Ce vendredi 8 mai, c’est le dernier match de la France dans ce mondial D1A à Sosnowiec en Pologne. La France affronte le Kazakhstan et doit impérativement l’emporter dans le temps réglementaire pour continuer à espérer. Le destin des Bleus n’est plus entre leurs mains, mais pour finir en beauté, une victoire serait bienvenue.

Une bonne copie… mais pas de but

Il n’y a pas de round d’observation dans ce dernier match. Le Kazakhstan prend vite le jeu à son compte avec une première alerte de Logvin notamment dans les premières secondes. Les Bleus sont moins attentistes et répondent avec Dusseau qui tente de la ligne bleue. Shutov l’arrête de la mitaine. (2ème).

Jules Boscq s’ajoute à la liste des tirs de la ligne bleue avec un peu de trafic devant le gardien adverse. En ce début de match, la France semble vouloir appliquer la recette nécessaire dans ce type de match. Plus dynamiques et entreprenants que lors des matchs précédents, les Bleus tentent plus souvent, Aurélien Dair y va de son tir bien repoussé par Shutov.

C’est un bon début de match de la part des Bleus, ils sont plus spontanés devant la cage adverse, le rythme est plus élevé que lors des matchs précédents. Il y a très peu de coupures dans ce match. A la septième minutes, le Kazakhstan s’offre une occasion par Kaiyrzhan qui voit son tir arrêter par Antoine Keller. Sur la mise au jeu suivante, c’est Khoroshev esseulé sur le cercle gauche qui lance sur Keller qui fait l’arrêt.

Alors que nous arrivons à la moitié de ce premier tiers, toujours 0-0, le Kazakhstan relève un peu la tête et se procure des occasions en zone offensive. Sur une montée rapide initiée par Jules Boscq, Valentin Grossetête est lancé mais un hors-jeu est signalé. Il brasse avec Logvin devant le but Kazak. Le français est envoyé sur le banc des pénalités à 8’04’’ pour dureté. Les Kazak ont du mal à installer leur jeu de puissance. Sur le début de la séquence, l’action la plus dangereuse lorsque Jordann Perret part en contre mais n’arrive pas à armer son tir. (8ème). De façon très convaincante, la France écoule cette pénalité.

Cependant, l’équipe d’Asie centrale remet la crosse sur la rondelle et se montre dangereuse. Antoine Keller repousse le disque. Les Bleus restent mobilisés et sur une très belle passe de Valentin Grossetête, Flavian Dair dans l’enclave manque le cadre (13ème). Sur la séquence suivante, le momentum est Kazak et Antoine fait les arrêts nécessaires. A noter, tout de même qu’Antoine Keller laisse beaucoup de rebonds. Une belle action Kaiyrzhan du cercle droit mais Keller est vigilant et repousse la rondelle (16ème).

En fin de période, les Bleus semblent un peu plus émoussés et ont plus de mal à sortir les assauts du Kazakhstan, mais ils résistent. Les deux équipes rentrent aux vestiaires sur un score nul et vierge. La copie proposée par la France est de bien meilleure qualité que lors des matchs face à la Lituanie ou l’Ukraine pour le moment. Il reste qu’il va falloir trouver un moyen de faire sauter le verrou Kazak tôt ou tard. L’enjeu de la deuxième période est là.

Rien de nouveau à Sosnowiec

C’est parti à la Sosnowiec Winter Arena pour cette deuxième période. La ligne Perret, Boudon, Dair se signale avec un tir très extérieur de Louis Boudon. C’est le début du momentum bleu. Floran Douay se retrouve face à Shutov qui repousse la rondelle.

Sur une perte de palet en zone offensive Omirbekov passe à Gatiyatov seul face à Keller qui s’interpose. Sur la séquence suivante, poteau pour le Kazakhstan sur un très beau tir de Gatiyatov encore lui. L’intensité est montée d’un cran en ce début de période médiane. La rondelle va d’un but à l’autre.

Après une entrée en matière plutôt bleue, c’est autour du Kazakhstan d’avoir la possession et de mettre en difficulté la défensive française. Alors que nous arrivons à mi-match il n’y a pas de répit pour les défenses, le disque va d’un but à l’autre. Antoine Keller a été mis à contribution à plusieurs reprises sur la séquence. Le Kazakhstan est l’équipe la plus forte sur le papier mais la France joue d’égal à égal cet après-midi. Le premier qui craquera prendra une option sur le match probablement.

La France avait le momentum lorsque le Kazakhstan part en contre et Breus se retrovue face à Keller qui ferme une nouvelle fois la porte. Sur la séquence suivante, Shutov est sonné après avoir reçu un tir de Grossetête en pleine tête. (32ème). A la 35ème sur une belle possession française, Dusseau lance vers le but, Simonsen dévie dans le slot mais personne ne peut reprendre. Sur l’action suivante, c’est Baptiste Bruche qui tente d’un angle fermé, Shutov ferme la porte.

