Comme on dit souvent : Le classement ne ment pas. Et pourtant, dans un sport aussi rapide que le hockey sur glace, la lecture brute d’un tableau peut parfois être trompeuse. Après 30 journées de championnat, alors que l’on commence à distinguer le classement final, faisons ensemble l’effort de dépasser une simple lecture de victoires et de défaites pour comprendre ce qu’il se passe réellement sur la glace.
I. LA VRAIE HIERARCHIE DES EQUIPES
La meilleure chose à faire pour dissocier une équipe « saine » d’une équipe en sous ou « surperformance », c’est de réussir à faire la part des choses entre le processus, ou la façon de faire disons, et le résultat. Pour déterminer qui est quoi, il est intéressant de mesurer le Corsi%, l’indice de possession, et les xGF%, la qualité des occasions réparties sur un match. Une fois cette chose faite, on peut alors découper la ligue en trois catégories :
- Les véritables leaders
Sans grosse surprise, les leaders incontestés sont les Brûleurs de Loups de Grenoble, qui affichent 60% de Corsi et environ 60% des xG à chaque match. Sur le papier, Grenoble est une machine offensive bien rôdée qui affiche aussi un différentiel de +1.21xG Net par match. Pour vulgariser cette dernière partie de phrase, il faut comprendre que statistiquement, Grenoble part avec un peu plus d’un but d’avance sur ses adversaires avant même que le match ne commence. Pour faire encore plus simples : ils dominent. Mais attention : Grenoble est en surrégime offensif avec une réussite au tir de 12.5% (la plus haute de la ligue) et surtout 21.4 buts marqués de plus que prévu (Buts vs xG). Statistiquement, cela finit toujours par s’équilibrer à un moment ou à un autre, même si leur place sur le podium est globalement inévitable.
Juste derrière viennent Rouen et Angers qui affichent, sur le papier encore, des profils très similaires avec respectivement +0.88xG Net et +0.84xG Net ainsi que 55% et 54% de Corsi par match, mais qui sont aussi très différents. Angers est en réalité l’équipe la plus saine et logique du top 3. Ils marquent grosso modo ce qu’ils créent avec un différentiel de +3.5 buts vs xG sur la saison tandis que Rouen montre une grosse surperformance avec +16.1 buts sur leurs xG créés. Les Dragons sont solides, c’est certain, mais ils bénéficient aussi de beaucoup de réussite, ce qui gonfle leurs résultats. Statistiquement et à ce stade de la saison, les Ducs présentent le modèle statistique le plus durable pour les playoffs, ne dépendant pas d’une surperformance mais simplement de leur structure pure.
- Le vrai milieu de tableau
Concrètement, et si les seuls paramètres pour monter et descendre dans le classement étaient les statistiques avancées, alors on trouverait ici trois candidats très proches pour le Top 4-5-6. Je me dois d’ouvrir le bal avec les Rapaces de Gap, aujourd’hui lanterne rouge du championnat. Pour faire simple : c’est la plus grosse anomalie statistique de ces dernières années. Sur la glace, Gap devrait être une équipe de Top 6. Avec 53% de Corsi, ils dominent globalement le jeu, presque autant que les Rouennais et les Angevins, mais présentent un problème énorme : la finition.
Sur ce point, c’est tout bonnement catastrophique. Ils affichent le pire taux de conversion de la ligue avec 6.86% et ont marqué 36.5 buts de MOINS que ce qu’ils auraient dû. S’ils avaient une finition simplement moyenne, il faudrait donc ajouter une trentaine de buts à leur total, de quoi les positionner bien plus haut dans le classement. A l’instar de Bordeaux en début de saison, une équipe ne reste jamais aussi maladroite jusqu’au bout et ils pourraient remonter d’un coup, même si la date limite approche à grands pas. Il faut simplement que la « routourne tourne ».
Il faut maintenant parler de Bordeaux et Cergy. Avec 57% de Corsi, les Boxers sont la deuxième équipe la plus dominatrice de la ligue, derrière Grenoble. En plus de ça, ils bombardent les gardiens adverses avec plus de 63 tirs tentés par match, très proche des Grenoblois encore une fois. Et pourtant, ils atteignent un total de xG moyen et +0.34xG net par match. Cela explique peut-être une stérilité offensive trop présente avec -9.6 buts par rapport à leurs occasions. Pour les Jokers, c’est l’inverse. Ils concèdent le palet, affichant 47% de Corsi, mais sont dangereux quand ils ont la possession. Cergy affiche +0.23xG Net par match, avec un volume de tirs bien plus faible que Bordeaux. Malheureusement pour eux, ils souffrent aussi d’un manque de réussite devant la cage avec -13.2 buts sur leurs xG. Ils jouent les contre, et même s’ils remontent en ce moment offensivement, ils ne sont pas assez récompensés
Dernière équipe de cette catégorie, les Spartiates sont l’équipe la plus équilibrée de la ligue avec 50.4% de xGF% et un différentiel de buts attendus quasi nul. Défensivement, ils sont costauds avec seulement 2.97 xG concédés par match, ce qui en fait la 4e meilleure défense réelle du championnat, la seule capable de « tenir le rythme » du top 3. Devant, ils affichent un léger bonus de finition avec +1.2 but sur leurs xG, leur soucis, c’est qu’ils créent peu.
