Alors que la Suède vient de battre l’Allemagne quatre buts à un à la RHO Arena au Nord de Milan, nos bleues affrontent l’Italie. Un match historique pour les deux équipes. Un match ou les émotions seront intenses. Les Bleues écrivent une belle page de l’histoire du hockey sur glace. Place à la magie sur la glace comme l’ont dit Julia Mesplède et Jade Barbirati.

Alice Philbert héroïque dans un premier tiers étouffant

Le coup d’envoi est à peine donné que les Transalpines prennent déjà le contrôle du palet. Fébriles en relance, les Bleues subissent d’entrée le pressing italien. Pourtant, c’est bien la France qui s’offre la première étincelle : à la 2ème minute, Jade Barbirati s’infiltre dans la défense par un slalom magistral, mais Fedel repousse l’échéance alors que le but semblait tout fait.

La réponse italienne est immédiate. Sous l’impulsion de Justine Reyes, l’Italie bombarde la cage française. Alice Philbert, impériale, commence alors son festival pour maintenir les siennes à flot. Malgré ce siège, les joueuses de Grégory Tarlé parviennent par séquences à poser leur jeu, portées par une Jade Barbirati inspirée.

À la 9ème minute, le match bascule. Lore Baudrit intercepte un palet en zone neutre et file seule au but avant d’être fauchée par Franziska Stocker. En supériorité numérique, les Françaises saisissent leur chance : Clara Rozier et Anaé Simon combinent pour servir Gabrielle de Serres dont le lancer, dévié, finit au fond des filets (9’42 »). Un but historique : Gabrielle devient la première buteuse française de l’histoire aux Jeux Olympiques.

Gabrielle de Serres, entourée d’Estelle Duvin, Margot Huot-Marchand et Chloé Aurard-Bushee après son but face à l’Italie. 5 février 2026. Jeux Olympiques Milan-Cortina. Crédit : Plan de Match / Abdelilah Chaoui.

La joie tricolore est malheureusement éphémère. Dès l’engagement suivant, l’Italie repart à l’assaut. Nadia Mattivi sert Kayla Tuttino dans l’enclave, qui bat Philbert de près (1-1, 10’42 »). Ce but galvanise les Italiennes qui reprennent leur domination territoriale.  La fin de période est un véritable calvaire statistique pour la France. Dominées 22 à 4 au chapitre des tirs, les Bleues sont acculées. Heureusement, Alice Philbert multiplie les arrêts sur sa ligne, bien aidée par la rigueur défensive notamment d’Emma Zilliox. Malgré cette pression constante, les Françaises parviennent même à s’offrir la dernière action dangereuse du tiers.

Le bilan à la pause : Si le score est de parité (1-1), le résultat est flatteur pour la France. Portées par une gardienne en état de grâce et le duo Rozier-Baudrit, les Bleues devront impérativement trouver des solutions pour desserrer l’étau italien et épauler une Estelle Duvin plus en difficulté.

Les Bleues sous pression, l’Italie prend l’avantage

Au retour des vestiaires, le sélectionneur Grégory Tarlé tente un coup de poker pour redynamiser son effectif. Les lignes sont mixées : Baudrit rejoint Aurard, tandis que le duo Rozier-Duvin est désormais épaulé par la jeune Clémence Boudin. Malgré ces ajustements, l’entame de cette période médiane reste résolument à l’avantage des Transalpines.

Les Italiennes campent littéralement dans la zone offensive française. Les Bleues font le dos rond et parviennent, par à-coups, à placer quelques contres. À la 22ème minute, Manon Le Scodan manque de peu le cadre sur un rebond capricieux, puis Chloé Aurard-Bushee tente sa chance du cercle gauche, mais la gardienne Fedel veille au grain. Le danger se précise pour la France lorsque Aurora Abatangelo, esseulée dans le slot, manque de dévier un tir de Fantin. Acculées, les Françaises s’en remettent encore une fois à une Alice Philbert impériale, qui « tient la baraque » face aux assauts répétés.

À mi-match, après une tentative de Huot-Marchand et d’Estelle Duvin, la situation se complique : Clara Rozier est envoyée en prison pour une charge contre la bande (27’05’’). En infériorité numérique, la solidarité française est mise à rude épreuve. Les Italiennes installent leur jeu de puissance, mais la chance sourit enfin aux Bleues lorsque le poteau gauche vient suppléer Philbert sur un tir foudroyant de Matilde Fantin.

