Il est de coutume de dire que le classement commence à vouloir dire quelque chose à partir du quart de la saison. Nous l’avons passé mais, soyons honnêtes : le classement par points ne dit pas toute la vérité. Il ne dit pas qui domine vraiment son sujet, qui survit, ou qui joue de malchance malgré des bonnes performances. Après une partie une qui traitait les collectifs, explorons aujourd’hui les performances individuelles.
Pour comprendre ce qui se passe réellement sur la glace, il faut creuser un peu. Grâce à une grosse base de données (trackant chaque entrée de zone, chaque passe vers l’enclave, chaque duel…), nous avons disséqué les performances individuelles des joueurs de la ligue. Qui est le véritable MVP ? Qui est le joueur le plus malchanceux de France ? Qui sont les guerriers de l’ombre ?
Le MVP Statistique
Si le trophée de MVP devait être décerné après 11 matchs, le jury des statistiques avancées n’aurait même pas besoin de délibérer. Sur la métrique reine de l’impact, le Net Expected Goals (Net xG), un homme s’est clairement imposé vis-à-vis du reste de la ligue. Avant d’aller plus avant qu’est ce que le Net xG ? C’est la différence entre les occasions créées et les occasions concédées lorsque le joueur est sur la glace. Lorsque le joueur est sur la glace, est-il meilleur que ses adversaires ?
En prenant en compte toutes les statistiques que nous avons à disposition, le joueur ayant le plus d’impact est Orrin Centazzo (Angers) ! La statistique qu’il faut retenir : +9.5 Net xG. C’est le chiffre le plus impressionnant de ce début de saison. Quand Centazzo est sur la glace, Angers est ultra dominateur avec un différentiel de près de 10 « buts théoriques » d’avance. Le blondinet canadien semble s’être imposé comme l’incarnation parfaite de l’offensive Angevine. En plus d’être un bon buteur, il rend ses comparses meilleurs, crée du danger en continu et ne concède rien. Angers réalise un très bon début de saison, mais sans Centazzo, et avec Tavernier out, tout serait beaucoup plus compliqué puisqu’il est, statistiquement, le joueur le plus indispensable du championnat.
Derrière l’angevin, deux Grenoblois mènent la chasse avec des styles très différents. Tout d’abord, Christophe Boivin avec +8.7 xG : Son impact vient de son volume de jeu hallucinant. Il patine fort, il tire, il marque, il crée du danger. Il est partout, tout le temps. Avec +8.7, on voit qu’il fait pencher la balance du côté offensif. Peut-être plus surprenant, le joueur sur la troisième marche du podium est Guillaume Leclerc avec +8.2 xG : Moins explosif que Boivin, Leclerc est expérimenté et chirurgical, il se place bien et crée des grosses occasions.
Mentions Honorables
Derrière, et plutôt loin derrière puisqu’ils émargent près de 2 xG derrière le troisième, nous avons trois joueurs de trois équipes différentes. Tout d’abord, un autre Angevin, Philippe Halley (Angers, +6.5), puis Bastien Maia (Amiens, +6.1) et enfin Adam Nobes (Nice, +5.9). Après le net xG, il est important de faire le point sur les joueurs qui maitrisent la possession.
Les boss en possession
Dans une ligue où Grenoble affiche une possession collective des plus insolente avec 65%, il semble facile d’avoir de bonnes stats quand on porte le maillot des BDL. Mais le véritable exploit, c’est d’être dominant quand on joue pour une équipe qui subit. Nous avons isolé les 5 joueurs ayant le meilleur Corsi For %, en ne prenant la même équipe qu’une seule fois. Rappel : Un Corsi de 50% signifie un jeu égal. Au-dessus de 55%, ça commence à bien dominer. Sur les trois joueurs que nous avons identifié nous avons un Grenoblois, un Bordelais et… un Angevin.
Du côté de Grenoble, il s’agit de Martin Karlsson (73.1%). C’est le chiffre le plus élevé de la ligue. Traduction : quand le suédois est sur la glace, l’adversaire ne tire quasiment jamais ! Ensuite, pour les Boxers, Mathieu Pompei (65.1%). Nous l’évoquions plus haut, mais c’est un sacré score. Pompei affiche des stats dignes d’un joueur de Grenoble sans en avoir l’armada autour. Enfin, pour les Ducs, nous avons une surprise avec Nicolas Ritz (63.0%). En effet, ce n’est pas Centazzo (le MVP) qui mène ici, mais Nicolas Ritz. Cela prouve que sa ligne contrôle bien le palet et subit le moins de vagues adverses. Ses coéquipiers jouent propres et parviennent à « shut-down » les offensives adverses.
