Crédit photo : Abdelilah Chaoui / Plan de Match
Après le championnat du monde D1A en Pologne, l’équipe de France retrouvait le Canada à l’Accor Hotel Arena. Un match de gala, sans enjeu. Un match dont le score est anecdotique, ce rendez-vous permet à la France d’avoir un avant-goût des championnats du monde en 2028 en France.
Dans une patinoire parisienne pleine comme un oeuf, ce sont les Tricolores qui ont allumé la première mèche. Floran Douay s’est rapidement présenté face au portier canadien Jet Greaves, sans succès. Le réalisme froid d’outre-Atlantique a alors frappé : Parker Wotherspoon a trouvé la faille dans un espace réduit pour ouvrir le score (0-1, 5’16).
Loin de se laisser abattre, les Bleus ont fait front. Récompensés de leurs efforts, ils sont parvenus à recoller au score moins de cinq minutes plus tard. Idéalement servi par Jules Boscq, Guillaume Leclerc n’a pas tremblé pour faire exploser de joie le public (1-1, 10’37). Décomplexée, la France a même dominé les débats statistiques sur ce premier tiers (11 tirs à 9), passant tout près de prendre l’avantage sur une grosse occasion de Baptiste Bruche juste avant la pause.
Le réveil de l’armada canadienne
Le retour des vestiaires a été fatal aux espoirs français. Après une opportunité manquée d’Enzo Cantagallo, Hockey Canada a passé la vitesse supérieure. Le rythme s’est intensifié et la défense tricolore a fini par plier à quatre reprises en l’espace de onze minutes :
24’24 : Dylan Holloway s’infiltre et redonne l’avantage aux siens (1-2).
27’55 : Mark Scheifele fait fructifier un changement d’aile (1-3).
31’59 : Punition immédiate en supériorité numérique avec Gabriel Vilardi, à l’affût d’un rebond de John Tavares (1-4).
35’05 : Le joyau Macklin Celebrini s’illustre d’une feinte face à Martin Neckar (1-5).
Face à cette tempête, Antoine Keller a pris le relais de Martin Neckar dans les buts. Les Français ont tenté de réagir en fin de tiers, mais le tir de Thomas Thiry s’est fracassé sur la barre transversale.
Un baroud d’honneur dans une ambiance de folie
Le dernier acte a offert moins d’occasions franches, bien que les Bleus n’aient jamais baissé les bras, poussés par leur public. Baptiste Bruche s’est mué en passeur pour Tomas Simonsen, puis en tireur, mais Jet Greaves est resté solide. De l’autre côté de la patinoire, Antoine Keller a brillé en s’offrant une double parade spectaculaire face à Connor Brown et Dylan Cozens.
Intraitables en « powerplay », les Canadiens ont toutefois scellé le score grâce à John Tavares, bien servi par Macklin Celebrini (1-6, 55’42). Malgré la défaite, les offensives de Flavien Dair et Enzo Cantagallo en fin de match, couplées à un dernier arrêt réflexe du patin de Keller, ont maintenu la ferveur du public jusqu’à la sirène finale.
Plus qu’un match, une célébration du hockey français
Cette rencontre de gala ne se résumait pas qu’à l’action sur la glace. Clôturant une saison 2025-26 riche (JO de Milan, Mondial de Sosnowiec), cet événement célébrait également les 20 ans de la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG). Dès l’ouverture des portes, l’Accor Arena s’est transformée en une véritable fête du hockey. Ce match était l’évènement pour fêter les vingt ans de la FFHG. Par ailleurs, en fin de match plusieurs joueuses et joueurs ont été mis à l’honneur pour leur carrière : Pierre-Edouard Bellemare, Sacha Treille, Lore Baudrit, Anaé Simon et Marie-Pierre Pelissou. Un bel avant-goût de la belle fête que nous aurons ici même en 2028 !
Zone mixte :
Jules Boscq (défenseur – équipe de France) :
Je pense que, honnêtement, tout le monde était fatigué. On sort d’un mondial dur. On n’a pas eu le résultat qu’on voulait. On est fatigués mentalement. Ce match, il était écrit depuis longtemps. On devait le faire depuis longtemps. Donc, non, il fallait se présenter aujourd’hui. Je pense qu’on l’a fait. On sort du premier mondial. Après, on craque dans le deuxième. Je pense que ça nous remet aussi les idées en place. C’est des gars de l’NHL en face. Ça se joue sur des petits détails. Et on le voit parce que c’est tous patineux. C’est tous joués OK. Mais c’est vraiment les petits détails qui font la différence. Et en termes d’organ, entre Katowice et aujourd’hui, comment ça s’est passé ? Tout à fait normal. On a pris l’avion le soir du match. Le soir après le dernier match. On est arrivés à l’hôtel tard. On a eu le matin récup. Et le soir, on s’est entraînés.
Jordann Perret (capitaine – équipe de France) :
La fin du mondial, je ne vous le cache pas, c’était une grosse déception. Malheureusement, c’est comme ça, ce qui est fait est fait. Maintenant, il faut apprendre de ça et rebondir pour aller de l’avant et on va s’en servir. Après, le voyage s’est bien passé. On a fini de la chance de finir à Vercy contre une des plus belles équipes au monde, le Canada. Donc pour nous, c’est un honneur de porter ce maillot ici, en plus à la maison, contre le Canada. Justement, ça donne envie à un match comme ça, ça donne envie aux gars de le retrouver en élite. Exactement. Ce soir, la plupart des gars, il y a beaucoup de nouveaux.
On a pu voir ce que c’était un match de championnat du monde élite. Personnellement, c’est le kiff de jouer des matchs comme ça, même si c’est dur. J’espère que ça a donné envie à tout le monde pour pouvoir rebondir l’année prochaine et ensuite penser très fort à 2028. Un petit mot juste sur le fait d’avoir 13 000 personnes dans les gradins, c’est toujours magique. C’est incroyable, c’est incroyable. On est à la maison, on joue au Canada. La maison est pleine, on ne peut pas demander mieux. On représente le plus beau maillot, l’équipe de France. Donc vraiment un honneur et une chance et une fierté de pouvoir faire ça à la maison. C’est quoi la différence avec vous ? Je ne suis pas du tout le même joueur. Oui, exactement. Il y a quand même les meilleurs joueurs au monde en face de nous. Je pense qu’ils jouent tous en NHL, même presque sûr. On va dire qu’il y avait moins de stars, mais il y en avait quand même. Après, le niveau de jeu reste extrêmement élevé. C’est toujours incroyable de jouer contre ces pays-là. On est chanceux, je le redis.
