APRÈS L’EMPREINTE LAISSÉE PAR 2024-25, QUI A VU LES DUCS BATTRE UN RECORD, SOULEVER LA COUPE DE FRANCE ET ATTEINDRE LA FINALE DU CHAMPIONNAT, L’ÉQUIPE ABORDE 2025-26 AVEC UN CAPITAL DE CONFIANCE RARE ET UNE CIBLE DANS LE DOS. LE CADRE, DÉJÀ POSÉ L’AN DERNIER, DEVRAIT RESTER SOLIDE : LA « DALLE » EST ASSUMÉE ET LES SUPPORTERS EN VEULENT PLUS. MAIS AU-DELÀ DU SOUVENIR, SERONT-ILS CAPABLES DE REPRODUIRE LA MÊME INTENSITÉ, LES MÊMES RÉSULTATS, OU MEME DES LES SURPLOMBER ?
La saison dernière fut plutôt réussie – elle fut certainement aussi la plus agréable des Ducs à suivre depuis un bout de temps, à bien des égards – mais elle a aussi laissé un goût d’inachevé avec cette défaite 4 matchs à 1 face à Grenoble. Sur la glace, les deux équipes ont souvent fait jeu égal, créant une belle finale dans l’ensemble, mais la différence majeure fut sans doute la profondeur de banc. Là où les Isérois ont pu empiler les relais, Angers, meurtri par les blessures, a dû resserrer sa rotation. Au fil des semaines, la première menace est restée la même : un Brady SHAW recordman de buts en saison régulière, épaulé par ses compères de ligne, seul réel danger constant lorsque l’infirmerie s’est remplie.
Le diagnostic est clair, le traitement, logique. Pour 2025-26, Jonathan PAREDES et Zack TORQUATO ont voulu plus de profondeur sur tous les aspects. Que ce soit par le recrutement de certains jeunes, la promotion de certains autres, des trios normalement en capacité d’êtres tous crédibles ou encore une défense pouvant encaisser les back-to-back. L’objectif est simple : diluer le risque, répartir les responsabilités et faire en sorte que l’identité angevine — vitesse, transition, pression, travail — ne dépende plus de la santé de quelques cadres.
Mais au bout du compte, la préparation est difficile. La cause ? Encore une fois, un enchaînement malchanceux de blessures. Tous les joueurs n’avancent pas au même rythme puisque certains sont partis et reviendront avec une charge de travail différente, d’autres rentrent bientôt sans avoir suivi la même prépa… Les conséquences directes sont que le chef de rang de l’équipe se doit de multiplier les ajustements, tester des duos et des trios « par défaut » et la création de cohésion se retrouve de ce fait fortement ralentie. Malgré un recrutement plus fourni que d’ordinaire, il a déjà fallu ajouter un renfort, et, au vu de la fatigue qui s’installe et en prévention de problèmes qui semblent persistants, il faudra probablement recommencer pour traverser l’automne sans renier le plan de jeu.
IDENTITE ET RECRUTEMENT : QUI SONT LES NOUVELLES PIECES DU PUZZLE ANGEVIN ?
Le premier renfort étranger annoncé fut Orrin CENTAZZO. Ailier gaucher, rapide et de petit gabarit, c’est un patineur explosif, intense, et un travailleur. Malgré sa taille, il excelle dans la mêlée près du filet (déviations, rebonds), sait se rendre disponible sur la half-wall et apporte un vrai plus sur le jeu de transition. Avec une projection à 40 points (19B, 21A) et 2,26WS, il est la plus grosse projection offensive chez les Angevins.
Sur son recrutement, Jonathan PAREDES raconte :
« Au départ, on était en contact avec un joueur qui nous a recommandé son nom — à chaque fois qu’il avait joué avec lui, ça s’était très bien passé. J’ai noté le nom, sans aller plus loin tout de suite. Ce sont des périodes où on a du temps, donc on scoute aussi des profils avec qui on n’est pas encore en contact. Premier ressenti positif sur le profil, puis les vidéos ont confirmé. Les retours des coachs — notamment Dylan Stanley — étaient très favorables. Le hasard a bien fait les choses : l’opportunité est entrée dans la boîte et, disons-le, le travail était un peu mâché.
