La Fédération française de hockey sur glace poursuit sa mue. À la lecture des documents financiers et réglementaires transmis pour la saison 2026/2027, un fil rouge se dégage nettement : la FFHG cherche à consolider son modèle, à sécuriser ses procédures internes et à accompagner la professionnalisation progressive du hockey français, de la Ligue Magnus jusqu’aux structures déconcentrées. Enfin, une élection clé pour l’avenir du hockey. Un tournant…

Des finances saines

Sur le plan financier, l’exercice 2025 marque une progression notable. La Fédération affiche un excédent de 94 904 euros, contre seulement 2 551 euros lors de l’exercice précédent. Le résultat d’exploitation repasse lui aussi dans le vert, à 140 776 euros, alors qu’il était déficitaire de 73 791 euros en 2024. Cette amélioration repose principalement sur la hausse des produits d’exploitation, qui atteignent 7,99 millions d’euros, contre 6,93 millions d’euros un an plus tôt.

Des recettes portées par des records d’affluence et les droits TV Le volume total des produits a bondi pour frôler les 8 millions d’euros (7 996 162 € très exactement), soit une augmentation de 13,5 % sur un an. Cette dynamique positive est soutenue par plusieurs piliers de croissance :

  • Le nombre de licenciés atteint un niveau record pour la quatrième saison d’affilée avec 25 118 inscrits, générant 2,7 millions d’euros de revenus.

  • Le contrat de captation et de diffusion SPORTWAY montre son plein potentiel, faisant passer les recettes de droits TV de 174 K€ à 439 K€ en année pleine.

  • Les aides financières internationales s’intensifient, les versements de la Fédération Internationale (I.I.H.F.) évoluant de 247 K€ à 402 K€.

  • Le déploiement du programme de l’Agence Nationale du Sport (ANS) « PROJET JO 2030 » injecte 474 K€ supplémentaires pour soutenir la préparation olympique.

Des investissements structurants face aux grandes échéances Si les revenus grimpent, les charges suivent logiquement une trajectoire similaire (+12 %) pour s’établir à 7 901 258 €. Ces dépenses témoignent d’une fédération en pleine structuration pour affronter les défis à venir :

  • La masse salariale progresse de 16 % pour atteindre 1,9 million d’euros, une hausse justifiée par le renforcement des équipes opérationnelles, dont le recrutement d’un Directeur Marketing.

  • L’organisation du Tournoi de Qualification Olympique (TQO) féminin début 2025 a logiquement engendré des coûts de préparation et de logistique importants pour les équipes nationales.

  • Les premières dépenses pour l’organisation du Championnat du Monde 2028 en France s’élèvent à 188 601 €, mais elles sont intégralement refacturées à l’association dédiée FHPL2028.

  • Le succès du secteur lucratif entraîne également le retour de l’impôt sur les sociétés, avec une charge fiscale s’élevant à 54 902 € pour cet exercice.

Le cap vers l’Olympe La trésorière, Mme Sophie Mauffrey, qualifie les perspectives des prochains exercices de particulièrement encourageantes. Avec les Jeux Olympiques de 2026 à Milan/Cortina en ligne de mire, l’accueil du Championnat du Monde en 2028 et la préparation des Jeux de 2030, la Fédération navigue sur une feuille de route chargée d’événements majeurs qui devraient continuer à stimuler son modèle économique dans les années à venir

Le bilan confirme cette montée en puissance. Le total général de l’actif atteint 3,59 millions d’euros au 31 décembre 2025, contre 3,09 millions d’euros un an plus tôt. La situation nette progresse également, passant de 333 390 euros à 428 295 euros. La trésorerie reste solide, avec 1,53 million d’euros de disponibilités. En revanche, les dettes augmentent, à 3,16 millions d’euros contre 2,75 millions d’euros, principalement sous l’effet des dettes fournisseurs, des dettes fiscales et sociales ainsi que des produits constatés d’avance.

Cette photographie financière traduit donc une Fédération plus robuste, mais toujours attentive à son équilibre. Le projet de procès-verbal de l’assemblée générale 2025 rappelait déjà cette prudence. La trésorière Sophie Mauffrey y soulignait un résultat positif obtenu dans un contexte d’incertitude, notamment autour des financements publics, et au prix d’arbitrages parfois difficiles. Les comptes avaient ensuite été approuvés à l’unanimité, tout comme le quitus.

Au-delà des chiffres, la FFHG poursuit aussi un travail de sécurisation de ses règles internes. Le règlement financier 2026/2027 précise les procédures comptables, budgétaires et de contrôle. Les dépenses doivent être engagées avec l’accord du directeur général ou du directeur administratif et financier. Les paiements supérieurs à 20 000 euros nécessitent deux signatures. Les contrats engageant la Fédération au-delà de 40 000 euros hors taxes doivent faire l’objet d’une mise en concurrence et d’une validation par le comité directeur ou par une commission ad hoc.

