Crédit photo : Timothé Grandhomme / Plan de Match

Après une victoire sur le fil face au Japon, nos Bleus retrouvent la glace de Sosnowiec pour y affronter le pays organisateur : la Pologne. Dans une patinoire pleine comme un œuf, la tâche ne sera pas simple. Quentin Papillon sera le gardien partant pour la France. Une victoire de la France lui permettrait d’aborder sereinement la suite de la compétition.

La rugueuse bataille de Sosnowiec

Dans une patinoire quasiment pleine et chauffée à blanc, le match débute avec une possession française. La Pologne a décidé de jouer très physique et Enzo Cantagallo est littéralement éclaté contre la balustrade. Kamil Walega est envoyé sur le banc des pénalités. Après révision vidéo des arbitres, la pénalité est changée en cinq plus vingt minutes (au bout de trente secondes). La France jouera avec l’avantage d’un homme pendant cinq minutes. Les hommes de Yorick Treille prennent d’assaut le but de Tomas Fucik. Simonsen par deux fois s’essaye des cercles. Bruche dans le slot. La défensive polonaise tient le choc. Les bleus sont parfaitement renvoyés sur les extérieurs et n’arrivent pas à concrétiser. La fin de séquence est brouillonne et la Pologne écoule cette pénalité majeure de cinq minutes.

La France reste en possession de la rondelle pendant toute la première partie de cette entame de match… Jordann Perret est chassé pour charge contre la bande à 6’45’’… Le jeu est révisé par la vidéo. Jordann Perret ne sera chassé que deux minutes. La Pologne a l’avantage d’un homme. Il va falloir tenir avec un public très chaud.

Les slaves n’arrivent pas à s’installer rapidement, seul Pociecha tente de la ligne bleue. Papillon est vigilant sur sa ligne. Les Bleus écoulent cette pénalité. La Pologne joue très, très physique et fait des coups dans le dos à l’image de Macias qui met des coups de patins à Quentin Papillon à la lutte dans le slot. (10ème).

Sur une mauvaise passe de Schmitt, Kielbicki se retrouve face à Dusseau et Papillon. Le gardien bleu repousse la rondelle ! (11ème). Les Polonais maitrisent un peu plus la rondelle alors que nous abordons la deuxième partie de cette période initiale.

Kielbicki passe dans le slot, cela passe devant le but mais personne ne reprend…Heureusement (13ème) ! En fin de période, la rondelle va d’un but à l’autre. La défensive bleue reste solide et ne panique pas. L’équipe slave tente de jouer en contre en prenant de vitesse notre défense. Pour le moment ça tient…

Jules Boscq s’introduit en zone offensive et tente un tir du cercle droit, Fucik gèle le palet (17ème). En fin de période, Louis Boudon quitte la glace en se tenant le poignet… Il a pris des coups derrière le but polonais sur une possession française. Un tiers très rugueux de la part de la Pologne, une belle occasion manquée en début de match avec cette pénalité majeure. Nous avons un match rude et intense. La Pologne joue avec ses armes. Les hommes de Yorick Treille doivent rapidement casser le verrou polonais pour se sortir de se piège. Tout reste à faire.

Une Pologne efficace mène face aux Bleus après 40 minutes.

La période médiane débute de la même manière que le premier tiers. Les hommes de Yorick Treille mettent la crosse sur la rondelle. Mais la Pologne ne lâche rien. La bataille continue. Louis Boudon est revenu au jeu dans cette deuxième période. Sur un mauvais changement de ligne polonais, Jordann Perret part seul face à Fucik… Il manque le dernier geste (21ème).

Dans la foulée, les bleus sont pénalisés pour surnombre… La Pologne a l’avantage d’un homme pendant deux minutes. 21’45. La Pologne fait le siège du but de Quentin Papillon, elle ne se montre pas si dangereuse pendant près d’une minute et quarante secondes. La rondelle circule bien entre Chmielewski et Michal Narog. Ce dernier remet à Patryk Krezolek se balade dans la défense française, il vient ajuster Quentin Papillon à 23’22’’. PPG. La patinoire exulte ! La Pologne passe devant (1-0).

Suite à ce but polonais, les Bleus ne lâchent rien et repartent à l’assaut du but slave. C’est compliqué de jouer un jeu propre alors que la Pologne joue entre les sifflets. Alors que nous approchons de la mi-match, la Pologne joue à fond les moindres opportunités et gêne les bleus dans la relance. Les hommes de Yorick Treille ont du mal à passer la zone neutre. Beaucoup de turnovers. Il faudra rester vigilant.

Une nouvelle fois, le jeu va d’un but à l’autre. Les bleus se font surprendre en zone neutre, la Pologne, elle, reste solide sur sa défensive.