Lors du premier appel avec Orrin, on a tout de suite senti quelqu’un de très dynamique, très vivant, exactement comme sur la glace. Et, point important, on n’avait pas ce profil-là en gaucher. Quand tu construis une équipe, tu fais un puzzle : tu testes des combinaisons, tu regardes comment ça peut matcher. Là, on s’est dit qu’il pouvait fonctionner avec beaucoup de joueurs.
Concrètement, il renforce notre vitesse sur le côté gauche. Avec les retours de certains joueurs comme Balsa et la progression d’autres comme Téo qui a bien bossé, on n’est pas mal sur ce flanc. Orrin bataille, il a de la fougue, et ça se voit jusque dans nos meetings vidéo : il vit le truc, il le transpire. J’adore ce genre de passion. Comme pour tout nouveau, il y aura une période d’adaptation — normal. Mais je pense qu’il peut vraiment nous aider dans le jeu de transition. »
Suite aux départs de Brady SHAW et Matt WILKINS vers l’IceHL, une place d’ailier et une de centre étrangers se sont libérées. Plutôt que de chercher un « clone » du meilleur buteur de l’an passé, le staff a misé sur la complémentarité en recrutant là où on ne l’attendait pas : Daniel VIKSTEN. Ex-international suédois fort d’environ 400 matchs en SHL, il apporte un bagage de très haut niveau, rarissime en Magnus. Utilisé par le passé tant en Power Play qu’en Penalty Kill, il est avant tout réputé pour son tir du poignet dévastateur, mais sa lecture du jeu et ses entrées de zone contrôlées ne sont pas loin derrière. À l’approche de ses 36 ans, notre modèle le projette à 47 points (25 buts, 22 assistances) pour 1,99 WinShares.
Jonathan PAREDES détaille :
« Il arrive avec énormément d’expérience et un vécu de très haut niveau. C’est précieux pour transmettre les standards du très haut niveau — et c’est une vraie chance de l’avoir. Sur la glace, sa contribution va bien au-delà de son tir. Certes, il a un sacré lancer, mais il crée du jeu, lit bien les situations et est capable de faire beaucoup de choses. C’est aussi le genre de joueur qui, une fois en confiance, peut nous aider dans les moments compliqués : il maintient l’exigence, apporte du calme et de la sérénité, ce qui est essentiel pour l’équipe. »
Pour ce qui est du centre, j’avais mené mon enquête et avais pu établir une « short-list » de 5 centres pouvant correspondre au « style Paredes » : Chase Pearson, Trevor Gooch, Matt Marcinew, Brett Findlay et… Kale Kerbashian. C’est au final sur ce dernier que le duo Lacroix/Paredes a jeté son dévolu. Véritable fabricant de jeu, il possède de très bonnes mains, est agile, vif, avec un réel sens du timing. Plus passeur que buteur, il est aussi très bon sans le palet, notamment sur son pressing. Notre modèle projette le canadien à 42 points (16B, 26A) et 2,13 WinShares.
Le coach Paredes nous a expliqué le process :
« Au départ, on s’est d’abord renseigné sur la personne. Les cinq derniers coachs qu’il a eus ont été unanimes dans leurs retours — à tel point qu’on s’est dit : « OK, super… mais alors pourquoi ne pas le re-signer ? ». En fait s’il n’est pas resté, c’est surtout lié à une décision familiale, il ne souhaitait pas retourner dans certains pays. Il avait reçu une offre qu’il a refusée, et ça m’a conforté : c’est bien d’entendre du positif sur un joueur, mais c’est encore mieux quand ses choix confirment ce qu’on nous dit de lui.
Ensuite, on a passé en revue les centres qui pouvaient nous correspondre. Dans la liste que tu as citée, on a échangé avec certains. L’un d’eux a pris sa retraite mais je ne crois pas que ce soit officiellement annoncé. Un autre a signé très vite à Nottingham, surtout pour retrouver des amis là-bas ; c’est un joueur qui a le niveau pour évoluer plus haut. On savait de toute manière que ce n’était pas pour nous, ni pour la France. Marcinex, Nottingham aussi au final. Trevor Gooch de son côté après sa très grosse saison à Ljubjalna est passé chez Graz, et là il sera en DEL2 si je ne dis pas de bêtises. Pour moi, c’est un potentiel recrutement pour la France à moyen terme, mais pas tout de suite.
