Derrière le prestige de la cérémonie d’ouverture et l’éclat des médailles, les Jeux Olympiques de Milan-Cortina cachent une réalité bien plus quotidienne pour l’équipe de France. La glace, l’arbitrage, les codes et règles à respecter. L’état de l’effectif. Plan de Match vous propose un tour d’horizon sur cette préparation avant le début de la compétition.
Le « Mur » des managers et le facteur Antoine François
C’est une réalité que le grand public ignore : participer aux JO, c’est d’abord affronter une montagne de règles. À la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG), les managers « prennent un mur ». Règlementations draconiennes du CIO, protocoles de sécurité, logistique… la complexité est forte. Chacun doit avoir son rôle et tout est très contrôlé. Venant d’un sport avec une expérience des JO, Antoine François apporte son expérience et il permet à la Fédération de trouver ses marques. Il accompagne les managers des équipes dans cette complexité nouvelle pour eux.
Overdose d’infos et contrôles à répétition
Avant même de chausser les patins, les athlètes ont dû digérer un flux d’informations massif. Jordann Perret nous l’a confié : l’avant-Milan a été un marathon de formations (éthique, santé, vie au village) et d’informations. Lore Baudrit, que nous avons rencontrée hier, confirme cette multiplication des sollicitations. À cela s’ajoute une surveillance de tous les instants. Les contrôles antidopage à répétition font désormais partie du quotidien, une routine aussi nécessaire qu’épuisante.
En termes de règles, l’équipe de France semble avoir des règles que les autres non pas. Aucun logo, aucune décoration dans le vestiaire, sauf que les autres équipes se le permettent selon nos informations. C’est un apprentissage, une compréhension du fonctionnement des JO. Une des contraintes les plus complexes est la suivante. Lorsque les athlètes et le staff arrivent à la patinoire, ils doivent être habillé en Le Coq Sportif mais dans la patinoire, le sponsor qui prime est celui de l’IIHF, c’est à dire Nike. Il faut que tous se changer en arrivant et en repartant sans oublier quel sponsor avoir sur le dos… Une vraie préparation tout ça!
Une glace qui « résonne » et une zone neutre réduite
Sur la glace, les sensations sont déroutantes. Plusieurs joueurs, ainsi qu’Estelle Duvin, ont rapporté un phénomène singulier : la patinoire produit des bruits sourds et des résonances étranges sous les lames. La raison ? Ce n’est pas une dalle sous la glace mais du sable ! Plus complexe encore : les dimensions ne semblent pas standards. La zone neutre est plus courte, ce qui réduit considérablement le temps de réaction en transition. C’est un hockey plus vertical et plus agressif qui s’annonce. Dans ce contexte, les renforts de la NHL et de la KHL sont importants : Alexandre Texier et Stéphane da Costa sont attendus entre le 6 et le 8 février . Selon nos informations, Alexandre Texier est bien apte à jouer. Le Canadien de Montréal semble vouloir préserver le joueur avant ces jeux olympiques.
La stratégie « 1 & 4 » de Yorick Treille
Dans un groupe A extrêmement relevé, le sélectionneur Yorick Treille et son staff ont affiné une stratégie chirurgicale. Si aucun match n’est négligé, deux rendez-vous ont été cochés en rouge : le premier et le quatrième match du tour préliminaire.
- Le Match 1 : L’objectif est de cueillir à froid un adversaire qui n’aurait pas encore trouvé son rythme ou qui pourrait faire preuve d’excès de confiance face aux Bleus.
- Le Match 4 : En fin de poule, la fatigue et les enjeux de classement pourraient jouer en faveur de la France si l’adversaire est déjà qualifié ou, au contraire, sous pression.
Un autre élément à prendre en compte, c’est l’arbitrage et la règle est simple, si plus de 50% des joueurs sur la glace sont issus de NHL, alors les arbitres seront des arbitres de cette ligue. Sinon, ce sont des arbitres IIHF et cela un impacte sur le déroulé des matchs. Un arbitre NHL aura moins tendance à siffler les charges qu’un arbitre IIHF. A l’inverse, un arbitre IIHF aura tendance à moins siffler les cinglage et coup sur les mains. En ce qui concerne l’équipe de France, face au Canada se sera un quatuor NHL mais IIHF face à la Tchéquie et la Suisse. Vous serez prévenus.
Défense et famille : les piliers de la performance
Côté effectif, les défenseurs font l’objet d’un briefing tout particulier pour compenser l’étroitesse de la zone neutre. Jules Boscq, en pleine possession de ses moyens, affiche une confiance sereine. Le jeune défenseur voit ces JO comme la vitrine idéale pour démontrer l’étendue de son talent sur la scène mondiale.
Enfin, pour tenir sur la durée, le moral est clé. Le dispositif « famille » instauré à Paris 2024 a été reconduit à Milan. Les athlètes, comme Lore Baudrit, pourront profiter de moments précieux avec leurs enfants et leurs proches. Un équilibre essentiel pour garder la tête froide quand la pression montera d’un cran.
Un parcours du combattant pour accéder aux sites
Un des éléments à prendre en compte dans la couverture des jeux olympiques, c’est le temps de parcours. Les patinoires sont aux deux extrémités de la ville de Milan, tout se fait en transport en commun. Il faut prévoir environ une heure voir une heure trente pour aller d’un site à un autre. Peu importe où vous logez dans Milan que ce soit le centre de presse, la patinoire Santa Giulia, la patinoire RHO, c’est long et fastidieux.