- La bataille statistique pour la 8e place, et le vrai bas de tableau
Pour la 8e place, Nice et Amiens sont très proches. Avec -0.27 et 0.37xG Net par match, ils ne se font pas écraser, mais s’enfoncent tout de même petit à petit. Les Aigles font jeu égal sur la possession avec 50% de Corsi. Leur problème se situe surtout dans la qualité des chances qu’ils concèdent à leurs adversaires. Ils manquent aussi d’efficacité offensive avec -4 buts sur leurs xG. Pour les Gothiques, c’est un peu plus sévère : leurs 45% de Corsi montrent qu’ils courent un peu plus après le palet, et manquent cruellement de réalisme, affichant un gros déficit de -17.2 buts par rapport à leurs xG.
Les Diables Rouges ressemblent statistiquement à Nice, avec un Corsi de 50%. En théorie, ils font jeu égal à la possession. Mais si les Diables Rouges sont « OK » sur la possession, ils ne pénètrent pas assez dans les défenses adverses et laissent des trous en défense, concédant un déficit de -0.46xG net par match.
Nous parlions, tout à l’heure, des Rapaces qui jouent assez bien mais ne marquent pas, mais pour Chamonix, il y a un cumul de négativité. Tout d’abord, ils subissent plus le jeu avec 46% de Corsi. Ensuite, ils affichent un xG net par match de -0.54, montrant une certaine fébrilité défensive. En plus de ça, leur attaque peine terriblement à finir, avec un déficit de -26.5 buts sur leurs xG. Pour eux, c’est la spirale négative complète puisqu’ils sont dominés et maladroits.
Comme lors de mon dernier article, parlons des miraculés que sont les Angloyes. Statistiquement, l’Hormadi est à la ramasse et devrait être la lanterne rouge incontestée du championnat tant ils présentent les pires indicateurs de la ligue, et je me dois de m’y attarder un peu :
- 37% de Corsi. C’est très bas. Ca signifie en gros que l’adversaire envoie deux tirs pour chaque tir Angloye.
- 4.47xG concédés par match. A titre de comparaison, Grenoble est à 2.57. Ca veut dire que chaque équipe devrait marquer entre 4 et 5 buts contre eux, au minimum, et à tous les matchs. Ils devraient donc être à environ 134 buts encaissés.
- -1.87xG Net par match. Avant même que le match ne commence, ils partent statistiquement avec deux buts pour l’adversaire. C’est énorme, et très très rare à ce niveau.
Mais comment font-ils alors pour survivre ? C’est simple : 10.8% de taux de réussite et +3.1 buts. Ils ont très peu d’occasion, mais présentent un gros taux de réussite aux tirs, le 4e meilleur de la ligue en fait et une belle réussite avec +3.1 buts sur leurs xG. Pour le coup, ils n’ont pas de problème de finition.
- Bonus : les classements statistiques
Classement statistique des attaques du championnat :
| Rang | Equipe | xGF/match | Buts/match | Différentiel |
| 1 | Grenoble | 3.79 | 4.57 | +0.78 |
| 2 | Angers | 3.65 | 3.77 | +0.12 |
| 3 | Rouen | 3.55 | 4.28 | +0.73 |
| 4 | Gap | 3.52 | 2.3 | -1.22 |
| 5 | Bordeaux | 3.5 | 3.19 | -0.31 |
| 6 | Cergy | 3.47 | 3.03 | -0.44 |
| 7 | Briançon | 3.2 | 2.77 | -0.43 |
| 8 | Amiens | 3.19 | 2.66 | -0.53 |
| 9 | Chamonix | 3.05 | 2.19 | -0.86 |
| 10 | Marseille | 3.02 | 3.06 | +0.04 |
| 11 | Nice | 2.88 | 2.94 | +0.06 |
| 12 | Anglet | 2.61 | 2.71 | +0.1 |
Pour les attaques, la tête de peloton est Grenoble. Ils génèrent le plus de danger et sont aussi l’équipe la plus en réussite avec +0.78 buts. Non loin derrière, les Ducs sont les plus équilibrée, créant eux aussi beaucoup de danger et convertissant à taux à peu près équivalent. Rouen, légèrement moins dominateurs mais plus en réussite ferment le podium. Le contraste est assez impressionnant avec la 4e attaque du championnat, celle des Rapaces, qui sont presque aussi dangereux que Rouen mais ne parviennent tout simplement pas à mettre au fond. Bordeaux, Cergy, Briançon, Amiens et Chamonix souffrent du même mal, réussissant à être dangereux offensivement, sans concrétiser toutes leurs occasions. Marseille et Nice sont loin d’êtres les plus dangereux devant, mais montrent un équilibre presque parfait, en somme, ils ne gâchent rien. Pour Anglet, c’est faible mais opportuniste, étant les seuls hors du top 3 à vraiment marquer plus que prévu.