Au final, Kale coche beaucoup de cases, autant humaines que sportives, d’après tous les renseignements pris. Ce n’est pas le même style que Wilkins l’an dernier qui était plus old school et qui avait un peu un style « renard », un peu fouine, mais c’est différent, et positif. Il faut simplement laisser du temps : nouvelle culture, nouvelle ligne, nouveau coach — c’est normal. »
En clair, Kerbashian devrait apporte du liant, de la pression, et de la fluidité dans les transitions. C’est un centre « connecteur »/« playmaker » plus qu’un finisseur qui devrait gérer habilement et donner de la tenue à sa ligne.

Kale Kerbashian (gauche) et Ethan Cap (droite), joueurs des Ducs d’Angers. Saison 2025-2026, ligue Magnus.
Comme annoncé au printemps, la priorité était de conserver la majorité de l’effectif. Avec seulement trois nouveaux étrangers à l’avant, le contrat est globalement rempli : continuité, repères, automatismes. Pourtant, sur les réseaux, l’accueil des recrues demeure mitigé. En cause, deux nombres qui reviennent souvent dans les commentaires : 36 et 35, comme l’age de Viksten et Kerbashian.
Mais l’âge est-il, en soi, un problème ? Tout dépend du rôle, de la gestion des minutes et de l’historique de santé. Des profils expérimentés peuvent élever le standard quotidien (prépa, routines, détails), stabiliser les moments chauds, et servir de mentors aux jeunes sans plomber le rythme, surtout si on les entoure de patineurs à volume et qu’on cadence intelligemment les back-to-back. Côté identité, des vétérans qui décident vite et juste peuvent même accélérer le jeu : moins de déchets, plus de possession utile, et des unités spéciales mieux gérées. Nous avons posé la question directement à Jonathan PAREDES : l’âge est il un problème ?
« Franchement, je ne sais pas trop quoi répondre de définitif à ça. Dans la vie de tous les jours, je comprends que les gens se posent des questions. Mais je n’ai pas une réponse tranchée à leur apporter. Ce qui est évident, c’est qu’un Viksten tu l’as pas 28 ans en France. Après, si on veut ouvrir un débat philosophique : l’âge, c’est quoi ? Âge physique ? Âge mental ? La date de naissance pose-t-elle vraiment problème ? Je connais des joueurs très en forme à 35 ans, plus que d’autres à 25. C’est délicat, c’est un long débat. Quand on regarde les deux joueurs dont on parle : ils ont raté quelques matchs ces deux dernières saisons. On a creusé ce point : s’ils n’ont pas fait des saisons complètes ces deux dernières années, ce n’était pas à cause de blessures. Donc, pour moi, ce n’est pas un problème en soi.
On a vu des joueurs plus âgés performer. Par exemple, Chad Langlais à Gap, performant à presque 40 ans. Oui, ces deux-là font probablement partie des 15 plus âgés de la ligue, mais ils seront performants dans leur rôle. L’an dernier, Hardy à 36 ans, je ne pense pas qu’il était pas en forme. C’est toujours complexe, mais l’âge n’est pas le facteur principal. La vraie question, c’est : qu’apportent-ils au groupe ? Sur la glace et dans le vestiaire. C’est pareil dans une entreprise : on parle d’ailleurs de projets de loi pour ne plus indiquer la date de naissance sur les CV, car ça peut être discriminatoire.
Évidemment, il y a une dimension physique — comme chez un artisan : il y a de vieux maîtres très précis, et des jeunes très bons. Sur les réseaux, deux ou trois cherchent toujours le négatif. Pour être sincère, je ne regarde pas, je pense qu’il ne faut pas se focaliser là-dessus : ni sur les réseaux, ni sur l’âge.
