Gros défi pour les Bleus cet après-midi dans le chaudron de la Santa Giulia Arena ! Pour leur poursuite du tournoi olympique de Milan-Cortina, l’équipe de France s’attaque à une montagne : la Tchéquie. Outsiders face à une nation candidate au podium, les Tricolores devront réaliser un match parfait et miser sur une discipline de fer pour espérer bousculer la hiérarchie. Un exploit est impératif pour grappiller des points précieux dans cette phase de poules.
Un premier acte sous pression
Les Bleus entament la rencontre avec de bonnes intentions, se montrant les premiers dangereux devant le filet adverse. Dès la 2ème minute, le portier français Neckar manque sa sortie, créant un moment de panique devant sa cage ; heureusement, Jules Boscq, vigilant, intervient in extremis pour avorter l’offensive tchèque.
La foudre Necas frappe en supériorité
Passées les premières escarmouches tricolores, la République Tchèque prend le contrôle du jeu. Si Neckar s’interpose d’abord avec brio face à Tomas Hertl puis devant Cervenka (5ème), la discipline française finit par faire défaut. À la 6ème minute, Pierre Crinon est envoyé en prison pour obstruction. Le « Power Play » slave ne tarde pas à se mettre en place : depuis le haut du slot, Pastrnak sert Martin Necas dans le cercle. Son tir laser, légèrement dévié par Hugo Gallet, trompe Neckar. Score : 1-0 pour la Tchéquie (PPG) à 05’56’’.

Martin Necas (Tchèque) face à Martin Neckar. France vs Tchéquie. JO Milano-Cortina 2026. 13 février 2026. Crédit : Plan de Match / Abdelilah Chaoui.
Les difficultés s’enchaînent pour les Bleus qui peinent à relancer proprement. Sous pression, Yohann Auvitu commet une faute sur Necas et file à son tour au banc des pénalités (7’14’’). Cette fois, l’unité spéciale française fait preuve de résilience et parvient à neutraliser les deux minutes de supériorité adverse grâce à une défense compacte. À la 12ème minute, une perte de palet française offre un contre dangereux au duo Kubalik-Necas, mais l’arrière-garde tricolore veille et force un tir excentré que Neckar capte sans trembler.
Le break tchèque
C’est finalement sur un engagement perdu en zone défensive que le verrou saute à nouveau. Après un jeu de possession rapide derrière la cage, Faksa sert Stransky qui remet instantanément pour Michal Kempny au sommet des cercles. Le tir est imparable. Score : 2-0 pour la République Tchèque à 13’04’’. En fin de période, malgré les efforts de la ligne Fabre-Bertrand-Addamo pour porter le danger devant le filet adverse, les contres tchèques restent menaçants. L’intensité physique et la qualité de patinage des Tchèques dominent largement ce début de match. Trop peu dangereux offensivement, les Français devront trouver les ressources pour conserver le palet et bousculer la structure adverse.
Le réveil tonitruant des Bleus
Le deuxième acte démarre sous les meilleurs auspices pour la France. Dès la 21ème minute, Tomas Hertl est envoyé au cachot pour un coup de genou sur Bellemare. L’unité spéciale française s’installe sans attendre : Stéphane Da Costa, à la baguette, envoie un missile vers la cage. Louis Boudon, en embuscade, surgit pour transformer le rebond et tromper Vladar. Score : 2-1 à 21’01’’ (PPG).
Le « Boudon Show » et la remontada française
Le momentum a changé de camp. Les Bleus, métamorphosés, confisquent le palet. Sur un contre éclair initié depuis la zone défensive, Charles Bertrand s’échappe avec Louis Boudon. Dans un timing parfait, Bertrand sert son compère qui ajuste Vladar d’un tir chirurgical. Le doublé pour Boudon, et l’égalisation ! Score : 2-2 à 24’04’’.
L’euphorie s’empare des rangs tricolores. La ligne Boudon-Bertrand-Fabre est en feu et étouffe des Tchèques méconnaissables. Sur une récupération le long de la bande, Boudon sert Bertrand qui centre fort dans le slot. Si Fabre manque le disque, Hugo Gallet a bien suivi et crucifie Vladar. En moins de six minutes, la France a renversé le match ! Score : 3-2 pour la France à 25’54’’. > Statistique incroyable : Les Bleus affichent un réalisme glacial avec 3 buts inscrits sur seulement 7 tirs depuis le coup d’envoi.
Passé la mi-match, la République Tchèque monte d’un cran en intensité. La défense française fait front, solidaire, et repousse les assauts vers les extérieurs. Sur une « passe royale » de Da Costa, Texier manque de peu le break. La sanction est immédiate : de l’autre côté, la superstar David Pastrnak récupère le palet derrière le but, contourne la cage avec une vitesse folle et glisse le disque entre la jambière de Neckar et le poteau. Score : 3-3 à 33’23’’.
