Entre larmes, logistique, et rêve américain : plongée au cœur de la mission commando du hockey français. L’atmosphère du Village Olympique a quelque chose d’irréel. C’est ici, au milieu de l’élite mondiale des sports d’hiver, que l’Équipe de France de hockey s’apprête à vivre ce qui ressemble à la fois à un miracle et à un aboutissement. Repêchés, outsiders, mais affamés, les Bleus ne sont pas venus à Milan pour faire du tourisme. Du « papy » Bellemare à la comète Texier, en passant par les règles du CIO et les plans du staff, récit d’une aventure hors normes.

Le choc des générations : La sagesse et la fougue

C’est l’image forte de ce début de quinzaine. D’un côté, Pierre-Édouard Bellemare, 40 ans, le visage marqué par une décennie de combats en NHL. De l’autre, Alexandre Texier, le « gamin » qui enflamme Montréal. Pour le capitaine Bellemare, ces JO sont une anomalie magnifique. « J’aurais préféré les avoir plus tôt », plaisante-t-il en montrant ses cheveux grisonnants. Mais le message est ailleurs. Pour celui qui a découvert sa vocation devant les JO d’Albertville en 92, être ici est un héritage. « C’est un message pour mon fils : le travail finit par payer ». Bellemare ne joue pas seulement pour lui, mais pour l’avenir : préparer les esprits aux Mondiaux 2028 et aux JO 2030 dans les Alpes. Il veut « vendre du rêve » à la France.

À l’opposé du spectre, « Tex » vit son rêve de gosse avec la décontraction de son talent. Évoluant chez les Canadiens de Montréal, il compare la pression québécoise à celle de l’OM : « Les gens vivent hockey, ça les affecte quand il y a une défaite ». Si Bellemare est le stratège, Texier est l’étincelle. Mais le capitaine veille : « Ce qui me choque chez Alex, c’est de réussir à le faire soir après soir. C’est tellement dur de marquer dans cette ligue ».

L’émotion à fleur de peau : « Pour ceux qui ne sont plus là »

Loin des caméras, l’émotion est palpable. Sacha Treille, pilier de l’équipe, a le regard qui brille quand on évoque le chemin parcouru. Il y a la joie, certes, mais aussi le deuil. Une pensée émue pour le médecin de l’équipe, décédé l’an dernier, et pour les copains restés à quai. Mais la magie olympique est un baume puissant. La cérémonie d’ouverture a agi comme un électrochoc. « C’était incroyable, toute cette énergie », raconte Sacha. Sur la glace, il retrouvera son frère, Yorick Treille, devenu sélectionneur. Une situation gérée avec une froideur professionnelle : « Il reste mon coach, je reste son joueur ». Tout juste s’autoriseront-ils une photo sous les anneaux olympiques pour la postérité, et quelques échanges sur la famille lors des temps calmes.

Pour Stéphane da Costa, le simple fait d’être là relève de l’exploit logistique. Son périple ? Un roman d’aventure : match à Omsk (Sibérie) le 5 février, puis un vol vers Ekaterinbourg, un transit par Bakou, avant d’atterrir enfin à Milan. « J’ai tout pris, j’ai savouré chaque seconde », dit-il, balayant la fatigue. Leader technique, il insiste sur la « canalisation de la pression ». Le plan de jeu ? Préparé depuis 18 mois via des visios. « Tout est calé. Il n’y a plus qu’à ».

Coulisses : Ce que les caméras ne vous montrent pas


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