Pour leur entrée en lice dans ce Mondial D1A, l’Équipe de France Féminine avait d’emblée un défi de taille : affronter la Hongrie, pays hôte et tout juste descendu de la division Élite. Au terme d’un véritable combat où elles sont revenues deux fois à la marque, les Tricolores finissent par s’incliner 3-2 en prolongation. Un point précieux de pris pour lancer le tournoi.
Une entame sous pression
Le tirage au sort n’avait pas ménagé les Françaises, jetées d’entrée dans le grand bain face aux favorites locales. Le début de match est logiquement dominé par des Hongroises entreprenantes, obligeant la gardienne tricolore Alice Philbert à s’employer d’entrée de jeu. Malgré une première tentative de Marie-Pierre Pélissou déviée hors cadre, c’est bien la Hongrie qui frappe la première. À la suite d’un rebond favorable, Dabasi ouvre la marque pour le pays hôte (0-1, 12’05).
Loin de se laisser abattre, les Bleues réagissent. Elles obtiennent leur premier powerplay, mettant la gardienne adverse, Nemeth, à l’épreuve par l’intermédiaire de Gabrielle De Serres et Lucie Quarto. La fin du premier tiers est à l’avantage des Françaises, portées par un tir capté d’Estelle Duvin et un beau débordement de Chloé Aurard-Bushee qui frôle le cadre.
La révolte tricolore
Le deuxième acte commence par une épreuve de force : une pénalité de deux minutes contre la France, parfaitement tuée par les unités spéciales. Cette solidité défensive donne des ailes à l’attaque. Sur une passe millimétrée de Gabrielle De Serres, Estelle Duvin part s’isoler face à Nemeth et ne tremble pas pour remettre les deux équipes à égalité (1-1, 25’02).
Les Bleues sont dans un temps fort. Chloé Aurard-Bushee manque de peu de donner l’avantage aux siennes en trouvant le poteau. Malheureusement, l’indiscipline rattrape la France. Si Alice Philbert retarde l’échéance sur l’infériorité numérique qui suit, elle finit par s’incliner face à Lippai, qui profite d’un bon travail d’écran (voilage) pour redonner l’avantage aux siennes (1-2, 31’52). Malgré les assauts de Clara Rozier et Julia Mesplède, et une fin de tiers compliquée passée à défendre, le score en reste là à la deuxième pause.
Aurard-Bushee arrache la prolongation
Le troisième tiers-temps se transforme en un véritable bras de fer. Les occasions s’enchaînent d’un bout à l’autre de la patinoire. Alice Philbert maintient l’espoir d’un bel arrêt de la botte, tandis qu’Élina Zilliox n’hésite pas à donner de son corps pour bloquer les tentatives adverses.
Les dix dernières minutes sont hachées par les pénalités. C’est finalement au sortir d’une supériorité numérique que la lumière vient : Chloé Aurard-Bushee réussit à transpercer la vigilance de Nemeth et offre une égalisation méritée au camp français (2-2, 54’45). Malgré de nouvelles situations de powerplay de part et d’autre en fin de match, la décision se fera en prolongation.
Un point au bout du courage
Poussées par leur public, les Hongroises entament le temps supplémentaire pied au plancher. Alice Philbert est de nouveau bombardée, mais la pression est trop forte. C’est finalement Kreisz qui trouve la lucarne et scelle le sort de la rencontre (2-3, 61’43).
Si la défaite est au bout, les coéquipières de Lore Baudrit peuvent être fières de leur prestation. Avoir eu le caractère de revenir deux fois au score face à l’ogre du groupe prouve que les Bleues ont du répondant. Elles repartent avec un point précieux dans les bagages avant de basculer, dès aujourd’hui, vers leur deuxième défi du tournoi : la Norvège.
Une équipe de France rajeunie qui garde ses valeurs de combativité. Affronter la Hongrie en entame d’un mondial, chez elle n’est jamais simple. Un belle prestation qui aurait pu tourner du côté des bleues. L’équipe reste mobilisée pour affronter la Norvège. Ce championnat est particulièrement relevé.
Zone mixte :
Grégory Tarlé, sélectionneur de l’équipe de France :
« C’est toujours frustrant de perdre, mais après on a montré du caractère, on a été mené deux fois au score, on est revenu, je pense qu’on a aussi nos powerplay à la fin du match où on peut faire la différence, même gagner dans le temps réglementaire. En tout cas c’est une bonne bataille, c’est un point en championnat du monde, on sait ce que c’est avec l’expérience qu’on a et demain ça sera une toute autre bataille contre la Norvège, mais je pense qu’il y a des très bonnes choses ce soir et que malgré cette frustration on peut aussi être fier du jeu qu’on a proposé.
Non, je ne pense pas que ce soit de la fatigue, un manque de réalisme peut-être, il va falloir qu’on analyse ça, mais je pense qu’on a été bon sur nos sorties de zone, en zone off on a créé du jeu et puis on a amené du trafic à la cage. Bien sûr qu’on ne marque pas le but de plus, on cherche toujours la solution, mais malgré tout il y a des bonnes choses et je pense que l’aspect physique c’est une de nos forces, je ne pense pas que ce soit l’aspect physique qui ait péché ce soir.
Face à une Hongrie qui est proche de son équipe type, on a notre équipe de ce championnat du monde à ce moment-là et je suis très fier de la bataille qu’elles ont livrée et après c’est l’histoire de l’équipe de France donc il y a du renouvellement et c’est de l’expérience à prendre pour les jeunes joueuses qui sont présentes. »
Chloé Aurard-Bushee, attaquante de l’équipe de France :
« Je retiens notre caractère d’équipe, la Hongrie c’est toujours des matchs compliqués, c’est toujours un gros match, c’est une grosse équipe, aller chercher en prolongation c’est déjà une perf. On a récupéré un point, on sait que les points sont très importantes dans un mondial, donc on est allé chercher un point, on s’est pris un but, on est allé en chercher un, on s’est repris un but, on est allé en rechercher un. Donc juste le caractère d’équipe et juste travailler ensemble sur l’ensemble du match.
Oui, un but ça fait toujours du bien personnellement, pour la confiance, et même dans le jeu, c’est toujours un truc personnel, mais c’était du bon travail de mes coéquipières aussi derrière, j’ai juste fini là-dessus. Là on va analyser le match très rapidement, parce que demain on joue à 16h, donc ça va être très rapide, mais on connaît la Norvège, on va faire notre match, comme j’ai dit le caractère, on va être là, et on va juste jouer notre système. »
Elina Zilliox, arrière de l’équipe de France :
« Je pense qu’on a fait preuve d’un bon caractère. On a été dominés au score, mais on n’a pas lâché, on est revenus. On a montré qu’en fait, on est là, on peut jouer contre les hongroises. On n’a lâché rien, on a toujours tout donné pour aller chercher des points qui sont importants. Je me sens bien, je pense que le groupe est vraiment bien.
L’essentiel, c’est ce qu’on montre sur la glace. Dès qu’on a un pied sur la glace avec ce maillot, il faut tout donner. Je pense que c’est juste de continuer de travailler fort chaque année. Avec l’expérience, on peut avoir confiance en soi et ça permet de se libérer plus dans le jeu. Je pense qu’on va essayer de bien dormir ce soir, se reposer et aller à fond contre la Norvège. On les connait, on sait que c’est possible. On va tout donner contre elles et chercher les points contre cette équipe. »
