Nous y sommes, demain l’équipe féminine de hockey sur glace débutera ses jeux olympiques, l’équipe masculine dans une semaine. C’est un changement de dimension pour le hockey français. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Estelle Duvin, Julia Mesplèdes, Jade Barbirati. C’est également un autre univers pour la FFHG, des règles, des protocoles que l’organisation doit comprendre. Antoine François nous l’a évoqué. Enfin, Grégory Tarlé nous a expliqué le cheminement et définit l’objectif de ces jeux olympiques.

L’expertise au service de la performance : le « facteur Sarah »

Pour le coach Grégory Tarlé, cette aventure est l’aboutissement d’un travail de plusieurs années. Il évoque une « transition » nécessaire : passer d’un hockey de résistance à un hockey de conquête. Cette mutation s’est accélérée avec l’arrivée de Sarah Cuvelier, préparatrice mentale, qui a rejoint le groupe juste après le mondial de Brampton. Son rôle ? Transformer l’exigence physique en force psychologique pour aborder les moments de haute tension.

Cette professionnalisation ne s’arrête pas au staff technique. Le DTN Antoine François souligne un « apprentissage express » pour l’organisation de la FFHG. La Fédération a dû muscler sa structure en un temps record pour gérer une délégation d’une telle envergure. Entre le médical, la logistique et la préparation mentale, rien n’a été laissé au hasard pour offrir aux athlètes un environnement « parfait » où la seule priorité reste le jeu.

Jules Boscq et Jordann Perret : l’ambition sans complexe

Côté masculin, l’état d’esprit est au beau fixe. Pour Jules Boscq, le tournoi se résume en trois mots : « hâte, rêve, fierté». L’impatience de se mesurer aux meilleurs est totale. Jordann Perret, de son côté, affiche une détermination contagieuse. Pour lui, Milan est le théâtre d’une ambition assumée :

« On a une belle chose à prouver à nous-mêmes et à tout le monde. On est là pour faire notre jeu, chercher les résultats et profiter de chaque instant », confie l’attaquant. L’excitation est à son comble, notamment à l’idée de défier les stars mondiales sur la glace. Pour les Bleus, l’objectif est clair : transformer la fierté de porter le maillot en résultats concrets.

Géométrie variable : le défi technique de la glace

C’est le grand sujet de discussion dans les vestiaires : la taille de la patinoire. Pour Julia Mesplède, la surface de jeu se rapproche des standards canadiens, tandis que Jade Barbirati la trouve plus étroite que les patinoires américaines. Un enjeu de taille ? Pas forcément pour l’attaquante Estelle Duvin. Si elle concède une préférence personnelle pour les grandes glaces internationales qui offrent plus d’espaces, elle reste pragmatique : « Ce n’est ni un avantage, ni un désavantage. Il faut s’adapter et dominer. » Côté masculin, ce qui a frappé les joueurs, c’est la taille de la zone neutre qui semble petite. Des dimensions atypiques pour une patinoire toute juste finalisée.

La vie au Village : cohésion et « médailles » d’ambiance

Mais les Jeux, c’est aussi une aventure humaine. Si la concentration est maximale, la cohésion de groupe se forge hors de la glace. À ce petit jeu, Julia Mesplède s’est déjà imposée : elle est officieusement sacrée « championne olympique des activités au Village ». Cette capacité à décompresser et à souder le collectif est l’arme secrète des Français pour aborder les matchs avec sérénité. Un Village Olympique qui a des allures de « Disneyland » pour Estelle Duvin, il est important de se focaliser désormais sur le hockey.

« Tout défoncer » : l’instinct au pouvoir

Malgré la structure rigoureuse, la différence viendra de l’étincelle. C’est le message clair de Jade Barbirati : « Il faut laisser parler la magie sur la glace pour tout défoncer. » Le décor est planté, les lames sont affûtées. Comme le souligne le staff, l’histoire se construit maintenant pour 2026, avec 2030 déjà dans le viseur.

Place à la magie sur glace, dès jeudi face à l’Italie pour nos Bleus.