Soyons honnêtes : si on nous avait dit, avant de poser nos valises à la Milano Rho Arena, que les Bleues auraient zéro point après trois matchs, on ne se serait pas forcément étranglé avec notre espresso. Le réalisme froid du classement IIHF (la Suède est 6e, le Japon 7e) laissait présager une montagne. Mais ce que les chiffres ne disent pas, c’est le cœur qu’elles y mettent.

Après la déception face à l’Italie et le frisson presque victorieux contre le Japon, nos Françaises ont subi la loi du plus fort ce dimanche face à l’ogre suédois (4-0). Un score sévère ? Peut-être. Un rappel à l’ordre physique ? Assurément. Mais aujourd’hui, lundi 9 février à 16h40, le curseur change. Face à l’Allemagne, ce n’est plus seulement une question de points, c’est une question de territoire.

L’Allemagne, l’obstacle connu

L’Allemagne, c’est ce voisin un peu trop sûr de lui qui nous devance systématiquement au classement (8e mondiale). Elles arrivent avec la confiance d’un succès probant contre le Japon (5-2) et une Laura Kluge qui marche sur l’eau. Pour nos Bleues, le calcul est désormais simple : il faut un exploit majuscule pour espérer ne pas terminer à la dernière place de ce Groupe B, voire, selon les scénarios, arracher une qualification miraculeuse.

Les clés du hold-up

Pourquoi y croire ? Parce que cette équipe de France a montré qu’elle pouvait « regarder dans les yeux » les meilleures nations pendant quarante minutes. Pour faire tomber le mur Sandra Abstreiter, il faudra assumer la « Philbert-dépendance ». Elle a été héroïque face à la Suède. Elle sera encore le bouclier indispensable face aux vagues allemandes. Il nous faudra également un réveil de l’attaque avec seulement 3 buts en 3 matchs, le secteur offensif doit retrouver de la spontanéité. On attend le déclic pour le duo Duvin-Rozier. Estelle Duvin s’est mieux sentie lors du match face à la Suède et ça s’est vu. Enfin, contre la Suède, le premier tiers a été plombé par les prisons. Face aux Allemandes, chaque minute en infériorité sera une balle dans le pied.

Plus qu’un match, une identité

On ne va pas vous mentir, la marche est haute. Mais dans ces JO de Milan-Cortina, l’équipe de Grégory Tarlé n’est pas venue pour faire du tourisme. Elles sont venues pour prouver que la France appartient au gratin mondial. Contre l’Allemagne, les Bleues ont l’occasion de transformer leur résilience en résultat. Alors, on range les complexes au vestiaire, on aiguise les patins, et on montre à la Frauenteam que l’esprit gaulois n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il est dos au mur.

Rendez-vous à 16h40. Pour la gloire, pour le maillot, et pour que Milan résonne enfin au son de la Marseillaise.