Alors que les deux équipes se rendent coup pour coup, Jules Boscq provoque une pénalité (Kubalik) à la 38ème minute. La France a l’occasion de reprendre l’avantage en supériorité numérique avant la pause. Mais l’installation est laborieuse. À 31 secondes de la sirène, un mauvais changement de ligne français offre un boulevard aux Tchèques en infériorité numérique. Hronek lance Stransky qui combine avec Faksa avant de conclure lui-même face à un Neckar délaissé. Un but « Short-Handed » (SHG) qui fait mal. Score : 4-3 pour la Tchéquie à 39’28’’.
Malgré ce but encaissé in extremis, les Bleus remportent cette période (3-2) avec une efficacité redoutable et un engagement physique exemplaire. S’ils ont payé cash leur manque de vigilance en fin de tiers, le visage montré laisse espérer un dernier acte héroïque. Tout reste possible !
Un espoir douché en moins d’une minute
Alors que les Bleus revenaient sur la glace avec l’ambition de refaire leur retard, le sort s’acharne dès la reprise. À la 41ème minute, David Kampf intercepte un palet à la bleue et sert Martin Necas. Le rebond laissé par Neckar survole son épaule et profite à Filip Chlapik, qui n’a plus qu’à conclure. Score : 5-3 à 41’05’’.
Le coup est rude, et les Bleus perdent pied l’espace d’un instant. Sur une transition éclair amorcée par David Spacek, Lukas Sedlak sert Roman Cervenka en zone neutre. Le capitaine tchèque ne tremble pas et ajuste Neckar de sang-froid. En 48 secondes, le match vient de basculer. Score : 6-3 à 41’53’’.
Junca entre en scène, la France fait front
Face à cette avalanche, Yorick Treille procède à un changement de gardien : Julian Junca prend place devant le filet tricolore. À ce niveau de compétition, chaque erreur se paie au prix fort, et la Tchéquie, galvanisée, accentue sa pression. En infériorité numérique après une faute d’Enzo Guebey (46’09’’), les Bleus s’en remettent à leur nouveau portier. Junca s’illustre immédiatement avec deux arrêts déterminants face à Tomas Hertl, permettant à son équipe d’écouler la pénalité sans encombre.
Une combativité exemplaire jusqu’à la sirène
Malgré le « coup de massue » de l’entame, l’équipe de France refuse d’abdiquer. Le trio Da Costa-Texier-Bellemare tente de porter le danger, mais Vladar reste impérial. Fidèles à leur image du deuxième tiers, Boudon et Fabre multiplient les efforts et le pressing haut. À la 53ème minute, une belle combinaison entre les deux hommes oblige Vladar à un arrêt difficile sur un tir excentré de Fabre. Le dernier droit du match voit les deux équipes se rendre coup pour coup, mais le score ne bougera plus. Si la fatigue et quelques erreurs de jeunesse ont pesé lourd, le groupe France sort de cette confrontation la tête haute, porté par une solidarité sans faille.
Les Bleus s’inclinent face à la puissance tchèque, mais ils ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations mondiales, notamment lors d’un deuxième tiers d’anthologie. Ce match servira de leçon précieuse avant le choc immense qui les attend : un duel face au Canada, dimanche, ultime répétition avant un huitième de finale où tous les espoirs sont permis.
Zone mixte (à venir) :
Stéphane da Costa (attaquant – France) : Le 3-3 il nous fait mal sur un turnover, j’ai essayé de faire une passe. Bref, on prend un but, après le 4-3 à 30 secondes de la fin en powerplay en plus, ça fait vraiment mal. Ouais, c’est une déception quand même, parce qu’on est revenu dans le match, on a fait un bon petit match, la deuxième période a été bonne. c’est du haut niveau en face aussi, y’a rien à dire. On les a fait trembler quand même, mais c’était un bon match. Après, des erreurs peut-être, des erreurs d’inattention, de précision, mais voilà. c’est une prestation de la France face à la Tchéquie. On peut dire correct, mais bon, c’est une défaite. 6-3, c’est pas une belle défaite non plus. Après on prend deux buts assez rapides en début de troisième, ça aussi ça fait mal.
Louis Boudon (attaquant – France) :
Personnellement, c’est un bon match de ma part. Forcément, après, collectivement, c’est très décevant. Surtout quand on a le lead contre une équipe comme ça à 3-2. On a cinq minutes de la fin du deuxième tiers. Il faut juste arriver à garder ce score. Après, comme ça, on peut se donner une chance. On fait deux petites erreurs. Il y a un but, ça arrive.