Classement statistique des défenses du championnat :
| Rang | Equipe | xGA/match | ButsVS/match | Différentiel |
| 1 | Grenoble | 2.57 | 2.3 | +0.27 |
| 2 | Rouen | 2.67 | 2.21 | +0.46 |
| 3 | Angers | 2.81 | 2.2 | +0.61 |
| 4 | Marseille | 2.98 | 2.78 | +0.2 |
| 5 | Nice | 3.14 | 3.34 | -0.2 |
| 6 | Bordeaux | 3.16 | 2.71 | +0.45 |
| 7 | Cergy | 3.25 | 3.17 | +0.08 |
| 8 | Gap | 3.43 | 3.67 | -0.24 |
| 9 | Amiens | 3.57 | 3.44 | +0.13 |
| 10 | Chamonix | 3.59 | 3.94 | -0.35 |
| 11 | Briançon | 3.65 | 3.5 | +0.15 |
| 12 | Anglet | 4.47 | 4 | +0.47 |
Défensivement, on retrouve globalement le même podium : Grenoble est l’équipe parvenant le mieux à museler les attaques adverses, Rouen vient juste derrière. Les Ducs obtiennent la palme de l’efficacité puisqu’ils combinent non seulement une grosse défense, mais aussi un gros gardien, encaissant de ce fait moins de buts que ce qu’ils devraient. Juste après ce podium, c’est Marseille qui pointe son nez. Avec moins de 3xG contre par match, leur qualité défensive est digne du podium. Nice et Bordeaux présentent une structure défensive équivalente en termes de statistiques, mais les Bordelais peuvent compter sur de meilleurs portiers. Et c’est à peu près pareil si l’on compare Cergy à Gap et Amiens à Chamonix. Briançon sont assez proches de l’équilibre, mais concèdent trop de danger à leurs adversaires. Une fois n’est pas coutume, l’Hormadi ferme la marche, avec quelques kilomètres de retard. Tant que Caron tient, ça tient, mais pour combien de temps ?
II. ET LES JOUEURS DANS TOUT CA ?
Si analyser les équipes dans leur ensemble est primordial, plonger dans les individualités l’est tout autant. Alors qui sont les joueurs les plus importants de la ligue ?
- Les plus dangereux (xG)
Marquer des buts, c’est important. Mais il arrive parfois que des joueurs soient dangereux mais en manque flagrant de réussite, ou alors que leur tir génère un rebond, un mouvement, sans pour autant qu’il finisse au fond. Faut-il les ignorer pour autant ? A ce petit jeu, Kieran Craig (Amiens) est le roi. Avec un total de 14.5xG, il est le joueur le plus dangereux après 30 matchs. On retrouve dans son sillage Teemu Pulkkinen (Gap) avec 13.8xG et Luke Santerno (Gap) avec 12.5xG.
Leur présence sur le podium confirme ce que nous évoquions plus tôt : les Rapaces sont dangereux mais manquent de réussite. Du côté de Cergy, deux joueurs s’imposent dans le top 10 : Sayam Limtong (12.8xG), en manque de réussite, et Ben Sokay (13.8xG), qui est lui l’un des attaquants les plus efficaces face à la cage. Les québécois Philippe Halley (Angers), Christophe Boivin (Grenoble), Tommy Giroux (Bordeaux) et Simon Lafrance (Rouen) sont constants avec respectivement 12.7, 12.2, 11.8 et 11.8xG. Le chamoniard Malo Ville reçoit de son côté la palme de la malchance : avec 12.8xG sur la saison, il n’a réussi à trouver le chemin des filets que par 4 fois.