Un peu plus loin, nous trouvons un jeune joueur des Rapaces de Gap, Paul Siraudin (60.5%). Alors que Gap connaît un début de saison compliqué, mais Siraudin est une anomalie positive. Être au-dessus de 60% dans une équipe classée en bas de tableau est un exploit individuel majeur. Enfin, Tommy Perret (58.5%) des Dragons de Rouen. Même si Rouen domine moins qu’avant (53% en équipe), mais le jeune Perret tire son épingle du jeu. Il fait mieux que les cadres habituels, et non seulement ça fait du bien aux Dragons mais en plus c’est prometteur pour l’avenir.
Un cas à part : Anglet avec Timothe Quattrone (39.9%)
Ce chiffre fait mal, mais il est révélateur. Le « meilleur » joueur de l’Hormadi en possession est sous la barre des 40%. Cela illustre bien à quel point les Basques se font dévorer : même leur ligne la plus performante passe 60% de son temps à défendre. Quattrone est le plus vaillant dans la tempête, mais le bateau prend l’eau de partout. Nous avons évoqué plusieurs statistiques intéressantes pour évaluer les joueurs, nous avons également un détecteur de « mensonges » sur la prestation des joueurs de la ligue.
Les facteurs X et les chats noirs (GSAx)
Le GSAx (Goals Scored Above Expected) est notre détecteur de mensonges. Il sépare la réussite du talent pur, la malchance de la maladresse. Le GSAx, qu’est-ce que c’est ? Une soustraction simple : Buts Réels – Buts Attendus (xG). Si un joueur marque 5 buts alors que le modèle estime qu’il aurait dû en mettre 2, il a un GSAx de +3. C’est la marque des grands finisseurs… ou d’une chance insolente. Le meilleure joueur de la ligue à ce jeu là, Jesper Larinmaa (Nice) avec un score GSAx : +3.31 (7 buts pour 3.69 xG). Après 11 matchs, Larinmaa est le joueur le plus clinique de la ligue. Donnez-lui une demi-occasion, il la met au fond. Il marque deux fois plus souvent qu’il devrait, ça fait de lui un joueur très opportuniste, game-breaker mais aussi un peu chanceux.
Le dauphin : Fabien Kazarine (Anglet), score GSAx : +3.21 (6 buts pour 2.79 xG). Dans une équipe d’Anglet souvent dominée dans le jeu, Kazarine n’a certes pas beaucoup de munitions, mais il n’en gâche aucune. Tout comme Larinmaa, il parvient à punir les erreurs et à saisir chaque opportunité. Sa présence est aujourd’hui vitale pour l’Hormadi. Enfin sur la troisième marche du podium : Aleksandar Magovac (Amiens) avec un score GSAx : +2.62 (4 buts pour 1.38 xG). Un défenseur qui en plante 4 alors que ses tirs ne valaient théoriquement que 1.38 but ? C’est une efficacité redoutable. Magovac profite sans doute d’un excellent trafic devant la cage ou de déviations chanceuses, mais il prouve qu’il faut tirer pour marquer.
A l’inverse, le chat noir officiel : Baptiste Bruche (Bordeaux), sa stat : -3.20 GSAx (2 buts pour 5.20 xG). Si vous croisez Baptiste, dites-lui de ne pas aller au casino. Statistiquement, il fait tout parfaitement : il se place, il tire, il crée des grosses occasions(plus de 5 xG !), mais ça ne rentre pas. C’est frustrant, mais c’est bon signe pour la suite : un joueur qui se crée autant d’occasions finira par voir la tendance s’inverser.
LES QUARTERBACKS
Le hockey a changé. Aujourd’hui, tirer de la ligne bleue sans trafic ne sert plus à rien (les gardiens arrêtent 98% de ces tirs, c’est statistique). La vraie valeur ajoutée aujourd’hui, c’est la capacité à casser une défense avec une passe qui traverse le slot. Nous avons classé les meilleurs distributeurs de la ligue. Et surprise : le meilleur meneur de jeu du championnat est un défenseur ! Il viens des Boxers de Bordeaux et il s’agit de Jérémy Beaudry (Bordeaux). Il a 21 passes réussies vers le slot. Beaudry voit des lignes de passes que même les meilleurs centres ne voient pas. Qu’il soit à la ligne bleue en Powerplay ou en phase de transition, il cherche systématiquement à jouer vers l’intérieur. Pour une défense adverse, ça complique les choses puisque le danger ne vient pas uniquement des attaquants mais aussi de l’arrière. C’est un vrai quarterback.