Il faut être à l’aise avec l’équipe qu’on a et comment on la fond dans un collectif. On m’a dit : « Il faut remplacer Brady ». Mais tu ne “remplaces” pas Brady, tu changes ta manière de faire — comme pour chaque joueur : on ne copie pas, on adapte. Je suis à l’aise avec ce qu’on a. Ça ne veut pas dire qu’on sera champions en fin de saison, ni qu’on doit tirer des conclusions avant d’avoir commencé. La saison est longue, on verra. Et, en même temps, je n’ai jamais vu une équipe seulement composée de jeunes gagner un titre.
Au final, c’est un débat éternel. On ne peut pas répondre oui/non avec certitude. Il faut de la nuance : ce n’est ni un scandale, ni forcément génial — ça dépend de l’apport réel au collectif. »
Aux côtés des recrues étrangères, l’effectif s’est enrichi de trois jeunes prometteurs : Noa BESSON, Jordan HERVÉ et Fiorenzo VILLARD. Loin d’être de simples bouche-trous, ils doivent apporter profondeur, énergie et concurrence saine au quotidien. Leurs projections :
- Noa BESSON — projection 12 points (2B, 10A) | 0,2 WS
- Jordan HERVÉ — projection 20 points (7B, 13A) | 0,93 WS
- Fiorenzo VILLARD — projection 6 points (1B, 5A) | 0,4 WS
Au-delà des chiffres, l’arrivée de trois joueurs dans cette tranche d’âge est une bonne nouvelle pour Angers : elle rajeunît l’effectif, répartit la charge sur un calendrier dense, offre au staff des combinaisons variées pour maintenir l’intensité sans dépendre uniquement des cadres et prouve que l’équipe est de plus en plus attractive. Lorsque l’on demande au coach ce qu’il pense de ces arrivées, il est clair : « Je pense qu’ils vont nous apporter plus que de la simple profondeur. En les mettant au contact de joueurs qui ont connu le très haut niveau, on accélère leur progression — même s’ils ont déjà touché à ces standards dans leurs clubs précédents. Besson, avec Magovac l’an dernier (même si ce n’est pas le même poste), en a déjà bénéficié : très jeune, mais il a déjà une certaine maturité. Ça ne peut être que positif pour lui. Fiorenzo aussi, qui a connu le vestiaire de Rouen, c’est pareil : que du positif à attendre.
L’idée, c’est de les associer à des joueurs plus expérimentés, travailleurs et portés sur le détail — par exemple Praps (et d’autres dans ce profil). Ils montrent de belles choses depuis dix jours de camp, et on peut s’attendre à encore mieux. Villard c’est un joueur avec de la personnalité, très orienté détails, qui corrige vite et est très “coachable” : dès qu’un point est souligné, il le met en pratique. Et ça, depuis le premier jour du camp, c’est très bon — tant mieux. Concernant Jordan, on l’a malheureusement perdu assez vite dans le camp, lundi matin dernier, après quelques échauffourées avec Gutierrez. Ça fait partie du métier : on demande du plein engagement. Les joueurs qui me connaissent s’y préparent — parfois il faut rappeler le cadre, mais on veut que les gars soient engagés, parce que ça touche à notre identité. On ne peut pas revendiquer une identité forte sans s’entraîner en conséquence.
C’est un sujet qui me passionne : on ne peut pas seulement dire « il faut faire ». Il faut vivre ces exigences. Je suis convaincu que Jordan, quand il reviendra, nous aidera aussi. »
Dernier JFL arrivé, l’ex-capitaine des Rapaces de Gap Romain GUTIERREZ apporte exactement ce que le staff recherchait : travail, fiabilité et leadership discret. Joueur de rôle par excellence, il stabilisera le quatrième trio tout en encadrant les plus jeunes au quotidien. Solide sur les engagements, utile en PK et capable de dépanner plus haut en cas d’absence, il est connu pour son éthique et son côté acharné. Nous le projetons à 25 points (11B, 14A) pour 0,72 WinShares.
Le recrutement semblait bouclé. Puis l’avalanche de pépins a tout changé : pour sécuriser la rotation, ajouter de la profondeur et encaisser la charge physique du début de saison, le staff s’est offert un luxe rare en Magnus en ajoutant un défenseur étranger surnuméraire : Cody DONAGHEY. Auteur des deux dernières saisons chez les Cardiff Devils, ce « chouchou » du public gallois est à l’aise dans les deux sens de la glace et connaît déjà l’Iceparc — il y avait évolué aux côtés de Matt O’Connor lors de la Continental Cup 2023. Cerise sur le gâteau, notre modèle le projette meilleur défenseur de la ligue avec 2,89 WinShares et 28 points (6 buts, 22 assistances).