La Pologne joue très rapidement les transitions zone défensive, zone offensive et elle mets dans une situation délicate la France. Pour le moment, la défensive contient les assauts mais plusieurs situations ont été complexe à gérer. Les Bleus doivent absolument trouver la solution face à Fucik !

Sur un palet récupéré au face off par Louis Boudon, il passe dans le slot, Jordann Perret récupère et vient parfaitement ajuster Fucik. Les bleus reviennent dans le match à 30’51’’. 1-1.

Après cette égalisation, la France reprend des couleurs. Perret passe à Grossetête qui manque le contrôle, il récupère le palet et lance du haut de l’enclave. Fucik intervient.

Les hommes de Yorick Treille mettent beaucoup d’intensité physique et sur sa propre charge, Jordann Perret rentre au banc sonné (34ème). Sur la séquence suivante, Guillaume Leclerc gratte un palet en zone neutre mais ne parvient pas à aller au bout.

Manquant de vigilance, les bleus se font surprendre en surnombre à 34’26’’. Il ne faut pas plus de quatorze secondes à la Pologne pour prendre les devants. Les slaves remportent le face off et font circuler la rondelle Lyszczarczyk remet à Wronka à la pointe, il remet au haut des cercles à Pociecha qui vient ajuster Papillon de loin. La Pologne reprend les devants, 2-1 à 34’40 PPG.

La Pologne presse fortement la défensive française, Papillon a jeté son équipement et est pénalisé. Les bleus jouent en désavantage numérique à 35’00. La Pologne n’arrive pas à s’installer. La France a écoulé tranquillement cette pénalité. La rondelle va d’un but à l’autre une nouvelle fois. Cantagallo manque le cadre (38ème). Sur la séquence précédente, Papillon s’est opposé à Wronka. La Pologne entre aux vestiaires avec l’avantage d’un but. Chaque erreur se paie cash. Les hommes de Yorick Treille devront être plus discipliné, notamment sur les changements de ligne. Nos Bleus, cependant, ne lâche absolument rien. Ils savent ce qu’ils ont à faire et n’abandonnent pas. Tout reste à faire dans cette ultime période. Il faut être plus efficace devant le but de Fucik. Il reste vingt minutes.

Jordann Perret (encore!) remet la France dans le droit chemin

Nos Bleus repartent à la bataille. Il faut tout donner. En début de période, la France met la main sur la rondelle. Les Bleus tournent autour de la cage de Fucik et cela finit par payer. Louis Boudon passe à Tomas Simonsen. Il remet dans l’enclave à Jordann Perret qui ajuste parfaitement Fucik. La France revient rapidement au score, c’est 2-2 à 42’35’’. La Pologne joue toujours autant physique et c’est Florian Douay qui en fait les frais, il est violemment écrasé contre la bande. Il est sur la glace pendant plusieurs secondes. Le jeu est arrêté mais aucune pénalité n’est appelée.

Sur la séquence suivante, alors que la France est toujours en possession de la rondelle, Gorny est pris par la patrouille pour accrocher. La France jouera avec l’avantage d’un homme à 44’31’’ pour deux minutes. Les Bleus s’installent immédiatement en zone offensive. La rondelle circule et Tomas Simonsen tente sa spéciale une première fois, sans succès. Puis Guebey de loin… La défense résiste aux assauts de la France et écoule la pénalité.

Alors que cela brasse devant le but de Fucik, Florian Douay est envoyé sur le banc des pénalités pour obstruction. La pénalité nous semble sévère. Cela donne une opportunité à la Pologne de reprendre l’avantage alors qu’il reste un peu plus de treize minutes à faire à la partie (46’54’’).

La Pologne met près d’une minute à s’installer, la défensive est bien en place. Elle obtient une pénalité quand Zygmunt est chassé pour obstruction à 48’16’’. Les deux équipes jouent à 4v4 pendant trente-huit secondes… La France sera ensuite en avantage numérique.

Le powerplay arrive à s’installer en fin de séquence et tourbillonne autour des buts de Fucik mais cela ne donnera rien. Il reste moins de dix minutes à la partie. Alors que la France campe dans la zone polonaise, Wanacki est pénalisé pour avoir fait trébucher à 51’10’’. Les Bleus ont une nouvelle opportunité avec l’avantage d’un homme, à un moment clé du match ! Une nouvelle fois, la France s’installe rapidement fait circuler la rondelle et Simonsen tente sa spéciale qui est bien arrêtée par Fucik. Aurélien tente sa chance de l’extérieur de l’enclave mais manque le cadre. La Pologne écoule encore cette pénalité.