En deuxième position, nous retrouvons un joueur dont nous avons déjà parlé : Adam Nobes (Nice). Il a 19 passes réussies vers le slot. On parle souvent de Larinmaa à Nice pour la finition, mais Nobes c’est le cuistot. Être 2ème de la ligue dans cette catégorie en jouant pour une équipe qui n’a pas la domination territoriale, ben, c’est costaud. Nobes prouve deux choses : il a une bonne vision de jeu et le niveau pour la Magnus.
Sur la dernière marche du podium, Philippe Halley (Angers) qui totalise 19 passes réussies vers le slot. Décidément, on le retrouve partout ce québécois. Gratteur, buteur, et ici passeur d’élite. Halley est le véritable moteur d’Angers. Sa capacité à gagner ses duels (vous verrez après) lui permet de créer des décalages immédiats. Il récupère le palet et le transmet tout de suite dans le slot avant que la défense ne se replace. C’est actuellement l’un des, si ce n’est le meilleur attaquant de transition du championnat.
Mentions Honorables
Ils sont juste derrière, mais leur impact est important sur le jeu de leurs équipes. Nous leur avons donné une mention honorable :
- Guillaume Leclerc (Grenoble, 19 passes)
- Tommy Giroux (Bordeaux, 19 passes)
- Mathieu Pompei (Bordeaux, 18 passes)
- Alexis Binner (Grenoble, 17 passes)
- Alexandre Lavoie (Marseille, 16passes)
- Jesper Larinmaa (Nice, 16 passes)
- Loïk Poudrier (Bordeaux, 15 passes)
La présence d’autant de Bordelais dans ce classement n’est pas un hasard. Il s’agit plutôt d’une illustration tactique du système Dimet : on joue sur l’intérieur, quitte à prendre des risques pour amener le palet dans le slot. Nous avons jusqu’à présent bien décortiqué les statistiques de la ligue. Découvrons maintenant les guerriers de l’ombre.
Les guerriers de l’ombre
Ce ne sont pas toujours ceux qui vendent le plus de maillots qui font basculer les matchs. Les joueurs dont on va parler ici sont, par contre, souvent ceux qui sont adorés par leurs coachs.
Les murs (Tirs Bloqués)
Se jeter devant un palet lancé à plus de 100 km/h c’est, au choix, de la folie ou de la bravoure. Peut-être un peu des deux. Voici les trois joueurs qui sacrifient le plus leur corps cette saison. Une nouvelle fois, nous retrouvons en tête de ce classement, Jeremy Beaudry (Défenseur, Bordeaux) — 27 Tirs Bloqués. C’est une stat supplémentaire qui fait de Beaudry un candidat provisoire sérieux au titre de meilleur défenseur. Non content d’être l’un des meilleurs défenseurs offensivement, notamment via son nombre impressionnant de passes vers le slot, il est aussi le premier à se coucher devant les tirs. Il est littéralement sur tous les fronts.
En deuxième position, Pontus Englund (Défenseur, Grenoble) — 24 Tirs Bloqués. Dans une équipe de Grenoble qui a souvent le palet, on pourrait penser qu’on défend moins. Englund prouve le contraire. Il compense chaque temps faible de l’équipe et n’hésite pas à se sacrifier. Un vrai bouclier pour les Isérois. Enfin, celui qui ferme la marche est Chad Langlais (Défenseur, Gap) — 23 Tirs Bloqués. Même si Gap subit beaucoup cette saison, les sacrifices défensifs sont donc importants. Langlais, le vétéran, est souvent le dernier rempart entre les tirs et son gardien.
Les charbonniers
Le hockey, ça se joue aussi le long des bandes, là où il n’y a pas d’espace. Alors qui n’hésite pas à aller au charbon et parvient souvent à s’en sortir ? Le meilleur joueur de la ligue dans ce domaine est un angevin, que nous avons déjà rencontré. Il s’agit de Philippe Halley (Attaquant, Angers) — 111 Duels Gagnés. C’est colossal. Halley est le seul joueur de la ligue au-dessus de la barre des 110. Plus qu’une pieuvre, c’est un vrai molosse qui ne lâche jamais rien. Il récupère des rondelles, en vole d’autres, et les transforme en occasions.
