Nous sommes déjà à la mi-saison en Ligue Magnus et les organismes sont mis à rude épreuve du côté de l’IceParc. Le dernier coup dur en date ? La blessure de Daniel Viksten, sorti après sept minutes de jeu face à Briançon (J23), et qui risque de manquer à l’appel pour un bon moment. Entre cette absence et les pépins récurrents qui déséquilibrent l’alignement, une question se pose : les Ducs peuvent-ils tenir le rythme ?
Comme souvent à mi-parcours, Jonathan Paredes a remanié ses trios, laissant un Top-9 en chantier. Si la ligne Charbonneau-Halley-Gaborit tient la route, le capitaine angevin reste un guerrier spécialiste du travail de l’ombre. Sa place est-elle réellement sur un premier trio à vocation purement offensive ? Le constat est similaire sur la deuxième ligne : Kale Kerbashian cherche encore ses marques et si son duo avec Orrin Centazzo est prometteur, ils ont besoin d’un finisseur d’impact pour maximiser leur créativité, un costume peut-être encore un peu grand pour Téo Sarliève.
Pour pallier l’absence de Viksten, corriger ces déséquilibres et densifier un Top-6 qui se doit d’être en béton armé pour viser le titre, le recrutement d’un attaquant supplémentaire semble devenir l’option la plus logique. Après plusieurs heures d’analyse vidéo et quelques coups de fil, nous vous proposons une liste de 10 profils susceptibles de coller aux besoins de Jon Paredes.
I – Les droitiers, tout simplement
C’est l’option logique. Viksten est un ailier droitier, utilisé sur le PP. Pour éviter de changer le système si tard dans la saison, on s’oriente vers un ailier droitier.
- Casey BAILEY, USA / 34 ans / Ailier Droit / 1m91 – 93kg
Sur le papier, ça envoie. Bailey a une petite expérience en NHL et une vraie carrière en Europe. Passé par la SHL, KHL, IceHL, c’est en Allemagne qu’il se développe vraiment, devenant l’un des meilleurs joueurs de son équipe.

Ses forces :
- Son one-timer : Son succès en tant que buteur a été bien aidé par un tir sur réception souvent qualifié d’ « incomparable » en Allemagne. Puissant, précis. Une vraie arme, notamment en power-play.
- Sa présence physique : On ne va pas se mentir, c’est un beau bébé. Il sait utiliser son gabarit, est difficile à bouger devant le filet et bataille fort dans les bandes.
- Son leadership : Qualifié de pierre angulaire, de meneur, de joueur exemplaire ou encore de « bête de somme » par ses anciens managers et coachs, il a aussi été assistant capitaine à Iserlohn.
Ses faiblesses :
- Sa vitesse : Bailey n’a jamais été une fusée. Avec actuellement 34 printemps, et même si son éthique de travail est irréprochable, il n’a pas accéléré. Ce n’est pas le joueur le plus explosif et il ne fera pas des pointes de vitesse comme un Cédric Di Dio Balsamo. En revanche, il est fluide et puissant, et une fois lancé, son inertie et son gabarit le rendent difficile à stopper pour les défenses adverses.
Est-ce faisable ?
En théorie, oui. Dans un premier temps, parce qu’il voulait rester en Europe cet été et a même eu des contacts en Magnus. Sa présence actuelle en ECHL est une solution « d’attente », et ce type de contrat inclut quasi-systématiquement une clause libératoire pour l’Europe, un peu comme le scénario de sa saison 2019-2020. Ensuite, il est important de notifier que Bailey est représenté par la même agence que Kale Kerbashian et Daniel Viksten, ainsi que plusieurs autres joueurs évoluant en Magnus. La communication et la confiance sont donc déjà établies entre Simon Lacroix, Jonathan Paredes et son agent.
- Todd BURGESS, USA / 29 ans / Centre / Ailier Droit / 1m88 – 81kg
Burgess a été drafté en NHL, et c’est très souvent bon signe. Belle carrière universitaire, et après ça, de bons débuts en pro outre-Atlantique. Il est ensuite arrivé en Slovaquie avant d’évoluer en deuxième division suédoise l’an dernier.