Sur cette fin de tiers, la France campe dans la zone polonaise mais s’expose à des contres rapides. Pour le moment, la défense et Quentin Papillon tiennent le fort. Alors que la France et la Pologne bataille contre la bande en zone défensive polonaise, Nicolas Ritz est chassé pour crosse haute. Il reste un peu moins de six minutes. Une occasion en or pour la Pologne de clouer les espoirs français ! 54’05’’.

Les slaves se sont installés rapidement et sur la première unité spéciale, la défense est bien en place et repousse l’attaque polonaise sur les extérieurs. Cela facilite le travail pour Quentin Papillon.

La France écoule cette pénalité mais sous pression se fait à nouveau pénaliser avec Aurélien Dair qui est envoyé au banc pour faire trébucher. Il reste désormais moins de quatre minutes. Les Bleus jouent une nouvelle fois en désavantage numérique à 56 ‘12’’. La défense tient le choc pour le moment… Ces multiples pénalités hache le jeu en cette fin de match. La France est parfaitement en place et repousse une nouvelle fois la Pologne sur les extérieurs. La France écoule la pénalité !

Dans les dernières secondes, la rondelle va d’un but à l’autre. Aucune des deux équipes ne souhaite lâcher prise. Nous nous dirigeons vers une prolongation à Sosnowiec.

La France / Pologne au bout du suspens !

La France et la Pologne ont obtenu un point chacune, désormais il faut se départager pendant la prolongation de cinq minutes… Sinon les tirs aux buts. Dans les premières secondes de cette prolongation, la France est en possession, Louis Boudon fait son numéro mais Fucik est vigilant. La Pologne contre et heureusement, Papillon est vigilant en deux temps, la jambière puis la mitaine (62ème). Guebey vient libérer la France à la 64ème sur une passe parfaite de Guillaume Leclerc qui a fait un gros travail dans la bande. La cage est vide et Enzo Guebey ne manque pas le cadre ! 3-2. Le but est annulé pour obstruction sur le gardien !

Il reste une minute et seize secondes à la partie. La France jouera à 4v3 une pénalité différée avait été appelée. Chmielewski pour avoir accroché. La France jouera la fin du match avec l’avantage d’un homme. Malheureusement cela ne donnera rien et nous irons aux pénalties ! C’est la France qui remporte la série de tirs aux buts et du même coup la bataille de Silésie ! Baptiste Bruche et Tomas Simonsen sont les buteurs pour les Bleus !

 

Feuille de match

 
Zone mixte : 

Yorick Treille (coach de l’équipe de France) : 

Gros caractère, victoire d’équipe. On sait que chaque match, ça va être une nouvelle bataille, comme ça, à chaque fois. Ça a été dur. On a souffert. On a eu du mal à se mettre en jambe. On a eu du mal à essayer d’utiliser notre vitesse, notre échec avant. On l’a fait par petits moments. Ensuite, le match a été très particulier. Chaque match a une histoire différente. Que ce soit le powerplay, 5 minutes dès le début, qu’on n’arrive pas à saisir l’opportunité ici de prendre les devants. Ça nous a un peu rendus mous. Les autres gars, pendant 5 minutes, ils ne rentrent pas dans leur match. C’est plein de choses qui font que ça a été compliqué pour nous ce soir. Mais à la fin, je pense qu’à l’image de notre capitaine, tout le monde a suivi son chemin.

Et c’est une grosse victoire d’équipe qui est importante pour la semaine. Oui, on aimerait devenir beaucoup plus efficace. On va essayer de continuer à travailler là-dessus (powerplay). Il n’y a pas que ça dans notre jeu. On doit nettoyer, simplifier pour devenir plus efficace dans notre identité, avec nos atouts. On a beaucoup mieux, c’est positif. Il fallait se présenter. Ça n’a pas été joli. On a souffert, mais au final, on a gagné 2 fois (rire). On devrait avoir 4 points quasiment. 

Maintenant, c’est d’abord une grosse journée de récup pour les gars qui ont laissé beaucoup d’énergie. Ensuite, c’est un adversaire différent, avec des qualités à prendre très au sérieux. L’Ukraine, ce sera encore un gros boulot. Ils sont gros, l’Ukraine. Je dirais peut-être des plus gros gabarit. Il faudra être intelligent et utiliser nos atouts qui sont différents des leurs.