Après, il y a un troisième but. Un quatrième but qu’ils mettent. On n’en parle plus. Je ne sais pas trop ce qu’il se passe. Une grosse erreur de changement. Il y aura de l’attention. Après, c’est compliqué de revenir contre une équipe comme ça. Je sais que ça nous a donné beaucoup de confiance, 3-2. C’est un but un peu dommage, le 3-3. On est toujours dans le match. Après, honnêtement, je ne sais pas ce qu’il se passe sur le quatrième. On essaie de se… De voir un reset en allant au début du troisième tiers. Puis, ils marquent deux buts coup sur coup. On sait qu’on a fait des erreurs. On a repris ça. Il n’y avait pas besoin de refaire tout le système.
C’était des erreurs d’inattention qui nous ont coûté cher. Juste d’aller au troisième tiers, même mentalité, même niaque. Malheureusement, ça n’a pas suffi. Ça donne quoi pour la confiance quand on a deux buts contre Dan Vlada, un gardien international? C’est quand même deux très beaux buts de ta part. Merci déjà. C’est toujours bien pour la confiance. Pour un attaquant, offensivement, donner son équipe, marquer des buts et prendre le momentum comme ça, c’est toujours bon pour la confiance. C’était bon pour l’équipe à ce moment-là. J’espère qu’on va pouvoir continuer comme ça sur le match contre les Canada.
Yorick Treille (coach – France) :
« Le premier tiers a été très difficile. On affrontait une équipe de Tchéquie qui sortait d’un 5-0 contre le Canada et qui a mis une intensité et une vitesse qui nous ont fait mal à la tête d’entrée. Au lieu de rester soudés autour d’un plan collectif à 25, la panique s’est installée. Avec l’envie de bien faire, chacun a commencé à suivre son propre plan individuel. À ce niveau, face à une telle vitesse, il est alors impossible de rivaliser. »
« Le deuxième tiers nous a remis debout. On s’est dit les choses dans le vestiaire et on a su saisir nos rares occasions pour revenir dans le match. On en a tiré de l’énergie, mais malheureusement, cela nous a fait perdre notre discipline. C’est notre gros manque aujourd’hui. À haut niveau, sans discipline et sans un groupe qui suit le plan à la lettre, on n’a aucune chance. C’est frustrant, mais c’est un apprentissage. On se tire parfois une balle dans le pied par manque de lucidité. »
« Sortir à 3-3 à la fin du deuxième était possible, l’important était de rester au contact. Un match dure 60 minutes. Notre histoire avec ce groupe est encore courte, on manque de matchs de ce calibre. On l’a vu l’an dernier au Mondial contre la Finlande : on tient le 3-1, et tout bascule en deux minutes. C’est ça, le très haut niveau. Aujourd’hui, on est là pour gagner du respect. Les gars peuvent être fiers de leur engagement et de leurs sacrifices, mais sans discipline, tous ces efforts sont vains. »
« Il y a de la colère et de la tristesse car les joueurs s’investissent énormément, mais il y a surtout de l’espoir. On tourne la page dès maintenant pour se concentrer sur la suite. Jouer contre ces nations est un honneur qu’il faut mériter. Le Canada, ce sera encore un cran au-dessus en termes d’impact physique et d’énergie. Il n’y a pas de meilleur match pour nous pousser dans nos retranchements et nous préparer pour notre « match couperet » qui suivra. »
Sur les cas individuels (Texier, Cantagallo)
Alexandre Texier : « On cherche toujours la meilleure version de chaque joueur. « Tex » a joué de grosses minutes aujourd’hui. Il travaille, il fait ce qu’il peut, et comme tout le monde, il veut faire mieux. Concernant d’éventuelles blessures, je n’ai aucun commentaire à faire. »
Enzo Cantagallo : « Nous n’avons pas encore les résultats des examens. Il n’a pas pu tenir sa place, comme d’autres. S’il peut jouer, il jouera. »
Sur le choix des gardiens (Neckar et Junca)
« Je suis fier de Martin (Neckar). Il s’est battu et il nous a tenus dans le match. C’est un gardien d’avenir. À un moment donné, il faut vivre ces matchs pour apprendre. Après les 5ème et 6ème buts, j’ai senti que c’était le moment de créer un électrochoc et de le retirer, pour lui et pour le collectif. Il sort la tête haute. Concernant la rotation, le plan était établi depuis longtemps. On ne pensait pas qu’Antoine Keller pourrait enchaîner un « back-to-back » après sa performance précédente. C’est Julian Junca qui aura le départ contre le Canada. »
Le mot de la fin sur le troisième tiers
« À la fin du deuxième tiers, le message était simple : rester dans le plan de match. Le but encaissé juste avant la pause nous a assommés alors qu’on était en supériorité, mais l’énergie restait bonne. Malgré les deux buts rapides en début de troisième (5-3, 6-3), les gars n’ont pas lâché. Même si la Tchéquie a un peu baissé de rythme, nous avons continué à produire un jeu défensif cohérent jusqu’à la fin. »

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