Ses forces :
- Son QI Hockey : Sans doute sa qualité la plus importante, surtout dans le hockey moderne. Ses anciens coachs n’ont jamais tari d’éloges sur sa capacité à lire le jeu avant les autres. Il sait réfléchir, analyser, temporiser, et ça paye souvent.
- Sa polyvalence : Avantage non négligeable, Burgess peut jouer tant au centre qu’à l’aile. Il peut donc prendre des face-off, switcher à l’aile ensuite, ou encore évoluer dans n’importe quel rôle sur le power-play. En plus de ça, c’est un joueur qui est à l’aise dans les deux sens de la glace, qualité saluée plusieurs fois par ses anciens coachs.
- Son jeu de transition : S’il dispose de bonnes qualités de tir, Burgess n’est pas un finisseur pur, mais sait construire un jeu. Il sait remonter la rondelle proprement.
- Son adaptabilité : Il n’est pas un capitaine dans l’âme mais c’est un joueur sain qui saura s’adapter dans n’importe quel vestiaire.
Ses faiblesses :
- Le grit : Burgess est à l’aise devant la cage pour récupérer des rebonds et dévier des rondelles, mais il n’est pas un joueur très physique/méchant. Il a un bon gabarit, mais se sert plus de sa crosse que de son corps.
Est-ce faisable ?
C’est sans doute le joueur le plus simple à recruter pour le staff angevin. Il est actuellement libre, représenté par la même agence que pas mal de Ducs actuels et anciens, et la confiance et la communication sont donc là aussi déjà établies. En plus de ça, il retrouverait dans l’équipe Kale Kerbashian avec qui il évoluait il y a deux ans.
- Liam FINLAY, CAN / 28 ans / Ailier Droit / 1m70 – 71kg
Finlay a été formé à Denver, en NCAA, avec qui il a été champion en 2017. C’est un joueur de petit gabarit très talentueux. Il a décollé pour l’Europe dès la fin de son cursus universitaire avant d’aller exploser quelques compteurs en ECHL pour finir par revenir en EIHL.

Ses forces
- Son explosivité : C’est simple, Finlay est une boule de vitesse. Accélération, vitesse de pointe, tout est énorme.
- Ses mains : C’est un vrai manieur de palet d’élite. Ses collègues en ECHL ont d’ailleurs dit de lui qu’il serait capable de manier un palet depuis une cabine téléphonique tant son talent est indéniable.
- Sa création de jeu : ça va avec ses qualités de manieur de palet, mais c’est important de le préciser. Finlay est capable de créer du danger et du jeu à partir de vraiment pas grand-chose.
Ses faiblesses
- Son physique : C’est un petit, voire tout petit gabarit. On sait que ça peut fonctionner chez nous, mais pas toujours. C’est un joueur souvent qualifié de « joueur de périmètre », préférant tourner autour du but adverse pour trouver le jeu parfait plutôt qu’aller travailler.
- Un air de déjà-vu : Avec Centazzo, Charbonneau, ou encore Kerbashian, n’a-t-on pas suffisamment de playmakers de petite taille ?
Est-ce faisable ?
Oui. C’est encore une fois un joueur qui a des connexions avec la France et Angers. Il a joué avec Evan Cowley à Denver et en Slovaquie, ou il a aussi partagé le vestiaire avec Matt O’Connor. Son agent s’occupe aussi de Jere Rouhiainen ainsi que de plusieurs joueurs évoluant en France.
II – Les attaquants de puissance
Soyons honnêtes : l’attaque angevine est mobile et talentueuse mais manque parfois de poids et de taille pour peser. Les joueurs ici permettraient d’ajouter une dimension physique supplémentaire à l’équipe.
- Michael DAL COLLE, CAN | 29 ans | Ailier Gauche | 1m91 – 90kg
Bon. Là, on entre dans un autre monde. Avoir un ancien 5e choix total de draft NHL en France, normalement, c’est dans nos rêves. Dal Colle, c’est plus de 110 matchs en NHL avec les Islanders et deux saisons en DEL où il a été dominant. Il avait signé cet été en KHL à Minsk, mais l’aventure s’est terminée prématurément fin novembre. Il est donc sur le marché actuellement.