Le nouveau cadre financier détaille également les tarifs applicables. L’affiliation club est fixée à 360 euros, avec une gratuité pour une première saison d’affiliation lorsqu’un club n’a jamais été affilié auparavant. Les droits d’engagement s’élèvent à 34 300 euros pour la Ligue Magnus, 10 300 euros pour la Division 1, 6 900 euros pour la Division 2 et 4 400 euros pour la Division 3. Les engagements en hockey féminin sont fixés à 830 euros, ceux du para-hockey à 165 euros. La Fédération encadre aussi strictement les modalités de paiement : les engagements sont réglés par prélèvement bancaire, avec une date spécifique au 14 août pour la Ligue Magnus, contre le 31 août pour les autres championnats.

Les modifications statutaires sont plus limitées mais importantes sur le plan juridique. Le tableau comparatif des statuts indique une correction matérielle concernant l’exercice du droit de vote en assemblée générale. Le texte précise qu’un groupement sportif affilié ne peut pas donner procuration au représentant d’un autre groupement, hors assemblée générale élective, et que son droit de vote ne peut être exercé que par l’un de ses membres dûment mandatés. Cette correction est présentée comme une mise en conformité avec l’esprit de la loi du 2 mars 2022, confirmée par le ministère des Sports.

Le règlement intérieur 2026/2027 confirme également le rôle central de l’assemblée générale. Celle-ci définit, oriente et contrôle la politique générale de la Fédération, approuve les comptes, vote le budget, fixe les tarifs des affiliations, licences, mutations et engagements, et adopte le règlement intérieur ainsi que le règlement financier. Le texte précise aussi que la validité des licences court du 1er juillet au 30 juin, tandis que la saison sportive est fixée du 1er mai au 30 avril.

L’un des ajustements réglementaires les plus significatifs concerne la Ligue Magnus. La Commission Ligue Magnus devient une exception dans le fonctionnement général des commissions fédérales, au même titre que les commissions disposant déjà d’une composition spécifique. L’objectif est clair : permettre de prévoir directement la forme de cette commission dans le règlement de la Synerglace Ligue Magnus. Cette évolution s’inscrit dans le processus de structuration continue de l’élite française, déjà évoqué lors de l’assemblée générale 2025.

La Commission Ligue Magnus conserve une mission stratégique : élaborer des propositions sur l’organisation du championnat et sur le cahier des charges de la ligue professionnelle. Elle doit se réunir au moins deux fois par an. À ses côtés, la commission D1, D2 et D3 reste chargée de réfléchir à l’organisation des championnats nationaux et à leur structure à long terme.

Le règlement intérieur renforce par ailleurs le suivi des organismes déconcentrés. Les ligues régionales et comités départementaux doivent respecter les statuts et règlements fédéraux, inscrire leurs actions dans le plan de développement régional et transmettre chaque année leurs procès-verbaux, bilans, comptes de résultat et budgets prévisionnels. La Fédération se réserve également la possibilité d’accéder aux documents de gestion et de comptabilité de ces organismes, avec contrôle sur pièces ou sur place.

Enfin, le projet fédéral continue de placer l’arbitrage, la discipline et la protection des officiels au cœur des préoccupations. Lors de l’assemblée générale 2025, les débats avaient mis en avant un durcissement des barèmes de sanctions en cas d’agression envers les arbitres, avec des minima annoncés comme particulièrement sévères. Ce point illustre une volonté plus large : faire progresser le hockey français sur la glace, mais aussi dans son environnement institutionnel, économique et disciplinaire.

L’avenir du hockey français se décide aujourd’hui

En résumé, les documents 2025 et 2026/2027 dessinent une Fédération en phase de consolidation. Les comptes montrent une amélioration réelle, même si l’équilibre reste à surveiller. Les textes financiers renforcent les procédures de contrôle. Les statuts clarifient les règles de représentation. Le règlement intérieur accompagne la structuration de la Ligue Magnus et encadre davantage les organismes territoriaux. La FFHG avance ainsi sur deux fronts : développer le hockey français et bâtir un cadre plus solide pour absorber cette croissance.

Cette Assemblée générale est l’une des plus importantes des dix dernières années. En effet, pour la première fois l’équipe sortante sera en concurrence avec une autre liste. Les objectifs semblent être les mêmes. Les méthodes différentes. Le vainqueur aura la lourde de tâche de mener le hockey à des championnats du monde réussis en 2028 et les jeux olympiques de 2030. L’expérience du monde IIHF et CIO versus une envie forte de renverser la table pour faire avancer le hockey très vite. Nous serons fixés en début d’après midi ce samedi.