Comme en première période, la fin du tiers est plutôt à l’avantage du Kazakhstan mais la France résiste bien. Dans la dernière minute, Flavian Dair est chassé pour charge à la tête. Le Kazakhstan a une belle opportunité de faire plier les Bleus. L’avantage numérique n’arrive pas à se mettre en place du côté des joueurs de l’Asie centrale. Après quarante minutes aucune des deux équipes n’a craquer et le score est toujours nul et vierge. Les Français sont bien mieux sur la glace. Ils devront aborder avec sérieux la dernière période avec sérieux. Ils seront en désavantage numérique pour une minute. Tout reste à faire.

Au bout du suspense, le Kazakhstan l’emporte face à la France

 

Tout est encore possible en ce début de troisième tiers en Pologne.  En infériorité, les Bleus se montrent agressifs. Jordann Perret récupère un palet derrière la cage Kazak, il remet dans l’enclave à Louis Boudon qui lance mais Shutov est vigilant et stoppe le shoot. La France écoule la pénalité sans difficulté. Le disque va très rapidement du’n but à l’autre. Valentin Grossetête alerte Shutov du cercle droit mais le gardien Kazak ne laisse pas de rebond.

Sur un gros travail de Valentin Grossetête dans la bande, le disque est récupéré. Il remet à Guillaume Leclerc dans l’enclave. Ce dernier passe à Flavian Dair en retrait qui lance mais Shutov a parfaitement suivi (44ème). Les Bleus continuent de mettre la pression. La mise au jeu est gagnée par Leclerc, il remet à Guebey, qui passe à Grossetête, il lance. Shutov laisse un rebond et une cage grande ouverte. Flavian Dair se jette comme un mort de faim et pousse la rondelle au fond des filets. La France mène 1-0 à 45’17’’.

Ce but n’a pas démobilisé les bleus. Ils restent appliqués dans les deux sens de la patinoire. Il reste tout juste dix minutes à faire au match et l’équipe de France reste concentrée sur son objectif. Sur une attaque parfaitement menée, Dimitriy Breus ajuste parfaitement Antoine Keller de la ligne bleue. Il a reçu une passe de Mikhailov à sa droite. (Shaikhmeddenov a une assistance sur le jeu). Le Kazak revient au score à 50’44.

Il reste moins de dix minutes aux hommes de Yorick Treille pour se donner le plus de chance possible de rejoindre l’élite dès l’année prochaine en remportant ce match dans le temps réglementaire. La France repart à l’abordage avec Dusseau et Bruche notamment dans ces derniers instants. Cantagallo tente du haut du cercle gauche mais son tir est repoussé.

Sur la séquence suivante, Khoroshev reprend un palet par Omirbekov dans l’enclave, Keller est battu mais le disque manque le cadre (57ème). Dans les deux dernières minutes, Yorick Treille tente le tout pour le tout en sortant Antoine Keller. La France joue à six contre cinq. La France est installée en zone offensive et fait feu de tout bois dans la dernière minute. Cela ne donnera rien. Les deux équipes se retrouvent en prolongation.

En prolongation, Omirbekov et Savitskiy alertent une première fois Keller qui est voit le disque passer devant lui. Sur la séquence suivante, c’est Gatiyatov qui se signale. Pour le moment la défense tient bon. La France est acculée dans sa zone pendant cette prolongation. Muratov y va de son tir également et il manque le cadre. Seul Boudon propose un rush mais sans succès face à Shutov. Nous nous dirigeons tranquillement vers une nouvelle séance de pénalties.

La séance de tirs aux buts est remportée par le Kazakhstan, qui remporte le match. Le Kazakhstan retrouvera l’élite la saison prochaine en Allemagne. La France reste en D1A sauf si l’Ukraine et la Pologne perdent en temps réglementaire. La probabilité est relativement faible.

 

Feuille de match

 
Zone mixte : 

Flavian Dair (attaquant – équipe de France) : 

Aujourd’hui on a joué comme on aurait dû jouer tout le tournoi. Donc c’est quand même bien qu’on ait pu montrer ce qu’on avait fait aujourd’hui. Même si on voulait encore mieux, on a réussi de le montrer avant. Sauf qu’on est un peu déçus, mais on ne peut pas changer de passé de toute façon. Comment tu te jettes dessus ? Alors il y a un tir d’en haut, moi je suis devant la cage. J’arrive à dévier le palais, puis je vois le palais qui gratte sur la ligne. On a fait un meilleur majeur ensemble. Dans toute l’année que j’ai joué, je me suis toujours senti bien. On a toujours eu une bonne chimie. Aujourd’hui ça a marché. On l’aurait mérité aussi un peu avant. Aujourd’hui ça a payé, tant mieux.