En deuxième position, Colin Morillon (Défenseur, Nice) — 102 Duels Gagnés. L’ex-marseillais évolue dans une équipe qui se doit de batailler pour sortir de sa zone. Dans ce domaine, Morillon est le roi de son équipe, en gagnant le plus de duels physiques afin de créer de l’espace pour ses collègues et leur permettre de remonter. Un vrai guerrier. Enfin, et c’est probablement une demi-surprise en troisième position nous retrouvons Kyle Pouncy (Défenseur, Briançon) — 97 Duels Gagnés. Souvent sous pression, les défenseurs de Briançon se doivent de batailler fort et souvent. Pouncy est celui qui en sort vainqueur le plus souvent. Il nettoie sa zone avec une constance remarquable pour les Diables Rouges.
LES TRANSPORTEURS (Jason Statham non inclus)
Comment votre équipe entre-t-elle en zone offensive ? En balançant le palet au fond (dump-in) ou en le portant (carry-in) ? Les stats prouvent que porter le palet est bien plus dangereux, mais certaines équipes préfèrent un bon vieux « dump and chase », qui peut parfois semer la zizanie dans les lignes adverses. La première catégorie ici sont les porteurs de palets. Sans trop de surprise nous retrouvons en tête de ce classement, un Brûleurs de loup. Il s’agir de Christophe Boivin (Grenoble) avec 52 entrées en contrôle. Il est le roi de l’entrée de zone. Patineur explosif, il prend souvent de la vitesse en zone neutre et devient alors inarrêtable. Il entre en contrôle, devient instantanément dangereux et permet aux Grenoblois de s’installer. Il est le seul joueur de la ligue au-dessus de la barre des 50.
En deuxième position, nous retrouvons un Diables Rouges, cela montre aussi l’aspect tactique des équipes et donc des coachs. Il s’agit de Chrystopher Collin (Briançon) avec 47 entrées en contrôle. C’est la performance la plus impressionnante du classement ! Contrairement à Boivin qui est entouré d’une avalanche de talent, Collin doit souvent faire l’exploit tout seul. Briançon subit, récupère le palet, et c’est souvent lui qui remonte tout le terrain pour aller créer du danger. Ne doutons pas qu’il est suivit par de nombreuses équipes au sein de la ligue.
Sur la troisième marche du podium, Tomas Simonsen (Rouen) avec 44 entrées en contrôle. Le jeune attaquant rouennais s’affirme une fois de plus offensivement. Sa vitesse et sa technique lui permettent de se jouer des défenseurs avec facilité. Il devance les cadres de son équipe, prouvant qu’il prend de plus en plus de responsabilités dans le jeu de transition des Dragons.
Mentions Honorables
- Henrik Rommel (Nice, 43 entrées)
- Rudolfs Polcs (Anglet, 42 entrées)
- Alexei Polodyan (Anglet, 41 entrées)
- Sean Richards (Amiens, 39 entrées)
- Jesper Larinmaa (Nice, 39 entrées)
- Matias Bachelet (Grenoble, 38 entrées)
- Tommy Giroux (Bordeaux, 38 entrées)
Au-delà de ceux qui transportent, il y a ceux qui balancent au fond, qui font du dump-in. Le champion de la ligue, aujourd’hui, est rouennais. Il s’agit de Florian Chakiachvili (Rouen) avec 12 dump in. C’est Surprenant de voir un joueur aussi technique en tête de ce classement. Cela montre peut-être une consigne des Dragons de ne pas prendre de risques à la ligne bleue adverse, ou une difficulté à trouver des lignes de passes propres en transition. En deuxième position, Chase Dubois (Briançon) avec 12 dump in à égalité avec Florian Chakiachvili. Cela nous semble plus logique. Briançon est souvent dominé et fatigué en fin de présence. Dubois assure le coup en mettant le palet au fond pour permettre les changements de ligne ou forcer les joueurs adverses à se retourner et lâcher un peu de pression.
Enfin, en troisième position, nous retrouvons Bastien Lemaitre (Gap) avec 11 dump in. Le défenseur gapençais joue la sécurité. Face à la pression, il privilégie le gain de territoire immédiat sur l’effort à une entrée maitrisée mais plus risquée.