 

Jordann Perret (capitaine de l’équipe de France) : 

On a eu pas mal de powerplay, on a fait des bonnes choses, mais on n’a pas réussi à concrétiser, ce qui nous aurait bien aidé. Mais en revanche, le piqué a fait un gros boulot de l’autre côté, donc ça nous a sauvé aussi. Mais c’est sûr que si on arrive à emplanter un Widow en powerplay, à le match on se le rend un peu plus facile, mais c’est le sport, ça fait pas longtemps qu’on est ensemble, qu’on travaille les unités, mais il y avait quand même des bonnes choses. Mais c’est sûr qu’un petit but Widow, ça nous aurait fait du bien. Cette séance de tir au but, apparemment irrespirable, il a fallu 10 tireurs. Ouais, c’est ça, on a trouvé la solution tout de suite, puis après les gardiens étaient chauds, et on a cru en nous tout le long du match. Et je pense que ça c’est le côté positif, parce qu’on n’a toujours pas abandonné. Mais on a vu hier, on était mené à 3 minutes de la fin, on a montré beaucoup de caractère. Et ce soir, un match très important contre des concurrents directs, on est mené chez eux, on a réussi à montrer un très gros caractère et beaucoup de courage pour arracher la victoire, qui fait beaucoup de bien, statistiquement et mentalement, comptablement pour les points. Il y a eu ce but refusé en overtime, comment on gère les émotions derrière ? Parce qu’il y a la libération du but, et puis finalement on dit « ah bah non, il faut rejouer », comment vous vous remettez dedans ? Ouais, c’est vrai que c’est un peu difficile. On se comprend, c’est pas agréable on va dire, parce
qu’il y a une explosion de joie. Après c’est l’arbitre, c’est sa décision, il a décidé qu’il y avait interférence sur le gardien, et bien il y a interférence sur le gardien. On joue, c’est lui le chef, donc on fait ce qu’il nous dit. Après on s’est reconcentrés, on n’a pas lâché, on a eu un power play quand même, 4 contre 3, j’ai une belle passe de Louis Boudon, elle a sauté juste par-dessus ma palette, et après au pénalty, on a continué d’y croire tout le long, et au final, ça paye. C’est un peu la marque de ce groupe, j’ai l’impression de vraiment bien l’achever. On l’a beaucoup respecté les années précédentes, mais là on a l’impression que sur la glace, ça se révèle en fait. C’est ce que je disais hier, même si ça ne fait pas longtemps qu’on est ensemble, il y a beaucoup de nouveaux joueurs, personne n’a connu le groupe 1, la division 1, et on se donne à fond, on a créé un lien entre nous, une famille, avec les valeurs de l’équipe de France transmises par les anciens, et le groupe vit super bien sur la glace, et super bien en dehors de la glace. Quand on y croit tous, et on va tous dans la même direction, je pense qu’on peut faire de belles choses, et grâce à cette victoire ce soir, on a un bon point, on a une belle affaire. Enfin deux bons points, enfin un bon point, c’est beaucoup plus qu’une belle affaire. 

Valentin Grossetête (attaquant équipe de France) :

On n’a rien lâché. Et à la fin, on gagne, donc c’est ça, je pense qu’on va tenir ça ce match. C’est un peu la nouvelle identité. On dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit, on lâche vraiment rien. Je pense qu’on a pris les buts et qu’on s’est vite remis dedans. Il y a aussi notre capitaine Jordan Perret qui est là et qui nous remet dedans aussi, un peu grâce à lui. Et après, on lâche rien jusqu’à la fin. Et à la fin, on a réussi à mettre ce 2-2, à récupérer les points. Ce but refusé, c’est pas grave, c’est comme ça. Mais après, pareil, on a eu la rage d’aller chercher ses pénaltys et de gagner. Et toi, comment tu vis ce groupe, cette équipe de France, alors division 1 ? Comment tu vis cette expérience ? C’est juste incroyable. Je ne m’attendais pas à être là pendant la saison. J’avoue que pour moi, c’était encore assez loin de venir faire un showpas du monde avec les seniors. Après, maintenant que je suis là, je suis très content d’être là. Et maintenant, je me capte à former et jouer mon jeu. Jouer comme je sais jouer. C’est vraiment très différent de la Magnus ? Oui, c’est quand même très différent. Ça va beaucoup plus vite. On joue des joueurs qui sont très expérimentés. Surtout les Polonais aussi. Donc non, c’est vraiment différent de la Magnus, c’est sûr.

Et le jeu physique, là, c’était vraiment très physique ce soir, non ? Oui, c’était plus physique qu’hier, ça c’est sûr. Mais après, on se prépare pour ça aussi. Donc on est prêts aussi à nous figer, et on va continuer. Tu aimes bien le jeu physique ? Oui, j’aime bien quand même. Bon repos, et puis on se projette déjà vers l’Ukraine. Comment vous vous abordez les prochaines 48 heures ? Pour l’instant, on n’y a pas trop réfléchi. On pense match par match. Donc là, on va faire un reset après ce match-là. Et demain, on pensera à l’Ukraine. Euh, l’Ukraine. On pensera à l’Ukraine demain. On va faire des petites vidéos, on va tout voir, et on verra bien ce qui se passe.