Les bleues acculées devant leur but. Italie vs France. 5 février 2026. Milan-Cortina 2026. Jeux Olympiques. Crédit : Plan de Match / Abdelilah Chaoui

Malgré cette résistance acharnée, la pression italienne finit par payer. À moins de cinq minutes de la fin du tiers, sur une transition rapide, Della Rovere déclenche un lancer repoussé par Philbert. Malheureusement, Rebecca Roccella a bien suivi et vient ajuster la gardienne française pour donner l’avantage à l’Italie (2-1, 35’17’’). Piquées au vif, les Bleues tentent de réagir en fin de période. Manon Le Scodan puis Julia Mesplède sollicitent la défense italienne, mais sans véritablement mettre Fedel en danger. Une période difficile où les Françaises ont encore subi le rythme imposé par les Italiennes. Menées au score, les Bleues devront montrer un tout autre visage et provoquer un véritable sursaut collectif pour renverser la vapeur. Tout reste possible, mais le temps presse.

La douche froide et les regrets

Le dernier acte démarre de la pire des manières pour le camp tricolore. Dès l’engagement, Matilde Fantin s’échappe seule, transperce une défense passive et loge le palet sous la barre transversale d’Alice Philbert. Après seulement 14 secondes de jeu, l’Italie s’envole (3-1, 40’14’’). Ce coup de massue semble couper les jambes des Bleues. Les Françaises perdent le fil de leur hockey tandis que l’Italie, insatiable, maintient une pression constante. À la 45ème minute, le scénario s’aggrave : Anna Caumo sert Kristin Della Rovere qui nettoie la lucarne d’un tir imparable. Le tableau d’affichage est cruel : l’Italie mène désormais 4-1.

Sur la glace, l’agacement devient palpable. Alors que l’Italienne Heidenberger est sanctionnée pour obstruction, Jade Barbirati se fait justice elle-même et écope d’une pénalité pour dureté. Quelques instants plus tard, c’est au tour de Chloé Aurard-Bushee d’être envoyée en prison pour charge incorrecte. Réduites à la défensive, les Bleues parviennent à écouler ces infériorités numériques sans encaisser de nouveau but, mais l’essentiel est ailleurs : le chronomètre défile et l’espoir s’envole.

En fin de match, Della Rovere est chassée pour charge incorrecte, les bleues mettent du temps à installer leur jeu de puissance. Zilliox et Huot-Marchand tentent d’alerter la cerbère transalpine mais sans succès. Les Italiennes écoulent la pénalité et se dirigent vers une première victoire dans ce tournoi olympique.

Ce match inaugural, marqué par le premier but olympique historique de Gabrielle de Serres, laisse finalement un goût de trop peu. Malgré les exploits répétés d’Alice Philbert dans les filets, la domination italienne et le manque de discipline en fin de rencontre ont scellé le sort des Françaises. Il n’y a pas de temps pour les regrets. Les joueuses de Grégory Tarlé doivent se remobiliser immédiatement : un défi immense les attend dès demain, à midi, face au Japon, un adversaire d’un calibre encore supérieur.

L’équipe d’Italie célèbre sa victoire face à la France, grâce notamment à Della Rovere. Milano-Cortina 2026. Jeux Olympiques. 5 février 2026. Crédit : Plan de Match / Abdelilah Chaoui.

Résumé du match

PériodeScoreFaits marquants
T11 – 1But historique de G. De Serres, Philbert impériale (22 tirs subis).
T20 – 1L’Italie prend l’ascendant malgré un poteau français.
T30 – 2Entame catastrophique et indiscipline des Bleues.
Final1 – 4Victoire de l’Italie.
 
Zone mixte :

Clara Rozier (attaquante – France) : C’est une équipe que nous ne connaissions pas. Nous devions avoir un match de préparation et elles l’ont annulé trois jours avant. Devant leur public, une patinoire pleine, c’était compliqué. Ma pénalité, ce n’est pas de la frustration, j’ai l’habitude de jouer avec charge en Suisse. L’arbitre m’a dit qu’il fallait qu’au moins j’ai l’intention de jouer le palet. Nous n’avons pas réussi à jouer avec notre identité.

Gabrielle de Serre (arrière – France) : On est rentré dans le match pour suivre le plan de match. Ce but c’est personnel et ça n’a pas d’importance, c’est un sport d’équipe à la fin de la journée. C’est ça la vérité. Avec Chloé on s’était dit que si on avait la possibilité de tirer aux buts si c’était un peu voilée on y allait. C’était excitant mais très vite le match a tourné. Dans le futur ce sera excitant d’avoir marqué le premier but mais aujourd’hui c’est pas drôle, parce qu’on a pas gagné.

Grégory Tarlé (coach – France) : On est rentré comme il faut dans notre match. Certes, elles avaient le palet mais elles n’avaient pas de chances très franches. A 2-1 fin du deuxième ça tenait encore. Les deux buts en début de troisième nous ont fait mal. Maintenant, on va se dire les choses et se tourner vers le Japon, on joue demain à midi…

 

 

Feuille de match