Mentions Honorables
- William Persson (Briançon, 11)
- Chase Gresock (Rouen, 10)
- Felix Larose (Amiens, 10)
- Mathieu Desgagnés (Nice, 9)
- Jordan Hervé (Angers, 9)
- Daniels Murnieks (Gap, 9)
- Teo Sarliève (Angers, 8)
Evoquons maintenant, les joueurs les plus présents sur la glace. Les joueurs qui mange beaucoup de temps de glace. Nous les avons renommés les Mange-Glace. Ce sont ceux qui avalent du temps de glace en quantité astronomique. C’est souvent ceux qui ont la confiance du coach, les joueurs les plus utilisés de la ligue. En première position, nous avons Aleksandar Magovac (Amiens) avec un temps de jeu moyen : 25m35s / match. Ça commence à faire beaucoup là, non ? Magovac joue quasiment la moitié du match à chaque fois. A Amiens, c’est lui le pilier. Il absorbe un volume de jeu colossal. C’est le Iron Man de ce début de saison !
En deuxième position, Adrien Bisson (Briançon) avec un temps de jeu moyen : 24m45s / match. Briançon a un effectif court, et Bergeron utilise donc son top-4 défensif au max. Bisson joue donc beaucoup, et ce n’est pas le seul. Avec près de 25mn de jeu par match en subissant quasiment tout le temps, c’est sûrement le joueur dont il faut le plus saluer la performance ici. Enfin, en troisième position, Santeri Koponen (Chamonix) avec un temps de jeu moyen : 24m25 / match. Malgré les difficultés des Pionniers, le Finlandais est solide. Il est utilisé dans toutes les situations Powerplay, PK, 5vs5, et est utilisé beaucoup.
Mentions Honorables
- Vincent Melin (Cergy, 24m12)
- Jeremy Beaudry (Bordeaux, 23m40) : Encore lui !
- Ryan Gagnon (Gap, 23m34)
- Ivan Esipov (Anglet, 23m15)
- Samuel Duerr (Anglet, 23m05)
- Fabien Bourgeois (Marseille, 22m54)
- 10. Kyle Pouncy (Briançon, 22m51)
Après ceux avoir vu ceux qui portent, ceux qui balancent et ceux qui sont increvables, tournons-nous vers ceux qui prennent des risques avec le palet.
LES VOLEURS ET LES GIVERS
C’est une section cruciale pour évaluer l’activité défensive (Takeaways) et la prise de risque des porteurs de palet (Puck Losses/Giveaways). Mais attention : avoir beaucoup de pertes de palet n’est pas toujours mauvais, ça peut aussi être le signe qu’un joueur a beaucoup la rondelle.
Les Voleurs (Takeaways / Récupérations)
Ces joueurs sont des poisons. Ils anticipent, coupent les lignes de passe et grattent les palets dans les crosses adverses. En tête de ce classement, Elias Ruusu (Défenseur, Marseille) — 112 Takeaways. Le défenseur finlandais des Spartiates anticipe le jeu, bataille fort et récupère donc des palets. Avec plus de 10 palets récupérés par match, il est l’arme principale de la contre-attaque marseillaise. Vient ensuite, Vincent Llorca (Défenseur, Angers) — 110 Takeaways. Le pilier de la défense angevine. Llorca ne fait pas de bruit, ne marque pas beaucoup mais il récupère des rondelles en masse. Enfin, en troisième position nous retrouvons un joueur qui est souvent dans nos classements, Jeremy Beaudry (Défenseur, Bordeaux) — 108 Takeaways. On ne le présente plus. Créateur, buteur, bloqueur, et maintenant intercepteur et travailleur. Il est omniprésent.
Mentions Honorables
- Pier-Olivier Roy (Rouen, 108)
- Samuel Regis (Nice, 108)
- Colin Morillon (Nice, 107)
- Jakub Kindl (Bordeaux, 107)
- Vincent Melin (Cergy, 107)
- Patrick Holway (Rouen, 102)
- Bryan Ten Braak (Gap, 99)
Les Givers (Puck Losses / Giveaways)
Ce classement comporte deux types de joueurs. Ceux qui font des erreurs techniques, et ceux qui ont tellement le palet qu’ils finissent forcément par le perdre. Le premier à ce classement nous vient de l’Hormadi, Samuel Duerr (Défenseur, Anglet) — 79 Pertes. C’est beaucoup pour un défenseur. Cela s’explique par le fait qu’Anglet subit énormément de pression et oblige certains gars à faire des relances complexes. En deuxième position, nous retrouvons un Jokers de Cergy-Pontoise avec Philéas Perrenoud (Attaquant, Cergy) — 79 Pertes. En effet, l‘attaquant des Jokers tente beaucoup. C’est le revers de la médaille de la créativité, mais ce chiffre doit baisser pour que Cergy soit plus stable.