- Les architectes de la dernière passe (passes vers le slot)
C’est souvent arrivé par le passé qu’un joueur se retrouve dans le haut du classement des pointeurs avec beaucoup d’assistances secondaires. Ici, et pour essayer d’éviter ça, on va se concentrer sur la capacité qu’ont certains joueurs de trouver leurs collègues dans la zone la plus dangereuse : le slot. Le roi sur ce classement, c’est Tommy Giroux avec 52 passes vers l’enclave depuis le début de la saison. Mais le joueur le plus surprenant dans ce classement est sans nul doute le dauphin, avec 48 passes : Jérémy Beaudry. C’est un chiffre exceptionnellement élevé pour un défenseur qui le place devant presque tous les attaquants de la ligue. Un autre bordelais, Pier-Olivier Morin, figure aussi dans le top avec 35 passes vers le slot.
Deux angevins viennent ensuite : Jonathan Charbonneau et Philippe Halley, avec respectivement 45 et 44 passes. Charbonneau est en fait celui qui réalise ce genre de passes le plus fréquemment si l’on rapporte ça au temps de jeu avec 5.9 passes vers le slot/60mn. Dans le reste de la ligue, d’autres joueurs s’illustrant par ce biais : Sean Richards (Amiens), Alexandre Lavoie (Marseille avant, Rouen maintenant), Simon Lafrance (Rouen), Matthew Barnaby (Briançon)…
- Les snipers (différentiel buts vs xG)
Ici, on retrouve soit les chanceux, soit les véritables buteurs. Et encore une fois, on retrouve Jérémy Beaudry qui, non content d’être devant bon nombre d’attaquants sur les passes vers l’enclave est aussi le joueur le plus en réussite sur les buts avec 15 buts pour 7.6xG générés, une surperformance de +7.4. Un autre bordelais est très en réussite avec +4.6 : William Pelletier.
On peut retrouver beaucoup de Grenoblois en haut de ce classement. Sacha Treille (+5.9), François Beauchemin (+5.2) et Christophe Boivin (+4.8), rejoint par le jeune Matias Bachelet (+4.4), sont en haut du classement. Ils marquent tous entre 4 et 6 buts de plus que leurs espérances statistiques, preuve d’un talent de finition bien supérieur à la moyenne, ou d’une chance insolente.
Orrin Centazzo, à Angers affiche aussi un différentiel très élevé avec +6.8, faisant de lui l’attaquant le plus en réussite du championnat. Côté Rouennais, Anthony Rech affiche un différentiel de +5.7. Enfin, il faut souligner la performance des Niçois Louis Cirgues (+5.5) et Jesper Larinmaa (+5.0). Dans une équipe qui crée moins que les leaders, ils réussissent à figurer en haut d’un classement offensif.
- Ceux qui font pencher la balance (Net xG et Corsi)
Une statistique très importante et intéressante quand on parle de l’influence réelle d’un joueur sont le Net xG et le Corsi. Pour simplifier, elle mesure si l’équipe domine ou subit du danger lorsqu’un joueur est sur la glace. Avec un différentiel de +18.8xG et 63.3% de Corsi, Christophe Boivin est au top. Ces chiffres indiquent que quand il est sur la glace, Grenoble domine de la tête et des épaules à chaque fois. Il n’est cependant pas le seul dans ce cas de figures. A Angers, Orrin Centazzo se distingue avec un différentiel de +17.2 Net xG et 55.1% de Corsi, prouvant qu’il est plus qu’un buteur. Même chose pour Ben Sokay à Cergy avec +16.8 Net xG et 53.3% de Corsi.
Il existe cependant une anomalie dans ce top, puisque si voir des grenoblois ou des rouennais en haut de ce classement est logique, voir Daniels Murnieks juste après le podium est plutôt surprenant. Mais ce n’est pas une erreur, le letton gapençais réalise une énorme saison dans l’ombre, affichant un différentiel de +16.2 Net xG et un Corsi exceptionnel de 62.1%.
J’en parlais plus haut, voir des grenoblois et des rouennais dans ce top, c’est normal. Alors parlons d’eux. Anthony Rech est sûrement le meilleur attaquant des Dragons cette saison avec +16.1 Net xG et 57.9% de Corsi. A Grenoble, François Beauchemin (+15.9 Net xG et 61.5% de Corsi) et surtout Guillaume Leclerc s’imposent fortement. Pour ce second, c’est simple, il possède le meilleur corsi de la ligue avec 66.3%.
