de pratique tricolore, des premières patinoires parisiennes aux clubs d’aujourd’hui. Le sport d’équipe le plus rapide du monde n’a jamais vraiment convaincu le grand public français, et ce livre explique posément pourquoi. Utile pour gagner tous les débats de comptoir à la reprise.

Et si rien de tout ça ne suffit ? Si en août vous en êtes réduit à regarder les compilations de buts de la saison dernière en boucle, à minuit, seul, en maillot de Grenoble, Rouen ou de Bordeaux : c’est le moment de rouvrir plandematch.fr. Analyses, transferts, prévisions, et tout ce qu’il faut savoir sur la Ligue Magnus avant que la glace ne revienne. Aucune ordonnance nécessaire.

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