Ses forces
- Sa protection du palet : c’est un atout à ne surtout pas négliger. Quand Dal Colle récupère le palet, c’est vraiment dur de le récupérer. En Magnus, ou le talent est moins élevé qu’en NHL, KHL ou DEL, il pourrait supposément conserver le palet pendant la totalité du match.
- Sa présence physique : C’est un joueur de possession capable de gagner des duels, créer de l’espace et user les défenses. Il sait se servir de son gabarit pour entrer en zone et y rester. Il affectionne aussi le fait de rester devant le filet.
- Sa fiabilité défensive : Même le très exigeant Barry Trotz a souvent loué la transformation de Dal Colle en un joueur professionnel fiable défensivement.
Ses faiblesses
- Son patinage : C’est l’une des choses qui l’ont empêché de rester en NHL. Sa vitesse est correcte, mais ses pointes ne sont pas très élevées et il manque d’explosivité.
- Sa créativité : On lui a souvent reproché d’être un joueur trop « simple ». C’est efficace, propre, logique, mais lisible et il n’effectuera pas vraiment d’actions créatives capables de soulever les foules.
Est-ce faisable ?
Si l’on est réaliste, il faut bien admettre qu’attirer un tel joueur en Magnus, c’est difficile. La logique des choses voudrait que son téléphone sonne plutôt pour aller en Suisse ou retourner en Allemagne. Cependant, son mauvais départ en KHL et le timing peuvent jouer en faveur des Ducs puisque la plupart des clubs évoluant dans les grosses ligues européennes sont déjà bien remplis, surtout pour les étrangers. Le coup est dur, mais le coup est jouable. En plus, l’histoire serait belle : Nikita Scherbak, 26e choix de 2014 avait fait vibrer l’iceparc. Alors pourquoi pas le 5e de cette même cuvée ?
- Nick RITCHIE, CAN / 30 ans / Ailier Gauche / 1m89 – 108kg
C’est le CV le plus impressionnant des 10 : 481 matchs en NHL pour 186 points, et c’était il n’y a vraiment pas longtemps. C’est la fusion parfaite entre l’attaquant de puissance et « l’homme fort » : grand, gros, méchant, dangereux. Il sort de deux saisons compliquées en Europe.

Ses forces
- Son physique : Ritchie est un beau bébé. Il joue dur, il nettoie, il joue physique. Ses charges sont appuyées, elles font mal et peuvent changer le cours d’un match.
- Ses mains : Il a beau être costaud, ce n’est pas (qu’)un goon. Il a de jolies mains pour son gabarit et son style et est capable de jouer tout en finesse quand il le veut.
- Sa présence : Quand il se positionne devant un gardien, il masque la vue, fait le ménage, prend les rebonds et il est impossible à dégager.
Ses faiblesses
- L’indiscipline : C’est le point noir. Et un sacré gros point noir. Ritchie prend des pénalités stupides et coûteuses. Son passage en Finlande (Kärpät) a tourné au fiasco complet avec une suspension de 8 matchs pour un coup à la tête sur un adversaire au sol. La presse finlandaise n’a pas été tendre, qualifiant son passage de « désastre » et son attitude d’« irrespectueuse ».
- Son attitude : Il peut parfois jouer contre lui-même, perdant parfois des matchs à lui tout seul en prenant de trop nombreuses minutes de pénalité.
- Sa vitesse : On lui reproche souvent sa vitesse et son patinage un peu « lourd ». Il peut être un peu exposé sur les grandes glaces que nous avons en Europe.
Est-ce faisable ?
Oui, mais… On est en droit de se demander ce que viendrait faire un joueur avec un tel palmarès à Angers. La réponse est simple : sa cote n’a jamais été aussi basse, personne ne semble vouloir de lui. Après avoir fait n’importe quoi en Finlande ou son contrat fut résilié, son passage en Allemagne ne restera pas dans les annales. L’an dernier, il signe en Slovaquie où il devient vite un élément central de son équipe mais enchaîne les bagarres et est ensuite remercié. Il finit plus discrètement à Bratislava. Les plus gros clubs se sont passés le mot et rechignent donc à le recruter. C’est un sacré risque pour l’équilibre du vestiaire mais s’il se plait et que Paredes parvient à le canaliser, il deviendrait sans doute l’un des meilleurs joueurs de la ligue.
Edit : En date du 12/12, Ritchie rejoint le SC Csikkszereda, en Roumanie
- Thomas CARON, CAN / 25 ans / Ailier Gauche / 1m88 – 96kg
Pur produit de Québec, il a fait ses armes en QMJHL chez les Remparts, sous les ordres d’un certain Patrick Roy. Là-bas, on travaille ou on est viré, c’est simple. Il a ensuite navigué entre l’AHL et l’ECHL avant de rejoindre la Liiga en fin de saison dernière, preuve de son envie de traverser l’océan.