Enfin, Julien Munoz (Attaquant, Anglet) — 77 Pertes ferme le podium sur ce classement. A l’instar de son coéquipier Duerr, Munoz souffre du manque de solutions collectives de l’Hormadi. Il porte le palet, s’isole, et finit par le rendre.
Mentions Honorables
- Aleksandar Magovac (Amiens, 77)
- Patrick Holway (Rouen, 76)
- Kristjan Cepon (Amiens, 76)
- Luke Santerno (Gap, 74)
- Pier-Olivier Roy (Rouen, 73)
- Vincent Llorca (Angers, 72
- Rudolfs Polcs (Anglet, 72)
A noter, présents dans les deux top 10, Holway, Roy et Llorca sont des profils de joueur à « haut événement ». En gros, quand le joueur est sur la glace, il se passe des choses, dans les deux sens. Ce sont des profils à risque mais aussi à potentiel. Nous avons fait le tour des joueurs de champs, attaquons nous désormais à un poste clé, celui de gardien de but.
LES GARDIENS
On ne pouvait pas parler des joueurs sans évoquer les gardiens. Et cette année, c’est compliqué : notre modèle montre que la grande majorité des titulaires concèdent plus de buts que prévu, signe que les attaquants sont particulièrement adroits tant dans leurs tirs que dans leurs passes. Attention, nous n’avons pris en compte QUE les xG cadrés, donc le danger généré par les tirs atteignant le gardien. Il faut prendre tout ça avec des pincettes puisque les tirs non cadrés génèrent aussi de la pression sur le gardien. Pour juger ces hommes masqués équitablement, il faut arrêter de regarder uniquement le pourcentage d’arrêts. On utilisera ici plusieurs stats : % d’arrêts, GSAx, GSAA, % de passes réussies, xG concédés.
Précision importante : GSAx vs GSAA
- Le GSAx (Goals Saved Above Expected) : C’est le juge de la qualité. On regarde la difficulté de chaque tir (xG) et on voit si le gardien l’arrête. Si le chiffre est positif, le gardien arrête des tirs « impossibles ».
- Le GSAA (Goals Saved Above Average) : C’est le juge de la quantité. On compare le gardien à la moyenne de la ligue (91.3%). Contrairement à une idée reçue, le GSAA n’a rien à voir avec les Expected Goals. Il ne prend pas en compte la difficulté du tir, seulement le volume. Un gardien peut avoir un super GSAA (parce qu’il arrête beaucoup de tirs faciles) mais un mauvais GSAx.
Ceux qui sauvent le plus en quantité (Top 3 GSAA)
Ils arrêtent beaucoup plus de palets que la moyenne des gardiens de la ligue. En tête de ce classement, un gardien dont on parle peu, Griffen Outhouse (Briançon) : +7.69. C’est beaucoup. Vu le bombardement qu’il subit, un gardien « moyen » aurait encaissé près de 8 buts de plus à sa place. En deuxième position, Taran Kozun (Amiens) : +7.65. Au coude-à-coude avec Outhouse. Il tient la baraque picarde. Enfin, Matt O’Connor (Angers) : +5.55. Premier gardien d’une grosse écurie, et déjà 2GSAA derrière le haut du podium.
Ceux qui sauvent vraiment des buts (Top 3 GSAx)
Ils arrêtent les tirs les plus difficiles (basé UNIQUEMENT sur les xG cadrés). En tête de cette catégorie, un monument de la ligue avec Matija Pintaric (Grenoble) : +1.40. Le seul titulaire de la ligue « dans le vert ». Il ne fait pas que des arrêts, il vole des buts. Il est suivi de près par Griffen Outhouse (Briançon) : -0.60. Deuxième au classement et déjà en négatif. Enfin, Matt O’Connor (Angers) : -1.90. Il complète le podium, prouvant sa solidité.
