À 42 ans, Philippe Horsky débarque en Ligue Magnus avec la ferme intention d’apporter sa vision du hockey. L’Autrichien, passé par l’élite de son pays comme joueur et formé à l’école du hockey suédois en tant qu’entraîneur, a été nommé nouveau coach des Jokers de Cergy-Pontoise pour les deux prochaines saisons. Une arrivée qui s’inscrit dans une dynamique de rebond en gardant les ambitions pour le club francilien.
Un parcours international entre passion, rigueur et formation
Originaire de Vienne, Philippe Horsky n’est pas un inconnu dans le monde du hockey européen. Sa carrière de joueur professionnel s’est déroulée en grande partie en Autriche, marquée par une participation à plusieurs championnats du monde avec l’équipe nationale. Mais c’est très jeune, à 27 ans, qu’il décide de troquer les patins du joueur pour le tableau blanc de l’entraîneur. Pendant cinq ans, il forge ses premières armes à Vienne, avant de prendre la direction de la Suède, patrie du hockey structuré et formateur.
« La HockeyEttan est une ligue très structurée, où la vitesse et le patinage sont omniprésents. C’est très exigeant pour un coach, mais aussi très formateur, » confie-t-il. Une expérience scandinave qui a façonné sa philosophie de jeu : rapide, intense et intelligemment organisée, même sans la rondelle.
Cergy, une évidence
Pourquoi poser ses valises à Cergy-Pontoise ? La réponse est à la fois professionnelle et personnelle. « J’ai été immédiatement séduit par le sérieux du projet. Dès ma première discussion avec les Jokers, j’ai senti une vraie vision, une volonté de structurer un projet sur le long terme. Ça correspond parfaitement à ma manière de travailler. »
Horsky évoque aussi une étape de vie : après dix années passées en Suède, il avait le désir de découvrir un nouveau contexte, pour lui comme pour sa famille. « J’ai un fils de 2 ans, et c’était le bon moment pour changer d’environnement. Je connaissais un peu la France, j’ai grandi en parlant le français, c’est un retour à une culture que j’apprécie beaucoup. »
Un coach rigoureux, exigeant… et humain
Dans son approche, Philippe Horsky se définit comme exigeant, préparé et à l’écoute. Son objectif ? Faire progresser chaque joueur, individuellement et collectivement. « Je travaille beaucoup. Je n’aime pas les excuses. Je veux un hockey structuré, rapide, avec de l’intensité à chaque présence. Même sans palet, mes joueurs doivent savoir ce qu’ils font sur la glace. »
Horsky est reconnu comme un tacticien minutieux, qui s’appuie sur la vidéo et une lecture pointue des statistiques. Mais il insiste aussi sur l’importance de la relation humaine. « Créer du lien avec chaque joueur, mais aussi avec tout le staff, c’est essentiel. On ne gagne pas en étant 20 individualités sur la glace. »
Il possède également sa propre vision des statistiques, bien au-delà des chiffres bruts fournis par les ligues. « Je regarde les petits détails, ceux qui ne sautent pas aux yeux mais qui font la différence. Un repli défensif intelligent, une couverture efficace, un écran devant le gardien… Ce sont ces données qui m’aident à comprendre la vraie valeur d’un joueur. »
Philippe Horsky est un coach passionné qui a soif d’apprendre, de comprendre et de voir ce qui se fait de mieux. Il sera au symposium des entraîneurs organisé par l’IIHF à Stockholm lors des championnats du monde élite.
Polyglotte et globe-trotter
Polyglotte — il parle cinq langues : allemand, français, anglais, italien et suédois —, Philippe Horsky a tout pour s’intégrer dans l’environnement multiculturel du hockey français. S’il connaît déjà Paris et Nice, il découvre Cergy pour la première fois, avec enthousiasme. Passionné de vélo et de randonnée, il avoue être séduit par les paysages des Alpes…
Une vision claire pour les Jokers
À Cergy, Horsky hérite d’un groupe jeune et dynamique, qui a déjà montré sa capacité à bousculer les cadors de la Ligue Magnus. Il n’arrive pas pour tout révolutionner, mais pour apporter une nouvelle exigence, un cadre précis, et une ambition affirmée. « Ce que je veux, c’est un hockey rapide, structuré, et intelligent. Je veux que mes joueurs prennent du plaisir à jouer ensemble, mais aussi qu’ils comprennent chaque décision tactique. Ce n’est pas incompatible avec l’intensité. » Avec cette arrivée, les Jokers envoient un message clair : ils veulent passer un cap. Et avec Horsky à la baguette, c’est tout un club qui espère voir son jeu gagner en maturité… sans perdre sa fougue.