Ses forces
- Son physique : Caron joue un hockey physique et direct. Il ne perd pas de temps et sait s’imposer physiquement, ira batailler fort et appuiera ses mises en échec pour remporter des palets pour ses coéquipiers.
- Son tir : S’il n’a jamais réussi à s’imposer comme un top buteur, son tir est puissant, et son sens du but est présent. Il a d’ailleurs réussi à marquer 5 buts en 15 rencontres en Finlande, un championnat très fermé défensivement.
- Son leadership : Avoir été capitaine chez les Remparts de Québec, c’est loin d’être anodin. Il a d’ailleurs été décrit par ses anciens coéquipiers comme « exemplaire, vocal, protecteur ». Tout ce qu’apprécie Paredes.
Ses faiblesses
- Son patinage : Caron est puissant mais pas très agile. Comme souvent avec les jeunes nord-américains, il devra prouver qu’il peut couvrir les grands espaces des glaces olympiques sans finir à bout de souffle.
- Son instabilité potentielle : Pourquoi, après des débuts plus que prometteurs en Finlande, et des éloges de la part de scouts du pays, a-t-il choisi de retourner en ECHL cet été ?
Est-ce faisable ?
Ce n’est en tout cas pas infaisable. Culturellement, ça colle. Il est francophone et cela peut être un élément de poids. Natif du Québec, il a évolué dans le même hockey qu’Halley ou Charbonneau. Il pourrait se faire une place à Angers, au sein d’un petit groupe québécois qui pourrait faciliter son intégration. La France est pour beaucoup de joueurs de la Belle Province un point de chute idéal en Europe. Angers attire pour de nombreuses raisons, alors pourquoi pas ?
III – Les valeurs sûres
Le temps d’acclimatation si le joueur arrive en décembre ou janvier est énormément réduit. Trouver des joueurs connaissant les patinoires européennes et le style de jeu qui y est pratiqué pourrait aider.
- Brett FINDLAY, CAN / 33 ans / Centre / Ailier Gauche / 1m83 – 86kg
Après avoir été un élément fiable en ECHL et en AHL, Findlay a fait ses preuves dans pas mal de championnats européens. Il a passé les 7 dernières années à produire de manière régulière en ICEHL, en DEL ou encore en Slovaquie.

Ses forces
- Son playmaking : Findlay est intelligent et sait comment créer du jeu, par un tir ou une passe. Il voit, analyse et mène le jeu. C’est un joueur qui bonifie ses comparses.
- Sa polyvalence : Si sa place de choix est au centre, il est aussi très bon à l’aile. C’est quelque chose de non négligeable quand on cherche à équilibrer les lignes.
- Sa constance : Findlay a produit pas loin d’un point par match dans presque tous les championnats ou il est passé. C’est un travailleur, qui ne lâche rien et qui passe rarement à travers ses matchs.
Ses faiblesses
- Sa vitesse : Findlay n’a jamais été le plus rapide et compte en général plus sur sa lecture du jeu et son positionnement que sur des accélérations fulgurantes. Il est loin d’être un mauvais patineur, mais ce n’est pas son arme principale.
- Sa discipline : Sans être le vilain petit canard, il lui arrive de prendre des pénalités inutiles et un peu stupides.
Est-ce faisable ?
C’est l’une des pistes les plus logiques. Il était d’ailleurs dans ma short-list de centres à surveiller avant que le staff annonce Kerbashian. Paredes aime bien le joueur, et il a des connexions avec les Ducs : Donaghey, Torquato, Bardaro… Il est actuellement sans club, et s’adapterait bien dans le vestiaire angevin. Il coche beaucoup de cases et représente un peu un plan « zéro risque ».
- Ryan OLSEN, CAN / 30 ans / Centre / Ailier Droit / 1m88 – 88kg
Ryan Olsen a longtemps gravité dans le système américain sans jamais vraiment y percer. Il s’est ensuite exporté en ECHL où il a été dominant, puis en Allemagne (DEL et DEL2). Ses dernières saisons en Europe sont plutôt encourageantes, même si son contrat au sein du Düsseldorfer EG a tourné court cette saison.