C’est vrai que le manque de défenseurs nous a peut-être un peu fait du mal. Après on doit s’adapter à ça dans les tournois comme ça. C’est des choses auxquelles il faut qu’on se prépare. Dans ce tournoi, chaque point compte. Au final, même si on a gagné trois matchs, on perd quand même des points. C’est des points qui sont importants pour le résultat final.

Fabien Colotti (defenseur – équipe de France) :

Je me suis senti plutôt bien, j’avais un rôle qui était assez compliqué en tant que 13ème attaquant, en manque de temps de jeu, donc j’ai donné le coup de main à l’équipe que je devais donner, c’était en défense, c’était une première expérience pour moi, que ce soit pro ou amateur, donc j’ai essayé de prendre du plaisir à ça et d’amener le maximum de mon potentiel défensif. [qu’est-ce que cela change?] On est un peu plus patient on va dire, l’effort est vraiment différent, il n’est pas moins intense mais il y a moins d’accélération, il y a moins de changement de rythme on va dire, et pour un attaquant c’est beaucoup de patinage arrière, c’est ça qui m’a fait un petit peu bizarre de faire les jeux en marche arrière, c’est vrai que ce n’est pas évident pour un attaquant. C‘est sûr que ce soir le sentiment c’est de la déception mais on a beaucoup à apprendre de ce mondial, c’était notre premier à tous à chaque joueur, on n’avait pas connu un mondial D1 et on voit que c’est des matchs couperets, tous les matchs sont durs et offensivement je pense qu’on aurait pu faire plus la différence si on était un peu plus connectés ensemble, c’est un groupe qui est jeune, qui n’a pas eu l’habitude de jouer ensemble non plus, alors des excuses on peut s’en trouver des millions, mais on va se servir de tout ça pour grandir et pour le futur de l’équipe de France.

[un nouveau cycle?] Dans la douleur exactement mais c’est aussi dans la douleur qu’on apprend, ce soir on a pris une bonne claque et bientôt ça sera à nous d’en donner. 

 

Yorick Treille (coach – équipe de France) :

Je pense que notre début de match il est un peu mou, le premier tiers on a quand même subi énormément, ensuite il y a eu une réaction avec beaucoup plus d’agressivité et de gains de duel à partir du deuxième tiers. Encore une fois, on est proche mais ça ne compte pas, c’est une grosse déception. Aujourd’hui les défenseurs font une partie intégrale de l’offensive à cinq, on a subi ça aujourd’hui pas mal avec beaucoup de défenseurs qui sont passés devant le premier « fore checker » 1 et 2, ils ont généré pas mal de supériorité numérique sur des contres à cause de ça, nous on l’a fait moins bien qu’eux, après dans la zone offensive évidemment pour écarter la pression, le puck doit passer par les défenseurs, c’est le hockey encore plus aujourd’hui qu’avant, ça ne date pas d’hier, mais aujourd’hui c’est hyper important que les défenseurs participent à l’offensive.

Les gars ont tout donné et puis je tire mon chapeau aussi à Fab’ qui a donné un gros coup de main, c’est le tournoi qui veut ça, on ne peut pas remplacer, on perd Hugo et Charles qui étaient en train de faire un gros tournoi, c’est clair que ça a été un handicap pour ce groupe, mais c’est la réalité pour tout le monde, il peut y avoir des blessures, on a fait face à ça comme on pouvait et les gars ont beaucoup donné, il y avait pris beaucoup de jus à la fin, je vous garantis que les gars ont tout laissé sur la glace.

[Bilan] Mission non accomplie, donc grosse déception, un échec par rapport à l’objectif qu’on s’était fixé, dans les échecs on apprend énormément également et pour tous les joueurs c’était leur premier groupe B, donc je pense que maintenant on a compris que c’était à chaque fois des matchs ultra serrés, des matchs de 2-1, 3-1 et que tous les détails comptent et qu’on ne peut prendre aucun adversaire avec une forme d’arrogance, ça n’existe pas, ça c’est la réalité et je pense que ça va être des expériences bénéfiques pour l’an prochain, pour mériter une promotion, c’est l’objectif, mais aujourd’hui c’est dur de trouver les mots, il y a du travail.

Oui, il y avait énormément d’absents, on ne va pas se le cacher, on n’a jamais parlé des absents et moi je tiens à féliciter l’effort des gars qui étaient présents, ils ont tout donné, malgré ça, malgré les absents, je pense qu’on avait vraiment les cartes en termes de qualité, talent, peu importe, outil, ce que vous voulez l’appeler, pour finir dans les deux de ce groupe et mériter nos promotions, donc il n’y a pas d’excuse par rapport à ça. 

 

Crédit photo : Timothé Grandhomme / Plan de Match