HISTORIQUE. Ce jeudi à 14h40, l’équipe de France féminine de hockey sur glace disputera le tout premier match olympique de son histoire. Pour ce baptême du feu, les joueuses de Grégory Tarlé affrontent l’Italie, pays hôte, dans une Milano Santa Giulia Arena qui promet d’être incandescente.

C’est le moment que des générations de joueuses attendaient. Depuis que le hockey féminin a intégré le programme olympique en 1998, la France n’avait jamais réussi à franchir la dernière marche. C’est désormais chose faite. Demain, à l’heure du café, les Bleues ne patineront pas seulement pour un match, mais pour une reconnaissance internationale définitive.

Un duel sous haute tension

Le calendrier a bien fait les choses : pour débuter son tournoi dans le Groupe B, la France défie l’Italie. Un « derby des Alpes » aux allures de piège. Si les Italiennes (17es mondiales) pointent derrière les Françaises (14es) au classement IIHF, elles bénéficient de la ferveur locale et d’une préparation commando sous la houlette de leur coach canadien, Eric Bouchard.

« L’Italie aura la pression de jouer à domicile. Nous, on vient avec beaucoup d’ambition et de lucidité. On n’est pas là pour regarder les anneaux, on est là pour performer », a martelé le sélectionneur français Grégory Tarlé en conférence de presse.

Duvin-Rozier : l’atout feu des Bleues

Pour faire taire les spectateurs de la nouvelle Arena de Milan, la France compte sur son duo de feu : Estelle Duvin et Clara Rozier. Les deux compères, qui martyrisent les filets du championnat suisse avec le SC Bern, seront les fers de lance de l’attaque tricolore. En attaque, l’expérience de la capitaine Lore Baudrit (plus de 240 sélections) sera capitale pour stabiliser le groupe face à l’agressivité attendue des Italiennes, emmenées par leur défenseure vedette Nadia Mattivi.

Les clés tactiques : Comment les Bleues peuvent s’imposer ?

Les Italiennes, souvent dominées dans le jeu à 5 contre 5, comptent énormément sur les fautes adverses pour marquer. La discipline sera le maître-mot pour les Françaises. Ne pas répondre aux provocations physiques sera crucial pour éviter de passer le match en infériorité numérique. Le premier bloc offensif français est l’un des plus redoutés de cette poule B. La complicité entre Estelle Duvin (meilleure pointeuse française) et Clara Rozier est quasi télépathique, le duo tic et tac comme on les appelle dans le vestiaire. Si elles parviennent à installer leur jeu de transition rapide, la défense italienne, parfois lente dans ses replis, pourrait voler en éclats.

C’est le grand défi psychologique. Le premier tiers-temps sera déterminant. Si la France parvient à éteindre le public milanais en marquant rapidement, elle se facilitera la tâche. À l’inverse, si le score reste vierge ou en faveur de l’Italie, le doute pourrait s’installer face à une équipe qui joue le match de sa vie. Le format est simple mais cruel : dans cette poule B (Suède, Japon, Allemagne, France, Italie), seules les trois premières nations rejoindront les quarts de finale. Une victoire d’entrée face au « petit poucet » italien est donc quasi obligatoire pour espérer voir la suite de la compétition.