Ses forces
- C’est un agitateur : Olsen est un joueur qui arrive à rentrer dans la tête de ses adversaires. Il provoque, joue physique, le genre de joueurs qu’on déteste affronter mais qu’on adore avoir dans ses rangs. Ce sont souvent des joueurs très efficaces en playoffs.
- Sa présence physique : Il joue physique, remporte des duels, se fait sa place devant le filet pour masquer le gardien, dévier, récupérer des rebonds… Tout le sale boulot.
- Sa polyvalence : Souvent dans les meilleurs de ses championnats aux engagements, il peut évoluer au centre mais est aussi très à l’aise à l’aile. Il est aussi utilisable tant en PP qu’en PK.
Ses faiblesses
- La discipline : C’est souvent le mauvais côté de ce genre de joueurs. Avec 288 minutes de pénalité en 195 matchs en Allemagne, il flirte souvent avec les limites et n’hésitera pas non plus à jeter les gants.
- Son patinage : Ce n’est pas le plus grand des patineurs. Il compense par d’autres angles et s’est bien adapté au jeu européen, mais sur des équipes plus rapides et fines, il devra réussir à faire preuve de plus de patience.
Est-ce faisable ?
Oui. C’est même une piste tout à fait crédible. D’une part, la barrière financière n’est pas infranchissable : les standards salariaux en DEL2 sont souvent équivalents à ce que peut proposer un club du haut de tableau en Ligue Magnus comme Angers. D’autre part, étant actuellement sans club, il est disponible immédiatement, sans indemnité de transfert et potentiellement à un coût plus bas. Sportivement, le mariage est logique. Les angevins sont talentueux mais manquent de « méchanceté ». Olsen apporterait cet élément manquant, ce côté fouine capable de pourrir la vie de l’adversaire, rappelant certains rôles qu’avait Wilkins l’an dernier.
- Giorgio ESTEPHAN, CAN | 28 ans | Centre / Ailier Droit | 1m83 – 89kg
Estephan a évolué quasiment toute sa vie au Canada avant d’essayer les Etats-Unis puis partir pour l’Europe et plus précisément l’Extraliga Tchèque, dont le niveau n’est plus à prouver. Après deux ans à Litvinov, il est recruté en Liiga mais finit par retourner en Tchéquie chez Mountfield.

Ses forces
- Son playmaking : Il est intelligent, a de jolies mains et sait créer du jeu. Il sait ralentir, trouve des lignes de passe difficiles et peut gérer un PP de A à Z.
- Sa créativité : C’est un joueur d’une grande finesse. Il peut « dribbler », feinter… C’est un joueur créatif et technique.
Ses faiblesses
- Son patinage : Ce n’est pas une formule 1, mais ça passe. Ni très explosif, ni très rapide, ça peut être problématique si on lui demande d’être à fond sur le forecheck. Moins utile en infériorité numérique donc.
- Son engagement physique et défensif : Il n’ira jamais mettre des boîtes, et n’aime pas trop les combats dans les bandes. Il a besoin de coéquipiers pour lui créer de l’espace et aller gratter des palets afin qu’il puisse créer du jeu. Défensivement, il peut parfois sembler un peu feignant.
Est-ce faisable ?
C’est un profil qui viserait en temps normal des ligues un peu plus huppées. Mais la réalité actuelle change la donne : il n’a pas de club en décembre, cherche donc et représente une opportunité immédiate. Son agence possède aussi des connexions en France, et a notamment placé Brodie Reid à Angers il y a deux ans.
IV – Le pari
J’ai hésité à inclure ce joueur, et quand je m’y suis décidé, je ne savais pas trop où le mettre. Il a donc sa propre catégorie, qui lui va bien : soit il explose tout, soit il rentre chez lui.
- Hank CRONE, USA / 27 ans / Ailier Gauche / 1m75 – 75kg
Crone a connu une saison complètement folle. En 2022-23, il inscrit 105 points en 69 matchs sur sa première saison en pro, empochant par la même occasion le trophée de MVP et de Rookie de l’année. Ses saisons suivantes étaient moins spectaculaires mais il restait tout de même au dessus du point par match. Il a signé à Olten cet été mais le club et lui ont mis fin à son contrat avant même le début de la saison régulière. Il est de retour en ECHL depuis.