Même si peu de changements ont eu lieu, j’ai tenu à demander à Jonathan si les nouveaux s’intégraient bien et surtout si la dynamique du vestiaire avait changé :
« Pour répondre à toutes ces questions, l’idée n’est pas de résumer mais bien de tout prendre en compte. Concernant l’intégration des nouveaux, elle se fait naturellement par le travail — sur la glace et via la vidéo — mais aussi grâce à une transmission de la part des joueurs qui étaient déjà là la saison dernière. Cette transmission vers les nouveaux favorise les échanges et la cohésion. C’est l’un des deux leviers principaux, avec notre travail quotidien. À cela s’ajoute une demande récente et explicite de renforcer cette transmission, parce que le groupe n’est pas encore “arrivé” : on avance étape par étape. Il ne faut pas oublier non plus les rappels nécessaires pour tout le monde. Quatre mois, c’est long : il peut y avoir des oublis ou de la précipitation. On veut repartir du même point, mais il y a des bases et des gammes à retravailler.
Concrètement, on met tout cela en place tranquillement, notamment à travers la vidéo. On a déjà fait plusieurs séances récemment, juste avant puis après le match de Rouen. Ce match nous sert de référence pour travailler avec des images propres à l’effectif version 2025–2026.
L’objectif est d’accumuler un maximum d’images sur les sept matchs de préparation (et plus) afin de faire les rappels nécessaires aux anciens et de donner toutes les indications utiles aux nouveaux. »
NOUVELLE PAGE, MEME LIVRE : RECAPITULONS LES PROLONGATIONS DE CONTRAT
Nous l’évoquions plus tôt, la saison dernière fut réussie et la logique a donc suivi d’elle même : beaucoup de joueurs ont voulu rester et le club en fut satisfait puisqu’ils ont quasiment tous été prolongés. Continuité des repères, maintien de l’identité, transmission facilitée et conservation des automatismes bâtis tout au long du printemps : l’idée n’était donc pas de tout reconstruire et réinventer mais bien de répéter les succès. Ces prolongations dessinent donc un vestiaire stable, chose importante pour Paredes, afin de capitaliser sur la base qui a prouvé, d’ajuster, et de se donner les moyens de repartir vite sans perdre le fil. Place au récapitulatif des joueurs reconduits et à ce qu’ils apporteront au projet 2025-26.
Sans surprise, le duo de leaders formé par Robin GABORIT et Philippe HALLEY a été prolongé, stabilisant ainsi l’un des fils conducteurs de l’an dernier. Robin fait partie des murs à Angers et incarne bien l’esprit du collectif : exigeant, travailleur, positif, fédérateur, c’est un capitaine naturel pour l’équipe. Halley, de son côté, est moteur offensif, un travailleur hors pair et un métronome technique, capable de créer de l’espace et de fixer des repères, tout ça de façon constante. Une complémentarité réelle dans le leadership puisque l’un fédère et stabilise tandis que l’autre bonifie et accélère. Leur prolongation permet de garantir une continuité dans l’identité de l’équipe et, accessoirement, d’éviter un chantier délicat. Nous les projetons respectivement à 23 points (11B, 12A) pour 1,02WS et 41 points (16B, 25A) pour 2,15 WinShares.
Autre élément important de l’offensive angevine, Nicolas RITZ rempile pour une 5e saison au cours de laquelle il prouvera sûrement encore qu’il demeure l’un des meilleurs centres two-way français de la ligue. À l’aise dans les deux sens de la glace, fiable sur les face-off, il assume des minutes lourdes défensivement, tant à égalité numérique qu’en infériorité, est aussi utilisé sur le PP et joue son rôle avec intelligence tout en pouvant, si besoin, glisser en défense. Nous le projetons à 25 points (12 buts, 13 assistances) pour 1,3 WS, un rendement cohérent avec son rôle.
