L’Angers hockey club amateur inaugure cette saison la première académie d’arbitrage de France. Une dizaine de jeunes bénéficieront d’entrainements spécifiques alliant théorie, communication et gestion des émotions.  Culottes enfilées, rayures noir et blanc sur les épaules, les patins déjà presque aux pieds, une dizaine de jeunes arbitres entre 7 et 17 ans portent avec fierté un tout nouveau blason sur le cœur. Celui de l’Académie d’arbitrage de hockey sur glace d’Angers, la toute première du genre à l’échelle nationale, créée à l’issue d’un stage d’arbitrage organisé en juin par l’Angers hockey club amateur (AHCA).

 

Lancement de l’académie de l’arbitrage à Angers. Lundi 9 septembre 2024.

 

Johan Fauvel, arbitre international en activité officiant en Ligue Magnus et en CHL (Champions hockey league), dirige l’escouade, accompagné par Marc Lebon, responsable adjoint de la commission d’arbitrage. Tous deux cultivent l’idée de faire d’Angers un lieu d’excellence en matière d’arbitrage, en France et en Europe.

Pourquoi à Angers ? « On a beaucoup de jeunes intéressés par l’arbitrage, pointe Vincent Paillas, président de l’AHCA, donc on n’a pas eu de problèmes à trouver des volontaires. Peut-être que si on avait moins de sensibilité ici à l’arbitrage, établir cette académie aurait pris plus de temps, voire n’aurait pas vu le jour. »

« J’ai voulu me mettre à leur place »

Dans l’assistance, si les regards des jeunes zèbres sont effectivement illuminés, les motivations sont multiples. « Le hockey, c’est le sport que je fais depuis tout petit, et je voulais connaître les règles », marmonne timidement un premier. « Parfois, quand je regarde des matchs, je trouve qu’ils ne prennent pas les bonnes décisions, donc j’ai voulu me mettre à leur place », lance un second.

Une observation qui ne fait pas date, tant les arbitres de tous sports, mais également de Magnus sont parfois violemment critiqués. Pas simple donc de débuter dans cette voie, surtout lorsque les officiels sont pris pour cible dès leur plus jeune âge. « L’idée est de se rapprocher aussi des parents pour une meilleure compréhension, et de leur montrer que ce n’est pas un travail facile », observe Marc Lebon.

Miser sur la communication

Pour le plus haut niveau, seule la gestion de la pression et des insultes est réellement efficace. En dehors des enseignements théoriques, l’Académie d’arbitrage de hockey sur glace d’Angers mise alors sur la gestion des émotions, de la pression et le travail de la communication à travers des cours dédiés.

« Le bagage théorique est finalement assez simple, donc c’est pour cela que l’on axe sur la communication », analyse Marc Lebon. Toutes les semaines, des situations théâtrales mettent en scène des situations fictives face à lesquelles les jeunes arbitres apprennent à réagir. Les jeunes seront même invités à suivre les arbitres de Magnus lors des matchs des Ducs d’Angers pour ressentir la pression vécue. Avec, en ligne de mire, l’uniformisation des décisions souhaitée par la Ligue Magnus, à l’initiative d’une réorganisation du corps arbitral fin 2023, menée par les anciens arbitres de NHL Stéphane Auger et Pierre Racicot. Un nouveau cadre que connaît bien Johan Fauvel, arbitre de CHL et de Ligue Magnus encore en activité : « Forcément, je suis arbitre, et je connais ce cadre, donc j’enseignerais avec celui-ci. »

« Créer une dynamique nationale »

Pour le moment, l’enjeu autour de l’académie reste l’accompagnement des jeunes autour de la poursuite de leur scolarité. Les dirigeants de l’académie et de l’AHCA souhaiteraient pouvoir être inclus dans le cadre du sport-études. « Ce dispositif serait pas mal pour aider au développement de l’arbitrage en hockey, surtout que la France est plutôt en sous-effectifs actuellement », indique Johan Fauvel.

Né d’une dynamique interne, mais soutenue par la Fédération française de hockey sur glace (FFHG), l’Académie d’arbitrage de hockey sur glace d’Angers est vue comme la première pierre d’un mouvement d’ampleur, comme l’observe Johan Fauvel: « Ce genre d’initiatives, ça reste parfois assez local. Alors en mettant la barre haute, comme nous le faisons, c’est une bonne chose pour créer une dynamique nationale. »