Ses forces
- Son playmaking : Il est doué. Tout simplement. Il monopolise le palet, voit des lignes de passe impossibles à voir, crée du jeu et du danger dans toutes les situations… Il peut aussi gérer un PP tout seul, comme un grand.
- Son patinage : comme souvent pour les petits gabarits, Crone est rapide, agile et explosif. Il parvient à se créer de l’espace non seulement grâce à sa technique, mais aussi grâce à ses pieds.
- Sa créativité : Sa créativité est son facteur X. Il surprend souvent ses adversaires et peut débloquer des situations. Si collectivement tout va mal, c’est le genre de joueurs à aller chercher un but en solo pour remotiver les troupes.
Ses faiblesses
- Le jeu sans palet : Défensivement, c’est léger. Très léger. Face à des adversaires plus physiques ou sur des situations tendues défensivement, il sera loin de briller.
- L’adaptation : Le gros point d’interrogation. Il signe en Suisse, et s’enfuit ensuite. Pourquoi ? Le communiqué du club évoquait des attentes différentes, mais cela cache souvent autre chose. Mal du pays ? Mésentente ? Comportement de diva ? S’il n’a pas tenu à Olten, tiendrait-il à Angers ?
Est-ce faisable ?
Techniquement, oui. Les joueurs en ECHL ont très souvent des clauses de départ vers l’Europe si une opportunité se présente. Après ses étranges débuts en Suisse, il pourrait avoir envie de prouver ses talents ailleurs sur le vieux continent. Le potentiel est là, mais le risque aussi. On est loin du joueur sûr et fiable sur tous les aspects. Mais si on cherche un pur talent offensif, alors ça se tente.
V – Mon power ranking
- Casey Bailey
Gros gabarit, responsable dans les deux sens, leader, expérimenté et finisseur. C’est le choix « logique » pour le numéro 1, on renforce ce qu’on a déjà et on comble des manques.
- Ryan Olsen
Angers aurait bien besoin d’un « garde du corps » capable de jouer au hockey. Olsen va faire le sale boulot devant le filet, masquer le gardien et marquer les « buts poubelles » que les playmakers ne marquent pas. Il apporte aussi un peu de méchanceté qui manque à l’effectif.
- Brett Findlay
Pas le nom le plus flashy mais c’est un jouer expérimenté, productif, polyvalent et qui sait s’adapter partout. Il stabiliserait et renforcerait n’importe quelle ligne.
- Todd Burgess
Droitier, polyvalent, responsable, intelligent. Il pourrait aussi reformer son duo avec Kerbashian. C’est un recrutement qui ne ferait pas énormément de bruit mais qui renforcerait l’équipe à coup sûr.
- Thomas Caron
Jeune, talentueux et puissant. Son intégration humaine serait facilitée grâce au vestiaire francophone. Un power forward en plein développement qui ferait du bien à l’effectif.
- Michael Dal Colle
J’aime beaucoup ce joueur. Ses capacités à gagner et garder le palet seraient très utiles dans l’équipe. Sportivement, il est sans doute numéro 1, mais vu le CV, le dossier semble bien difficile et c’est donc compliqué de le mettre plus haut.
- Nick Ritchie
Si on met de côté l’aspect un peu déviant du bonhomme, c’est ce qu’il faut : un gars qui finit les actions, brise la défense, fait le ménage, et complète le top-9.
- Liam Finlay
Le joueur est talentueux, mais rajouter un autre petit gabarit rapide et créatif comme le sont déjà plusieurs joueurs comme Centazzo ou Charbonneau me semble un chouia risqué.
- Giorgio Estephan
C’est un joueur fin, droitier et intelligent. Il n’est cependant pas le plus responsable défensivement. Au bout du compte, les Ducs ont-ils besoin d’encore plus de créativité ou d’un joueur capable de tuer le match ?
- Hank Crone
Même si j’adore le joueur, le risque d’adaptation est grand. En plus de ça, il a besoin du palet pour exister. Et en général, il n’y a qu’un palet sur la glace. Aligné avec un Centazzo, un Kerbashian, un Halley ou un Charbonneau, qui le prend ?
Reste maintenant à Jonathan Paredes et Simon Lacroix d’avancer leurs pions. Entre la sécurité d’un Bailey, la hargne d’un Olsen ou les talents à développer comme Caron, les options sont là. Une chose est sûre, c’est que face à leur malchance et s’ils veulent continuer de prétendre à la coupe, les Angevins devront se renforcer. En attendant, si l’un de ces noms finit dans l’effectif, souvenez-vous : vous l’aurez lu ici en prem

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