Jonathan CHARBONNEAU, qui a signé pour deux ans l’an dernier, est logiquement de retour cette saison. Petit gabarit mais gros moteur, c’est un travailleur acharné capable de charbonner fort dans les bandes, capable de générer énormément d’offensive et possédant un vrai sens du but. Sa blessure en fin de saison dernière a laissé un vide et il devrait revenir après le début de saison, avec l’espoir d’un retour en pleine forme. Vrai danger sur le PP, il pourrait rapidement ajouter de la contenance à la ligne qu’il rejoindra et formait un très bon duo avec Halley. Projection : 45 points (20B, 25A) pour 2,22 WS.
Autre prolongation non négligeable, celle de Cédric DI DIO BALSAMO, qui est une excellente nouvelle pour l’identité des Ducs. Probablement l’un des joueurs les plus rapides de la ligue, il parvient à créer de l’espace par ce biais et peut provoquer des entrées de zone éclair, lorsque son contrôle du palet ne lui fait pas défaut. En dépit d’une belle frayeur la saison passée après une très vilaine chute qui aurait pu être lourde de conséquences, sa complémentarité avec Halley et Charbonneau fut très bonne. Il peut être aussi utilisé sur des trios plus défensifs pour les mêmes raisons qu’en infériorité numérique : un forecheck agressif, une bonne lecture des passes et une vitesse élevée pouvant créer des contre-éclairs. Nous le projetons à 25 points (14B, 11A) et 1,38 WinShares.
En attaque, la prolongation la plus attendue était sans doute celle de Sami TAVERNIER. Attaquant puissant aux qualités techniques nettes, gros patineur qui gagne ses duels et sait être un véritable poison pour ses adversaires, il décide vite, est un énorme compétiteur et reste responsable défensivement, ce qui explique son usage fréquent dans toutes les situations possibles. Sa projection actuelle (33 points,11B et 22A pour 0,98 WS) doit être lue avec prudence : longtemps cantonné à des rôles défensifs par le passé, le modèle traîne un biais qui sous-évalue son potentiel offensif réel. Fait parlant, l’indicateur a été multiplié par six par rapport à l’an dernier et il devrait encore s’actualiser au fil de la saison, à mesure qu’il enchaînera des minutes offensives de qualité et que ses prises d’initiative seront mieux reflétées par les données.
Téo SARLIEVE fait partie des prolongations à surveiller de près. En progression année après année, il entre tout juste dans son prime et a énormément travaillé cet été : patinage, musculation, technique… Il a aussi montré par le passé qu’il savait marquer dans les moments clés. Autant d’indices d’un joueur qui pourrait exploser cette saison ou la prochaine et s’imposer comme un réel choix de top-6. Notre modèle le projette à 25 points (11B, 14A) pour 1,32 WS.
Marius SERER a lui aussi rempilé, et c’est un choix qui ne fera pas l’unanimité chez certains, mais dont la valeur d’utilité est réelle. Pas le plus flashy ni le plus productif, il remplit un rôle d’énergie défensive précieux : forecheck constant, récupérations le long des bandes, changements courts et intenses, relances simples… Utile en quatrième trio et en PK, il est souvent décrit comme une plaie par ses adversaires, et sa polyvalence (ailier/centre) ainsi que son expérience font de lui un joueur de rôle important. Projection : 6 points (2B, 4A) et 0 WS.
Reformée pour 2025-26, la paire Ethan CAP – Matt PRAPAVESSIS offre un équilibre idéal. Cap est le pilier défensif : solide devant la cage, box-out propre, premières passes sûres et zone défensive couverte. Ces qualités autorisent Praps à jouer sur ses forces offensives, tant dans la relance, le tir que la passe ou encore les changements d’angles autour de la bleue. Ils se complètent très bien et ont formé l’an dernier l’un des meilleurs duos du championnat, qui n’a par exemple pas été pour rien dans la qualification face aux Boxers de Bordeaux. Nous les projetons respectivement à 14 points (2B, 14A) pour 1,62WS et 33 points (7B, 26A) pour 2,53WS.
