Le tournoi de hockey sur glace masculin des Jeux olympiques de Milan-Cortina entre dans sa dernière ligne droite ce vendredi. Après une journée de quarts de finale complètement folle où trois des quatre rencontres se sont décidées en prolongation, le décor est planté à l’aréna Milano Santagiulia. Le Canada a rendez-vous avec la Finlande, tandis que les États-Unis feront face à la surprenante formation slovaque.
Le Canada averti face à des Finlandais miraculés
Le Canada est passé tout près de la catastrophe en quart de finale. Oubliée, l’écrasante victoire de 5-0 en ronde préliminaire : les Canadiens ont dû s’en remettre à une égalisation tardive de Nick Suzuki en fin de 3e période pour arracher la prolongation, avant que Mitch Marner ne s’érige en héros (4-3). Ombre au tableau : la troupe de Jon Cooper pourrait devoir se passer de son capitaine Sidney Crosby, blessé et contraint de quitter le match en deuxième période, bien qu’un retour ne soit pas encore totalement exclu selon RDS.
L’obstacle du jour s’appelle la Finlande, une équipe qui a elle aussi prouvé sa résilience. Les Finlandais accèdent à cette demi-finale après avoir effacé un retard de 2-0 contre la Suisse pour finalement l’emporter 3-2 en prolongation grâce à un but d’Artturi Lehkonen. La Finlande a par ailleurs surmonté l’adversité en dehors de la patinoire, Anton Lundell ayant avoué avoir combattu un norovirus qui a circulé dans le village olympique avant de revenir au jeu.
Les « Lions » savent toutefois que l’ogre canadien représente un défi de taille. En entrevue avec TVA Sports et RDS, Mikko Rantanen a insisté sur la nécessité de museler Connor McDavid : « S’il a trop d’espace ou de temps avec la rondelle, il va créer quelque chose. Il faut mettre de la pression sur lui. » Le défenseur Esa Lindell, conscient de la menace, aborde le match avec une mentalité de guerrier : « Ce n’est pas une équipe facile à affronter […] mais on ne sait jamais ce qui peut arriver pendant un match. »
L’armada américaine contre la Cendrillon slovaque
Les États-Unis ont, eux aussi, eu des sueurs froides en quart de finale. Malgré une outrageuse domination au chapitre des tirs (40 contre 29), il aura fallu que le gardien Connor Hellebuyck réalise 28 arrêts cruciaux pour garder les siens dans le coup face aux rares, mais dangereuses, percées suédoises. Le soulagement était immense dans le camp américain après la rencontre.
Ce soir, les Américains croiseront le fer avec la Slovaquie, la seule équipe du dernier carré à avoir validé son billet sans passer par la case prolongation. Les Slovaques ont en effet malmené l’Allemagne 6-2 (avec notamment des buts de Pavol Regenda et un filet désert de Tomas Tatar). Emmenée par le jeune attaquant des Canadiens de Montréal Juraj Slafkovský, la Slovaquie assume pleinement son rôle d’empêcheur de tourner en rond.
Slafkovský, qui échange régulièrement des textos avec ses coéquipiers du Tricolore depuis l’Italie, ne cache pas ses ambitions : « C’est un tournoi qui oppose les meilleurs face aux meilleurs et on a réussi jusqu’ici à se placer parmi le top-4 », a-t-il déclaré à RDS. « Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour décrocher une médaille et on la veut vraiment. Ça va probablement être le match le plus difficile qu’on ait jamais joué. » Quinn Hughes a d’ailleurs prévenu ses coéquipiers américains : la Slovaquie est une équipe en pleine forme, compétitive, extrêmement rapide et animée par un niveau de détermination colossal.
Les deux équipes gagnantes de ce vendredi s’affronteront dimanche pour l’or olympique, tandis que les perdants devront se remobiliser dès demain pour la bataille pour la médaille de bronze.
L’œil des stats : Ce que dit le modèle NL Ice Data
Sans grande surprise, le modèle NLice Data place le Canada dans le siège du conducteur avec un peu plus de deux chances sur trois de l’emporter (67,1 %). La profondeur de l’attaque canadienne, menée par Connor McDavid, pèse lourd dans la balance analytique. Cependant, avec 32,9 % de chances de l’emporter, la Finlande n’est pas qu’un simple figurant. Statistiquement, une probabilité d’un tiers indique un match qui pourrait facilement basculer sur un rebond favorable, une supériorité numérique bien négociée ou une performance XXL du gardien finlandais. Le Canada, qui a frôlé l’élimination au tour précédent, sait pertinemment qu’une victoire n’est jamais acquise d’avance.
L’écart se creuse pour la seconde demi-finale. L’armada américaine, véritable machine à tirer au but et protégée par un Connor Hellebuyck en forme, écrase les probabilités avec 79,0 % de chances d’accéder à la finale pour l’or. De son côté, la Slovaquie endosse le costume de l’outsider absolu avec seulement 21,0 % de chances de créer la surprise. C’est le combat de David contre Goliath. Pour faire mentir le modèle, les Slovaques de Juraj Slafkovský devront réaliser le match parfait et espérer que l’attaque américaine se heurte à un mur.
Rendez-vous ce soir pour voir si la réalité de la glace démentira les statistiques !