Les cibles faciles (Top 3 xG Concédés)
Ceux qui ont la charge de travail la plus lourde (abandonnés par leur défense). Mathieu Caron (Anglet) : 36.3 xG. C’est simple, sa vie sur la glace est un enfer. Il est de TRES loin le gardien le plus exposé de la ligue. En deuxième position, Griffen Outhouse (Briançon) : 25.4 xG. Enfin, Alexis Shank (Nice) : 23.1 xG ferme la marche de ce podium.
Ceux qui réussissent le mieux leurs passes(Top 3 en % Passes)
Les meilleurs pour jouer avec la crosse. Nous retrouvons dans ce classement, le gardien de Marseille, Libor Kasik (Marseille) : 82.9%. Il est suivi de près par Matija Pintaric (Grenoble) : 82.3%. Enfin, Matt O’Connor (Angers) : 81.2% se retrouve sur la troisième place du podium.
Ceux qui arrêtent le plus (Top 3 Pourcentage d’Arrêts)
L’efficacité brute, la statistique qui est suivi par de nombreux observateurs. Nous retrouvons, Matija Pintaric (Grenoble) : 93.7% puis (encore) Griffen Outhouse (Briançon) : 93.3% et enfin Taran Kozun (Amiens) : 93.3%
LE VERDICT GLOBAL : QUI EST LE MEILLEUR GARDIEN ?
En croisant toutes les données en notre possession, voici un top 3 objectif après ce début de saison : Griffen Outhouse (Briançon). C’est le MVP dans les cages ! C’est la victoire du contexte. Certes, Pintaric a de meilleures stats pures, mais Outhouse réalise des miracles avec une charge de travail bien supérieure. Être aussi performant en jouant pour une équipe qui subit autant, c’est exceptionnel, et c’est bien de le souligner. Il est suivi de près par Matija Pintaric (Grenoble). Il paie « le prix de la domination » de son équipe, mais quand il est sollicité, il est parfait. C’est le seul gardien qui surperforme son modèle xG (+1.40). Le meilleur gardien pur de la ligue.
Enfin, Matt O’Connor (Angers) se retrouve en troisième position de ce classement du quart de saison. Matt est sur tous les podiums. C’est le gardien le plus complet derrière les deux monstres. Il donne à Angers une chance de gagner chaque soir. Après avoir fait le tour des joueurs de champs, il est temps de vous proposer une équipe ‘data-type ».
L’EQUIPE DATA-TYPE APRES 11 MATCHS
Dans les buts :
Griffen Outhouse (Briançon). Pourquoi lui ? C’est le choix fort de cet alignement. Si Matija Pintaric (Grenoble) est le gardien le plus efficace dans l’absolu, Outhouse est le plus précieux. Il évolue derrière une défense qui concède énormément et, malgré ce bombardement, il fait gagner des points à son équipe seul. Dans une équipe dominante, ses stats seraient probablement stratosphériques.
En défense :
A gauche : Jeremy Beaudry (Bordeaux). Pourquoi lui ? Car c’est statistiquement le défenseur le plus complet de la ligue actuellement. Offensivement, il distribue le jeu mieux que beaucoup et défensivement, il bosse et se sacrifie.
A droite : Pierre Crinon (Grenoble). Pourquoi lui ? Il faut un roc pour équilibrer la créativité de Beaudry. Crinon est ce roc. Avec lui sur la glace, le palet est presque toujours en possession. Sa première passe est propre, il est carré défensivement et il sait s’imposer physiquement.
En attaque :
Aile gauche : Orrin Centazzo (Angers). Pourquoi lui ? Le MVP du premier quart de saison. Son impact est sans égal : quand il joue, Angers génère une quantité énorme d’occasion. Il est finisseur, travailleur, et créateur.
Centre : Fredric Weigel (Grenoble). Pourquoi lui ? Le cerveau. Pour alimenter les ailes, il faut quelqu’un qui ne perd jamais le palet. Weigel est ce joueur. Il gagne beaucoup d’engagements, conserve la rondelle sous pression et sait dicter le jeu.
Aile droite : Christophe Boivin (Grenoble). Pourquoi lui ? Explosif, dangereux, en contrôle. Il peut lui aussi remonter le palet à vitesse grand V. Boivin est le meilleur transporteur de la ligue et sa capacité à briser les lignes à son équipe de s’installer rapidement. De plus, son Net xG de +8.7 en fait le deuxième joueur le plus dangereux derrière Centazzo.
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