Le deuxième duo défensif formé par Jere ROUHIAINEN et Lucien ONNO a lui aussi rempilé, mais Lucien ONNO, touché au genou la saison passée et victime de complications, ne sera finalement pas disponible avant un bon moment. Son partenaire deviendra donc sûrement Cody DONAGHEY. De son côté, Jere ROUHIAINEN reste une valeur sûre : défenseur two-way très fiable, propre dans ses premières passes, solide en lecture et en transition, régulièrement classé dans le Top 10 des défenseurs de la ligue. Nous projetons le finlandais à 27 points (8B, 19A) et 2,11 WinShares.
Pareil pour la troisième paire, elle reste en place. Cependant, Neil MANNING s’est blessé en début de reprise et manquera le lancement de la saison. La place de défenseur gauche devrait donc être tenue par Fiorenzo VILLARD, qui accompagnera donc Vincent LLORCA, a Angers depuis 7 ans et international français pour autant d’années. Le grand défenseur apporte leadership, calme et fiabilité défensive, ce qui devrait profiter au jeune Villard.
Leurs projections :
- Neil Manning — 14 points (4B, 10A) | 1,48WS
- Vincent Llorca — 13 points (2B, 11A) | 1,52 WS
- Fiorenzo VILLARD — 6 points (1B, 5A) | 0,4 WS
Après toutes ces prolongations à l’arrière annoncées, les réseaux sociaux se sont (encore) enflammés sur un point particulier : le gabarit, notamment en comparaison de Grenoble ou encore Bordeaux. Sur ce point, Paredes répond :
« Face à certaines équipes et à leurs aptitudes physiques, tu t’adaptes : tu mets des choses en place, tu ajustes ton plan. Ça peut compter. Maintenant, est-ce que l’équipe “la plus grande” gagne le championnat chaque année ? Je ne suis pas convaincu. Je n’ai pas fait les stats, mais la question est : quelle “moyenne” on regarde ? Moyenne de taille/poids sur tout l’effectif ? Si oui, ça bascule vite : nous, on a un gardien à 1,97 m et un autre à 1,78 m ; si le plus grand joue le plus souvent, ça tire la moyenne vers le haut. Même logique devant : si ton attaquant 13 fait 1,72 m ou 1,90 m, ça change la moyenne, mais qui revient le plus souvent sur la glace ? Ce sont ces minutes-là qu’il faut pondérer. Donc oui, le gabarit peut être important, mais ce n’est pas le seul facteur.»
Dans les buts, Matt O’CONNOR et Elliot LEVÊQUE garderont à nouveau les cages angevines. Le jeune LEVÊQUE a dû enchaîner huit matchs de suite la saison passée lors de la suspension du titulaire au cours desquels il a sorti de gros arrêts, malgré une constance perfectible mais logique à son âge au vu du contexte. Les signaux restent positifs en termes de lecture et de gestion des rebonds ; il poursuit sa progression et on a hâte de voir la suite. Projection : 0,93 WS.
De son côté, O’CONNOR a signé une saison solide, avec un rôle déterminant dans la série gagnée contre Bordeaux en play-offs (décidément, les gardiens angevins leur donnent du fil à retordre en PO). Expressif sur la glace, rassurant dans ses cages, il reste le n°1 du tandem. Notre modèle lui attribue pourtant la projection la plus basse parmi les titulaires de la ligue : 3,13WS. Une lecture prudente à mettre en regard de ses statistiques de l’an dernier, qui parlent pour lui.
Au vu de l’effectif reconduit, des profils ciblés au recrutement et de l’identité clarifiée par le staff, notre projection place les Ducs à 88 points et une 3e place en saison régulière. C’est ambitieux sans être irréaliste : la profondeur, la stabilité et l’apport potentiel des nouveaux doivent offrir un plancher solide, même si la préparation heurtée impose encore des réglages.
La clé pour transformer cette base en succès ? Tenir la santé du noyau, faire progresser les unités spéciales vers leurs cibles, et capitaliser sur la complémentarité des lignes pour éviter la dépendance à une seule. Si la cohésion suit le rythme et que les retours attendus s’enchaînent, Angers a les moyens d’entrer en play-offs avec un vrai levier : une équipe qui sait gagner de plusieurs façons. Bref, un chemin crédible vers les sommets, à condition de rester fidèle à l’ADN posé : la Dalle Angevine.







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