- Les voleurs et les bloqueurs (vols de palet et blocages de tir)
Pour défendre, deux éléments importants à analyser sont les « takeaways », les vols de palet ainsi que les blocages de tirs. Sur ce premier point, un défenseur Niçois est en forme, puisque Samuel Régis est en tête avec 319 récupérations de palet cette saison, soit 28.1/60mn. Derrière lui vient, encore une fois, Jérémy Beaudry. Déjà présent comme meilleur passeur et finisseur, le défenseur bordelais se classe deuxième meilleur voleur/récupérateur de la ligue avec 281 récupérations. Il est talonné de très près par Vincent Melin (Cergy), troisième avec 279 vols. Juste après vient l’angevin Vincent Llorca avec 274 vols, juste devant Colin Morillon (269). Pilier de la défense picarde, Aleksandar Magovac affiche 266 vols de palet.
Bloquer une rondelle de caoutchouc balancée à plus de 100km/h demande du courage, et ce dernier geste défensif est souvent douloureux. Arnaud Faure (Anglet) y est champion, avec 88 tirs bloqués, le plaçant loin devant le second, Kyle Pouncy (Briançon) avec 68 blocages. Le podium est complété par un ex-aequo : Mathieu Mony et Vincent Melin, tous deux à 64 tirs bloqués. Viennent ensuite Dimitri Mikroganniakis (Gap) avec 63 blocs, Fabien Bourgeois (Marseille) avec 62 blocs, Camil Durand (Chamonix) avec 59 blocs et Aleksandar Magovac (Amiens) avec 58 blocages de tirs.
- Les maîtres du cercle (faceoffs)
Gagner un match débute dans le cercle. Dans ce secteur, Rouen se distingue nettement par la profondeur de son effectif. Les Dragons ont l’avantage d’aligner trois des meilleurs centres de la ligue sur les faceoff : James Phelan (60.2%), Michael Regush (58.6%) et Julien Tessier (57.8%). Cette densité permet au club normand de dominer la majorité des mises au jeu, peu importe la ligne envoyée sur la glace, garantissant un contrôle fréquent de la rondelle dès le début.
Toutes les mises au jeu ne se valent cependant pas, et gagner une mise au jeu est d’autant plus important en zone défensive. Là-dessus, c’est Kim Strömberg (Marseille) qui est le plus efficace du championnat avec 60% de réussite devant sa propre cage. Il devance l’Amiénois Kieran Craig qui se révèle cependant très solide dans ses engagements en zone défensive avec 59.3%. Ce classement révèle aussi la fiabilité des travailleurs de l’ombre comme Adel Koudri (Grenoble, 56.8%) et la belle surprise Joseph Broutin (Chamonix, 56.6%), très précieux pour les Pionniers dans cet exercice spécifique.
Enfin, et puisque la régularité est primordiale pour les joueurs les plus sollicités, le Grenoblois Fredric Weigel, qui est l’un des joueurs qui disputent le plus d’engagements dans la ligue avec 580, affiche un taux de réussite élevé de 56.9%. À Gap, le Letton Daniels Murnieks réalise une saison monumentale au cercle : 56.8% sur 674 duels. À Anglet, Alexei Polodyan affiche une fiabilité similaire avec 55.6% sur 545 engagements.
III. CONCLUSION
Ce bilan statistique après 30 matchs permet d’y voir un peu plus clair. Si le trio de tête formé par Grenoble, Rouen et Angers semble intouchable, les dynamiques sous-jacentes révèlent tout de même des fragilités et des forces surprenantes. D’un côté, nous avons les équipes « saines » que sont Angers et Marseille affichent des résultats collant parfaitement à ce qu’ils montrent sur la glace. De l’autre, on retrouve pas mal d’anomalies avec, par exemple, Bordeaux et Gap, dominants dans le jeu mais souffrant de malchance chronique (même si ça va mieux pour les Boxers) ou Anglet qui défie toute logique mathématique.
A quoi s’attendre pour la fin de saison ? Selon notre modèle Plan de Match-NLIce Data, Rouen et Angers devraient devancer les Brûleurs de Loups tandis que la lutte pour la 8e place et le maintien s’annonce véritablement féroce entre plusieurs équipes aux profils diamétralement opposés. Retrouvez ici notre projection de classement actualisée :
| Rang | Equipe | Points |
| 1 | Rouen | 99 |
| 2 | Angers | 96 |
| 3 | Grenoble | 95 |
| 4 | Bordeaux | 80 |
| 5 | Marseille | 71 |
| 6 | Nice | 63 |
| 7 | Amiens | 59 |
| 8 | Briançon | 57 |
| 9 | Chamonix | 47 |
| 10 | Anglet | 44 |
| 11 | Cergy | 44 |
| 12 | Gap | 40 |